“Ne repousse pas du pied la barque qui t’a fait traverser le fleuve.”

Le MoisiBlog fête ses sept années d’existence sur la Toile. Son rédacteur s’accorde quelques vacances, sans savoir encore si elles sont provisoires ou définitives. J’écris “sept années” mais en réalité c’est un peu plus ; je ne compte pas mes premiers brouillons, écrits alors sur la plateforme Ublog, ainsi que ma vie de forumeur chez Cerclo, déjà sous le même pseudonyme.

Tiens, faisons un petit bilan. Façon “vieux briscard de la réacosphère”, le mec qui en a vu d’autres, le gars qui a traversé des océans. Genre le cap-hornier de la Toile. Le visage buriné par des tempêtes de pixels, les doigts calleux d’avoir enfoncé des touches de claviers par milliards, le cheveu blanchi par les nuits d’insomnie, les sourcils broussailleux, les rides sous lesquelles luit le regard du mec qui sait de quoi il parle, tu vois. Le gars il a bataillé ferme pendant sept ans sur un rafiot pourri, à lutter contre les voies d’eau, contre les vents, contre les marées, contre les frères de la côte.

+++

2003 ou 2004 : premiers ronds dans l’eau chez Cerclo. Le pavillon « Fromageplus » est hissé pour la première fois. Premiers bords, premières joutes. Amusant. Un forum peuplé d’habitués, où l’on causait d’à peu près tout, avec beaucoup de fair-play – c’est en tout cas le souvenir que j’en ai. Je garde notamment en mémoire les interventions d’un type qui signait Merlin, et dont l’intelligence et le style planaient largement au-dessus des autres. Il écrit toujours, d’ailleurs. Sous d’autres noms, en d’autres lieux, et je continue à le lire régulièrement. Il fait partie des plumes qui ont compté, et qui comptent encore.

Première embarcation chez Ublog en 2004. Premier blog ; première bannière bricolée à partir d’une affiche de propagande communiste récupérée grâce un Google alors archaïque ; première devise arborant le nom du MoisiBlog. Je crois que toute trace de ce blog-là a sombré corps et bien. Joies du linkage, des premières rencontres IRL avec d’autres bloggeurs. C’est l’époque où je suis à fond dans le Théâtre des Opérations de Dantec, où Dantec himself, d’ailleurs, signe pas mal de chroniques sur le web pour commenter le cours du monde. La réacosphère commence à s’agglomérer. Je découvre des sites étonnants, rigolos, craignos, bizarres, intelligents. François Desouche, à cette époque, n’est qu’un simple petit blog où le narrateur raconte ses chroniques parisiennes. À cette époque, il y avait encore pas mal de « pages perso », et YouTube n’existait pas. La blogosphère entamait son explosion. Je tombe sur le Ring, sur MercutioClub [ancêtre et fondateur de ILYS], sur les branquignols géniaux du Palindrome, sur plein de trucs complètement étranges, et qui n’ont rien à voir avec ce que pouvaient raconter la télé ou la radio. Il se passe un truc vraiment incroyable : les gens n’ont plus besoin d’entrer dans l’équipe de rédaction d’un journal ou d’envoyer leur manuscrit à un éditeur pour publier leur prose devant la terre entière.

Ublog s’avère tout pourri. Je déménage chez HautEtFort en décembre 2004, sur une solide barcasse made in France pour le meilleur et pour le pire. Le MoisiBlog prend une existence « officielle ». HautEtFort est alors peuplé de gens comme ChicType, Lapinos, l’Ornythorynque,… Je ne sais pas ce qu’est devenu ChicType, d’ailleurs, mais c’est un gars qui m’a énormément marqué. Un des meilleurs blogs que j’ai lu à ce jour, et dont il ne reste plus grand-chose en ligne, hélas. Il y avait aussi sur HautEtFort un gars qui signait Lazare et qui avait un chouette regard sur les choses. Et Artemus, un mec génial ! Paratext ! Zorglub ! Hussard82 ! Ah, c’était le bon temps, mon pote ! Wilori ! PKK ! Cinématique ! Dark Entries ! Eschatologic Destroy Inc. ! Noval ! Kouka ! Lapinos parlait alors des « chevaliers de la blogoxie ».

Interviennent des mecs qui sortent de nulle part, avec des pseudonymes de ouf. Robert Marchenoir, PizzaMan, XP, Cadichon,… Des génies et des boulets, des futés et des idiots, ça se bouscule au portillon de la liberté d’expression. Du panache, de l’ironie, du sarcasme ; tout est bon pour fracasser la crétinerie ambiante à coups de barres de fer dans les rotules. Il s’écrit des quantités astronomiques de bons mots, d’arguments, de contre-arguments dans les commentaires de ces blogs. Et ce n’est pas fini ! Ca continue encore ! La réacosphère est remplie de pépites, mes amis. Un jour, quelqu’un les exhumera, comme un patient archéologue, et il sera riche.

Sur la blogosphère, c’est la folie. Polydamas, Le Grand Charles, Skoteinos, Jean-Louis Debré 2007, Paul Debedeux, Carnets Baroques, ça fuse de partout. Du bon, du très bon, du très con aussi, du trash, du mystique, du parodique, c’est vraiment dingue, mais c’est réjouissant. La géographie du web s’enrichit d’une galaxie nouvelle à cartographier, ce que ne tardent pas à faire des journalistes ou des sociologues à plusieurs reprises, non sans commettre de honteux raccourcis et de douteux amalgames, que ces mêmes journalistes et sociologues passent leur temps à pourfendre. Entretemps, FDesouche est devenu une plateforme de relais d’information et jouit d’une force d’attraction assez phénoménale, mais il faut attendre encore quelques années avant que son nom n’émerge dans les autres médias. C’est bien simple : il suffit que FDS mentionne un lien vers Fromageplus pour que mes compteurs de statistiques explosent. Ça en dit long sur la frustration des Français en termes d’informations sur la réalité de leur pays. Les Français ont terriblement mal à la France, et ils sont priés de souffrir en silence. C’est terrifiant, comme constat. La blogosphère, c’est la revanche des taiseux contre le ronronnement délirant du monde politico-journalistique. C’est la sape des monopoles. Tiens, allons-y franchement dans la métaphore pompeuse : c’est le grain de sénevé, c’est le levain dans la pâte ! Carrément ! Bon, c’est aussi la Cour des Miracles de temps en temps.

Le MoisiBlog commence à se faire un petit lectorat, et se fait doucettement censurer par Google et HautEtFort. Comme de toute façon j’arrive à saturation de l’espace qui m’est offert gratuitement par H&F, j’en profite pour me casser chez WordPress. Alors là mes amis, c’est la glouâre des glouâres : on m’interviouve dans le Choc du Mois, on m’interviouve dans un canard lyonnais [être un bloggeur local, c'est la classe ultime], et que je passe dans l’émission de Ménard, et que je t’invite sur Radio Courtoisie ! Woouuh ! Même Causeur a bien voulu publier deux ou trois de mes chroniques ! Je me fais virer des petits concours de blogs. Le saut de blocs dans le système d’algorithmes, vous vous souvenez ? Énorme ! Ah ça, question égo, le bilan est positif. Mais question pognon, c’est zéro. Nada ! La vie de bloggeur, ça ne paye rien. Sauf si votre blog cause maquillage ou informatique, là on vous rémunère pour chroniquer un smartphone ou une lotion anti-âge. Mais, que voulez-vous, ce n’est pas mon rayon. Moi, mon truc, c’est les rafiots pourris au milieu de la mer. Je ne suis pas doué pour le pognon, moi. Je suis fait pour les embruns dans le vent du large, les traversées solitaires, ce genre de conneries romantiques avec drapeau noir qui flotte en haut du mât. Enfin, on se comprend, hein : en réalité, j’ai les fesses calées dans un bon fauteuil et il fait 19°C dans mon chez-moi de bobo de centre-ville. Tu parles d’un loup de mer. Jamais sans mon écran plat, en fait !

Le web accélère le temps, c’est dingue. Un blog qui survit plus de deux ans, c’est déjà un exploit. S’il passe la barre des trois ou quatre ans, c’est un dinosaure du Net. Certes, contre le blog, la concurrence est rude : si vous n’avez pas l’esprit à rédiger plus d’un paragraphe, une simple ligne sur Twitter, Facebook ou Tumblr suffit à faire de vous un chroniqueur mondain. En plus, ça vous épargne l’effort de l’orthographe, alors à quoi bon ouvrir un blog, lui trouver un nom catchy, le customiser un peu en tripotant le CSS, lui faire une bannière, lui coller des liens dans des colonnes, écrire dans le vide pendant des semaines et des semaines avant d’attirer vos trois premiers lecteurs à peu près fidèles ? Devenir bloggeur en 2012, c’est avoir la passion du vintage, et résister à l’immédiateté du plaisir.

+++

Le bilan négatif de la réacosphère – à mon sens – c’est l’inévitable sentiment d’impuissance qui ressort de tout ça. Les bloggeurs réacs sont brillants, cultivés, fins [même les stagiaires de Libémonde l’ont reconnu dans un article !], pratiquent toutes les formes de l’humour, mais leur talent n’a jamais quitté les limites du support numérique. Ce sont des gens qui ont un vrai regard critique sur les choses. Ils vous éclairent d’un jour inattendu un fait divers qui passait pour banal, et c’est infiniment précieux.

Pour représenter notre lectorat, nous devons nous contenter de quatre ou cinq personnalités médiatiques, tolérées pour certifier le vernis de la pluralité de la presse, rien de plus. Finkie, Rioufol, Elisabeth Lévy, ça se compte sur les doigts d’une main. Le mouvement conservateur [on va dire conservateur pour simplifier les choses] embrasse une très grande quantité de gens, et la vivacité des sites « de droite » en témoigne aisément. Pourtant, c’est comme si rien n’y « fructifiait » concrètement. Nous sommes les viktchimes du fameux plafond de verre ! Et ne comptez pas sur les élections pour avoir l’impression de vous exprimer ou de changer les choses. Les bloggeurs parlent aux bloggeurs, malgré l’immense mérite qu’ils ont, malgré l’aspect vieilles rengaines qui parfume parfois notre ligne éditoriale.

+++

Le bilan positif ? Ma foi, j’espère avoir propagé du mieux possible quelques étincelles dans l’obscurité ! Et si en plus vous avez rigolé, c’est déjà une énorme récompense ! Et puis on est plutôt bien entourés, non ? L’Amiral Woland, Lounès, Marie-Thérèse Bouchard, H16, le CGB, Didier Goux, French Carcan, Hoplite, le Pélicastre, Philippe Psy, …

+++

Et en attendant une hypothétique reprise des activités, je voulais surtout faire part des grandes joies qui ont accompagné ma vie de bloggeur : j’ai rencontré [je veux dire vraiment rencontré ! En vrai !] des gens incroyablement géniaux, avec lesquels la distance s’est parfois creusée pour des milliers de raisons, mais pour qui je réserverai toujours mon amitié, malgré les kilomètres ou la maladresse, même si nous ne nous sommes croisés qu’une ou deux fois. Merci à toutes ces personnes formidables qui m’ont un jour ouvert leur porte ou qui ont accepté de franchir la mienne par l’entremise de la blogosphère, pour quelques minutes, pour quelques heures, pour quelques jours, voire pour toute la vie. Un simple commentaire déposé sur un blog peut changer à jamais le cours de votre existence, et je sais de quoi je parle !

+++

Je ne compte pas saborder ce blog. Alimenté ou non, il restera en ligne, ouvert à la lecture et aux commentaires.

N’oubliez pas que ce auquel nous tenons le plus tient en deux mots : la Liberté, et la Rigolade. C’est dire si nous sommes cernés, et si la tâche est grande !

Voilà pour mes élucubrations de vieux con sentencieux. Je vous souhaite une bonne année 2012.

Le MoisiBlog suspend ses activités pour une durée indéterminée. Merci de votre compréhension.

-La Direction

Ces messieurs feront-ils encore la fine bouche>>> ?

Marie-Domitille Fermant-Laquetique de Boiste de Pétry n’hésite pas à clamer que la société moderne est vraiment toute pourrie.

Un de mes commentateurs a eu une bonne idée : créer un Parking où la baston est autorisée, afin qu’elle n’aie pas lieu au milieu des conversations, et qu’elle épargne les débats des pugilats. C’est chose faite. Voilà, donc si vous voulez vous défouler hors du fil de discussion pour sauver la bonne ambiance de nos salons capitonnés, si vous souhaitez régler vos problèmes entre hommes, prolonger vos causettes hors-sujet en fumant une clope, ou vous adonner à l’art du dérapage, c’est dehors que ça se passe,  sur le Parking.

Pour vous y rendre, cliquez tout en haut de cette page, juste au-dessus de la bannière, c’est indiqué.

Comme je n’ai pas grand chose à vous raconter en ce moment, je vous fais patienter avec des images.

+++

Relire l’article d’Anne-Marie Casteret paru dans l’Express en 2003 >>>

Relire également cet article chez Valeurs Actuelles >>>

Le Colonel Reyel, dont au sujet duquel je vous avais causé ici >>>, n’en finit pas de faire polémiquer les kikoulol. Il ose, le bougre de salopard, chanter que la vie c’est mieux que la mort. Du coup il fâche tout rouge les soldats du progrès. La mère Cherhal, interpelée quelque part dans l’absolu au niveau du vécu par l’insolent succès du Colonel, se fend d’une petite réponse musicale.

Votre serviteur était présent ce matin dans l’émission de Robert Ménard consacrée à la liberté d’expression sur internet. Intervenaient notamment Jacques Myard [député UMP], Jacques Séguéla [publicitaire], Emmanuel Pierrat [avocat], et Jérémie Zimmermann [La Quadrature du Net].

L’émission est disponible ici >>>
[Date du lundi 12 septembre 2011]

Retrouvée dans mes archives, cette citation de 1936, prononcée par un socialiste pour vanter les mérites des congés payés :

“Les vacances au grand air participeront à l’amélioration de la race française.”


Ci-dessus, la race française en pleine amélioration au grand air.

Ah non, je me suis trompé, ça c’est la race allemande en pleine amélioration. Pardon. Je corrige.

Ci-dessus, la race française en pleine amélioration au grand air.

+++

Dans la série “Le socialisme ne cessera jamais de poursuivre l’amélioration de la race”, l’amie M. m’envoie cette superbe photo. Le Ministère des Solidarités, de la Santé et de la Famille fait la promotion …de la stérilisation.

La stérilisation qui, comme chacun le sait, accomplit pleinement les trois prérogatives dudit ministère : se montrer solidaire des femmes aux grossesses problématiques, assurer l’intégrité des fonctions vitales, et empêcher les couples d’avoir des enfants. Nous voilà parfaitement tranquillisés sur le sort de la Solidarité, de la Santé, et de la Famille.

Freedom is slavery. War is peace. Ignorance is strength.

Nous attendons avec impatience que le Ministère de la Jeunesse et des Sports distribue des piluliers et des monte-escaliers. Ça ne devrait pas tarder.

+++

Dans la série “Le monde moderne est à la fois complètement crétin et complètement prévisible”, mon ami B. me signale ce truc à la fois complètement crétin et complètement prévisible :

“Le premier concert italien qui se veut à 100% respectueux de l’environnement, aura lieu le 15 septembre à Bari (région des Pouilles), dans le sud du pays, ont annoncé hier les organisateurs de la manifestation.

“Il s’agira du premier concert en Italie avec cette dimension de développement durable”, a expliqué jeudi lors d’une conférence de presse Guglielmo Minervini, en charge de la mobilité à la région.

Ce sont les spectateurs, qui, en pédalant, “produiront l’énergie nécessaire” tant en ce qui concerne le son que la lumière, a expliqué Andrea Satta, le chanteur-compositeur du groupe Têtes de bois, qui a eu l’idée de créer cette scène à pédales, entièrement alimentée par 128 vélos et cyclistes.

“Le groupe romain spécialisé dans le “rock-pop-folk”, qui se dit fanatique de ce moyen de transport écologique, présentera à Bari son concert intitulé “Goodbike”, qu’il fera découvrir par la suite lors d’une tournée dans toute la botte italienne. Dès le lendemain, ils seront à Rome pour un concert près de l’Université de La Sapienza, toujours dans la même optique écologique.

L’initiative du “concert à pédales” à Bari s’inscrit dans le cadre des actions prévues à l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité, à laquelle a adhéré la région des Pouilles.

“Le développement durable est la boussole qui nous a aidé à construire notre politique de la mobilité”, a assuré lors de la conférence de presse Nichi Vendola, président de la région et figure de l’opposition de gauche italienne.”

Allez, on récapitule : 100% respectueux de l’environnement ; développement durable ; transport écologique ; semaine européenne de la mobilité. Voilà un concert qui a l’air de considérer la question musicale comme parfaitement négligeable. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ce machin festivo-participatif va être extrêmement nul.

Source >>>

+++

Retrouvé dans mes archives, ce vieux photomontage que j’avais bricolé il y a plusieurs années. Toujours d’actualité, donc.

+++

Dans la série “le monde moderne chérit les causes dont il déplore les effets”, l’amie M. [encore elle] me communique cette invraisemblable campagne pour réduire les risques …en cas de pratiques à risques. Tout cela est d’une logique implacable.

Encore une victoire pour le pays de Descartes et des Lumières !

+++

Et dans la série “le monde moderne est une victoire éclatante contre la régression intellectuelle”, l’amie M. [toujours elle] me transmet cette magnifique affiche de propagande sensibilisation.

Penser à stocker du napalm. Quitte à faire de la fumée, autant que ça serve à soigner quelque chose.

+++

C’est tout pour aujourd’hui. C’est déjà pas mal, me direz-vous. Après un article comme ça, je me sens comme ce célèbre fonctionnaire qui termine sa journée avec le sourire aux lèvres, ravi d’avoir encore effacé des mots du dictionnaire.

Messe du quinze août. Une église magnifique, quelque part dans une bourgade de Touraine. Une église remplie de bonnefemmes, et gérée par des bonnefemmes. L’implication des laïcs dans le déroulement de la messe est si grande qu’on en vient à se demander si, dans cette foire, le prêtre n’est pas relégué à un rôle de simple figuration honorifique, parce que, bon, tout de même, on n’est pas protestant non plus, mais bon, la messe c’est quand même aux laïcs de la faire, merde. Mais si, comme aux premiers temps de l’Eglise.

Les chants sont inchantables, la solennité est introuvable. Petites annonces paroissiales, remplies à ras-bord de dialogue tolérant qui fait du lien social pour plus de justice et de paix dans le monde et moins d’inégalités dans la fraternité des hommes et des femmes qui sont tous différents mais tous pareils et qui aspirent à la solidarité citoyenne par-delà les frontières. On sait où l’Internationale Socialiste s’est abreuvée. Ou l’inverse, d’ailleurs.

La messe Paul VI m’oblige à déployer des trésors de charité. À chaque fois que je m’y rends, je vais chercher au fond de moi tout un tas de sentiments élevés pour m’empêcher de maugréer, de bougonner, de pester contre l’indigence spirituelle qui assèche l’Eglise et la font ressembler à un bête centre social. Alors je songe à ces braves dames qui ont investi la paroisse, au moins sont-elles là et font que l’église est habitée, visitée, entretenue ; et que je ne suis pas un modèle de fidélité aux sacrements, loin de là. Je songe à ces curés, courageux, qui parcourent des palanquées de kilomètres à travers leur diocèse pour s’efforcer d’être partout au même moment, et que mon petit confort de sale bobo de droite de merde est vraiment de la roupie de sansonnet à côté de leur héroïsme.

Un petit miracle se produit tout de même à la toute fin de la messe, puisqu’on nous exhorte – enfin ! – à comprendre le christianisme comme un message de subversion contre le monde [cf la lecture du Magnificat, les superbes renversés, les humbles élevés, etc.].

À la sortie de la messe, l’ami S. est inquiet. “Bon, mais toutes ces dames qui sont les dernières à fréquenter la messe, elles ne seront plus là dans vingt ou trente ans, elles sont déjà vieilles et ne vivront pas éternellement. Qu’est-ce qui va se passer ?”
Bonne question. Qu’est-ce qui va se passer. Eh bien il va se passer qu’elles vont mourir, en effet, et qu’elles ne seront remplacées par personne. De presque-vide, l’église va passer à vide.

Les églises vivantes, pleines tous les dimanches de familles, d’enfants, et surtout d’HOMMES, où l’on entend parler du fils Machin qui entre au séminaire et de la fille Dugenou qui entre au couvent, bref, où le renouveau spirituel est permanent et entretenu, sont massivement d’obédience traditionnelle. Il y a des exceptions, bien sûr. Et justement, dans la même semaine, deux témoignages me parviennent. Deux personnes, totalement inconnues l’une pour l’autre, racontent leur retour sur le chemin de la messe, …grâce à la liturgie tridentine.

+++

Une affaire de moeurs secoue la RATP. On apprend que le gros syndicaliste de gauche au centre du scandale est surnommé “le roi”. Je me marre.

+++

Ta gueule DSK. Au lieu de fanfaronner au bras de ta femme, tu ferais mieux de baisser les yeux, de la boucler, d’avoir honte, et de disparaître poliment de la télévision et de la radio. Tu es déjà bien assez veinard que ta femme n’ait pas foutu le camp depuis longtemps après tout ce que tu lui fais dans le dos depuis des années.

+++

J’ai reçu quelques messages, auxquels je n’ai pas toujours donné suite. Merci, et désolé de ne pas avoir répondu encore. Je vais essayer de vous répondre, mais je ne vous promets rien ! Une remarque à ce sujet : je ne réponds pas aux messages qui me tutoient comme si on était des vieux potes ou des militants socialistes. À bon entendeur, salut.

+++

Les socialistes, justement, se sont fait vandaliser leur caravane et été. Huhuhu, cette bonne poilade. Avis aux délinquants : prenez-vous-en uniquement aux biens personnels des socialistes, c’est la seule façon de provoquer chez eux une réaction de sanction immédiate. Tant que ça se passe chez les beaufs, c’est du sentiment d’insécurité. Mais touchez à leur bagnole, et dans les dix minutes qui suivent vous avez tous les coupables. Je vais peut-être voter socialiste, tiens. Réfléchissons. Mmmm. Non.

+++

France Inter est toujours aussi insupportable. Je devrais préparer un petit papier à leur attention. Tenez, par exemple hier ils ont reçu une délégation FN, j’imagine qu’ils avaient une pince à linge sur le nez et des moufles pour leur serrer la main. Je n’ai entendu que la fin, mais je me souviens d’une remarque du genre : “Vous qui êtes des petits bourgeois, comment osez-vous vous poser en défenseurs des petites gens ?” Bah, je sais pas, demande à DSK, à Hollande, à Ruquier ou à Pascale Clark comment ils font pour se dire de gauche, vus les salaires qu’ils encaissent et les jolis appartements où ils doivent vivre. Putain ils sont vraiment trop cons dans cette radio, c’est pas possible.

+++

Il est parfois bon de s’intéresser aux merveilleux peuples premiers. Ainsi, les Munduruku nous apprennent des choses très intéressantes. Ils ne savent pas compter au-delà de cinq [ce qui, au passage, nous renseigne sur l'égalité supposée des cultures], alors ça a attiré l’oeil des linguistes et des scientifiques. Leurs conclusions sont savoureuses :
‘[...] le fondement des mathématiques doit être recherché dans une série d’intuitions fondamentales de l’espace, du temps et du nombre, importantes pour la survie de l’homme dans des milieux non urbanisés. Ces résultats s’opposent par ailleurs au constructivisme en ce qu’ils montrent qu’il existe des systèmes cognitifs structurés indépendants de toute forme d’éducation.”
Déjà, j’aime quand le constructivisme s’en prend une dans la gueule. La suite est encore mieux :
“Comme dans le cas de l’écriture, où l’on commence à découvrir que les lettres sont faites d’éléments de base que les neurones ‘aiment voir’ , ces travaux étayent l‘hypothèse selon laquelle les inventions culturelles se construisent à partir d’une base biologique.”
Haha ! C’est-y pas énorme ça ? J’adore. Le XXème siècle s’effrite, lentement, doucement. Le XXIème commence. On va se marrer.
Source >>> 

+++

Les cours de morale à l’école vont revenir ! Aaaah, on va entendre du “Il faut être obéissant envers ses parents et faire ses devoirs” ? Perdu ! On va entendre du dialogue citoyen où la parole circule entre les apprenants et les enseignants, dans le but de faire émerger la tolérance parmi la différence, afin d’être acteurs d’une société plus juste où les minorités ne sont pas discriminées dans un souci de démocratie participative. Bref, rien de nouveau, sinon une preuve supplémentaire que la vie politico-médiatique française n’est qu’un catéchisme, et que nous vivons bien dans une secte géante.

AVERTISSEMENT : si vous voulez garder intacte votre découverte de Melancholia, ne lisez surtout pas cet article.

+++

Je sors rarement d’une salle de cinoche énervé à ce point. Certes je n’ai jamais été un grand fan de Lars Von Trier, mais là c’est vraiment too much, quoi. Confiant dans les éloges lus çà et là, et entendus chez Jérôme Garcin, je me suis laissé porter vers le Majestic pour aller voir ce fameux Melancholia. Je ne m’attendais pas forcément à tomber amoureux du film, mais je croyais au moins en la promesse d’un certain esthétisme.

“Allez, on se casse” ai-je dit à Madame Plus pendant le déroulement du générique final. Et comment. On se casse, putain.

La “grandiose” ouverture du film est une succession d’images quasi-statiques en ultra-HD-de-ouf qui nous évoquent des souvenirs symbolistes de Magritte et de Millais, des plans super-léchés à la Mondino ou à la Terry Richardson façon magazine de mode, et surtout des images qui résonnent comme des dingues avec le Tree Of Life de Malick, qui faisait partie de la même projection cannoise de cette année. Ce reflet de Von Trier dans Malick est proprement stupéfiant de proximité tout au long du film, et je reste étonné que personne n’en ai fait mention dans la presse – en tout cas je ne l’ai lu nulle part.

Bon, l’ouverture. Okay, c’est livresque, ça vous étale du Gombrich en quatre-cent-mille dpi avec projo numérique, ça se laisse regarder poliment, mais on se demande si cette affectation, quelque peu démonstrative, ne va pas verser dans le kitsch et le prétentieux. En fait, on fait bien de se le demander assez rapidement, sinon on se surprend à le penser alors qu’il est déjà trop tard pour quitter la salle. En tout cas on pense très fort à Malick, et on se dit que Von Trier se fait bête à vouloir faire l’ange.

L’histoire commence. Chapitre un. La scène du mariage. Devinez quoi qu’il peut-il donc se passer quand un Von Trier filme un mariage ? Bingo. Quand on est un mec ‘achement subversif, qu’on n’en peut plus de détourner les codes et de court-circuiter les normes, et bien on fait dans l’original : on imagine un truc complètement nouveau en filmant une fête ruinée par une ambiance de merde avec règlement de compte familial, et mariée qui se fait sauter derrière un buisson par quelqu’un d’autre que son mari pendant la soirée. C’est inédit, c’est totalement imprévisible, c’est totally jamais-vu, c’est ultra-dérangeant. Je vais pas en dormir de la nuit, les mecs.

C’est tellement imprévisible que je me suis mis, du coup, à me faire des petits paris à moi-même. “Ah, il y a une scène avec des assiettes de soupe ; obligé, on va voir une assiette de soupe valdinguer.” Bingo. J’ai gagné un max de points, comme ça.

En fait, il se produit un “twist narratif” assez rapidement. Le chapitre du mariage accumule tellement d’invraisemblances dès ses premières minutes qu’on se voit obligé de recevoir ce film non comme l’œuvre d’un cinéaste, mais d’un vidéaste – et dans ma bouche c’est loin d’être un compliment. C’est à dire que la “suspension of disbelief” est tellement mise à l’épreuve qu’il faut définitivement renoncer à l’idée d’entrer dans une histoire. On entre, en réalité, dans une “installation”, dans un “dispositif scénique”, dans un “processus symbolique”, dans un théâtre contemporain transposé sur un plateau de tournage. Vous savez, les trucs avec des gens qui ne rigolent jamais-jamais, et qui froncent les sourcils tout le temps car chaque mot est grave :
-Réveille-toi !
-Je suis en train de marcher dans la nuit au milieu de grandes traînées de laine.
-Il y a du pain de viande pour le dîner.
-J’aime l’automne.
-Qui veut un café ?
-Moi aussi j’aime l’automne.
-Avec deux sucres.

Putain, c’est d’un pénible. C’est aussi pénible que c’est convenu, en fait. Bon, mais on n’est pas dans le cinéma. On est dans la vidéo, dans la photographie, dans la déambulation d’acteurs sur un plateau d’interaction rôle-caméra qui renvoie au spectateur le semios postmoderne du paradigme traumatique mort/vie, tu vois. Aucune cohérence dans la temporalité, dans l’espace, et dans les relations humaines entre les personnages. C’est une tragédie qui se veut grandiloquente et conceptuelle, mais en fait c’est juste chiant et très adolescent dans le discours “la société c’est trop nul, les gens en fait dans la vie ils sont hypocrites”.

Bon, on parlait de Malick. Oui, parce que chez Malick comme chez Von Trier, ce qui se passe ici-bas et ce qui se passe dans le cosmos sont liés de très près. Sauf que chez Malick on causait du sens de la Vie. En miroir parfait, chez Von Trier c’est l’insignifiance ultime, et l’incapacité fondamentale d’aimer la lumière. En fait, ce qui m’énerve chez Von Trier, ce n’est pas tellement son côté arty-à-la-con : c’est surtout son refus catégorique de sortir du rien et de voir autre chose que de la nuit noire partout où son regard se pose.

Le chapitre deux nous apprend que voir Kirsten Dunst à poil présente l’intérêt de réveiller le spectateur pendant une minute et demi. Et surtout que le prix d’interprétation aurait franchement pu être attribué à la mère Gainsbourg – que je ne porte pourtant pas particulièrement dans mon cœur, mais qui fait montre d’un joli talent dans le rôle qu’on lui a confié. On y apprend que la vie c’est nul et que la mort, bah,… euh, c’est un peu moins nul et que ça ouvre l’appétit. Cool.

Tout cela est énervant, poseur, cliché, stérile. Ah, encore un détail qui m’a passablement énervé pendant deux heures : je veux bien que les techniques de capture du son soient ultra-performantes, mais là faut arrêter. On entendait tout ! Le moindre de bruit de salive entre les dents quand ça parle ou que ça embrasse, on entendait le moindre bruit de glotte qui glapit, le moindre gargouillis d’estomac ! Pour un peu, on entendait même pousser les cheveux des acteurs et le bruit que fait le voisin quand il cligne des yeux.

+++

Chez Malick la Nature est le véhicule de la Création [relire "Correspondances" de Baudelaire]. Chez Von Trier, c’est un paganisme maléfique qui habite les astres, les bêtes, les forêts, les hommes. Étonnante sortie simultanée de ces deux films qui regardent inévitablement l’un dans l’autre avec une grande insistance, sauf qu’on ressent avec force et certitude combien l’un transpire la gloire et la vérité quand l’autre n’est qu’une errance à travers un désert d’ennui.

En attendant que le MoisiBlog reprenne vie, je vous laisse en compagnie d’un dessin de Robert Cash qui date de 2007, et qui n’a pas pris une ride.

Sur le même sujet, je vous recommande très chaudement l’écoute de ce petit chef d’œuvre >>>.

Et sinon, j’ai lu la lettre de la Mère Aubry. Je sombre dans le désespoir. Mon Dieu. Mon Dieu. Je vais essayer de vous en parler prochainement, mais rien que d’y repenser j’en ai des vertiges d’angoisse.

Chère Zineb Dryef,

Suite à la parution de votre article sur Rue89>>>, je suis parcouru d’interrogations en tous genres. Et je compte sur votre charitable secours pour dissiper ma perplexité. En fait, je me demande sincèrement ce que fout le nom de mon blog au milieu de votre petite étude qui cause du cas Breivik, de l’extrême droite, des sites qui en appellent à la haine ou carrément aux armes, du complot juif, et de ceux, mystérieux, qui “regardent dans la même direction que les autres lorsqu’il s’agit d’identifier les vrais responsables d’Oslo.”

Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait faire entrer le MoisiBlog dans la catégorie “haine & flingues” ; je ne tiens pas un blog d’extrême droite ; je n’ai absolument rien à secouer du complot juif ; je ne fais pas partie des gens qui “regardent dans une direction” quand on cause d’Oslo [à prononcer en plissant les yeux d'un air entendu et initié, façon Plenel] ; et, surtout, je n’ai jamais abordé le “cas Breivik”, dont je ne pense pas grand chose en vérité. Pour vous dire les choses franchement, mon rayon c’est plutôt la rigolade. Le pastiche, la dérision, le canular, le second degré. L’humour, quoi.

Alors bon, que vous fassiez un petit encadré pour signaler l’existence de la réacosphère et des p’tits jeunes qui flirtent avec la pensée anar de droite, moi je veux bien ; mais là, rien à voir avec la choucroute, quoi. Citer Fromageplus parmi les allumés de Breivik, c’est complètement hors-sujet.

Merci, donc, de bien vouloir éclairer ma lanterne.

-Fromageplus

PS : merci tout de même pour le petit bouquet de compliments : “très soigné”, “subversif”, “plus fin qu’ailleurs”. C’est gentil.

Campagne de calomnie contre la blogosphère réac dans Le Monde, convocation d’un bloggeur de 71 ans devant les tribunaux parce qu’il a l’heur de froisser la susceptibilité de Mâdâme Aubry, intimidation judiciaire contre le sarcastique Grincheux Grave ; les lettres de cachet se multiplient et ça embastille sévère chez les républicains. Ces mêmes républicains qui vous rappellent régulièrement combien l’Ancien Régime [moue dégoûtée] détestait les pamphlétaires et les irrévérencieux, et les envoyait moisir au fond des oubliettes. Ah bah elle est belle la France.

Là, vu l’épaisseur des murs, le wifi il passe pas. Ouf. On est tranquilles.

1.
Adieu Lyon, adieu ma Presqu’île bien-aimée ; me voilà lillois. Ou plutôt, me revoilà lillois ! Pour un Collomb acheté, une Aubry gratuite. Youpi !

2.
Inutile de chercher Fromageplus sur Facebook : deux profils existent simultanément, et un inextricable bug fait que je suis techniquement incapable de les administrer. Je vous invite donc à supprimer le lien Faceook qui vous lie à l’un, l’autre, ou les deux profils, et à passer par ma véritable identité si vous voulez absolument faire partie de mes “amis” [on se comprend, hein]. En tout cas, n’attendez plus rien des profils Fromageplus qui existent sur Facebook.

3.
Je n’ai pas eu le temps de relayer l’excellent travail qu’a fourni Polydamas, chose faite aujourd’hui puisque vous n’avez plus qu’à cliquer ici >>>

4.
Je n’ai pas non plus eu le temps de vraiment aborder cette histoire de “Hussards bruns du web” écrite dans Le Monde par de pauvres stagiaires qui s’ennuyaient >>>. Mais, à la vérité, qu’en dire ? Le Monde, comme à son habitude, confond tout, mélange tout, capte quedalle. Pour eux, l’ennemi de la pensée moderne est un gros sac informe dans lequel gigotent plein de trucs bizarres, et sur lequel il est aisé de coller l’étiquette “fascisme” pour en finir une bonne fois pour toute. Tant pis si le pauvre Jean Yanne, qui n’a rien demandé à personne, s’y retrouve coincé bien malgré lui. Catholiques et nazis, réels ou fantasmés, s’y côtoient, alors qu’il est évident qu’ils n’ont rien en commun, à part leur détestation de la beaufocratie. Mais ça suppose de lire, patiemment, de digérer, de relire, de recouper les sources, et de penser en nuances. C’est trop de boulot pour un journaliste français. Tout cela est infiniment navrant. M’étonne pas qu’ils réclament des financements publics pour continuer à imprimer leur truc puisqu’ils perdent des lecteurs. M’étonne pas qu’ils aient la trouille du web, puisqu’on peut y trouver directement ce qu’ils s’estiment seuls en droit de rendre public. On leur coupe l’herbe sous le pied en pouvant accéder aux faits autrement que par leur prisme. Sur le coup, l’article m’a bien fait marrer, mais plus le temps passe, plus je suis inquiet pour la santé mentale et la vivacité intellectuelle de mon pays.

5.
Le Colonel Reyel a perdu une grande bataille linguistique en écrivant cette improbable déclaration d’amour : “Chaque jour qui passe tu habites mes nuits.”
Mais aussitôt après, le Colonel Reyel a reconquis plus loin un immense territoire sur son ennemi en faisant un tube musical condamnant …l’avortement. Et ça passe sur les radios djeunz, hein. Pas sur RCF ni sur Courtoisie. Chapeau. Musicalement, c’est vraiment de la grosse merde pour ados à la con, mais le discours est sincère, complètement à rebours du discours ambiant, et, mine de rien, émouvant par sa sincérité de coeur. Ça s’écoute ici >>>

 6.
Passez de bonnes vacances, je vais tâcher d’en faire autant !

Lu sur Yahoo Actualités :

Le Ministère du Tourisme ne s’attendait pas à déclencher une telle tempête diplomatique. Son dernier rapport provoque en effet la colère du MRAP et de SOS Racisme, qui dénoncent conjointement dans leur dernier communiqué une politique touristique jugée « nauséabonde, réactionnaire, et stigmatisante. » Et envenime quelque peu les amitiés qu’entretient traditionnellement l’hexagone avec ses voisins et ses visiteurs les plus fidèles…

Tout commence lorsque le ministère de Frédéric Lefebvre rend public son rapport annuel au mois de mai, un document de près de cent cinquante pages notamment destiné aux instances touristiques françaises, établissant une synthèse statistique des pratiques qui ont cours sur l’ensemble du territoire, et proposant quelques conseils à titre indicatif pour encourager les syndicats d’initiative à mieux répondre aux attentes des touristes étrangers.

« C’est un adhérent de SOS Racisme qui a porté ce rapport à notre connaissance la semaine dernière. Nous avons été stupéfaits par cette lecture et avons décidé de publier un communiqué pour nous indigner. Concrètement, c’est une véritable apologie de la vieille France moisie qui s’y étale en toutes lettres, c’est une véritable propagande digne du régime de Vichy ! La France de Frédéric Lefebvre, c’est le pâté en croûte et le vin rouge sur fond de château de la Loire, s’exclame Dominique Sopo. Un véritable manifeste identitaire tel qu’en déverse l’extrême droite identitaire par dizaines depuis des années ! Où est la république de la diversité ? Où est la culture du métissage qui forme le véritable visage de notre pays ? »

Du côté du Ministère, l’incompréhension se mêle à un profond malaise. « Nous comprenons la colère des associations, mais nous sommes dans une situation délicate où il reste encore difficile de communiquer à des Américains ou des Japonais l’image d’un pays où le gratin dauphinois se consomme en réalité quatre fois moins que le kébab, où le guide qui vous fait visiter Versailles a plus de chance de s’appeler Rachid ou Mohammed que Pierre ou Paul, et où les interdits alimentaires concernant le vin et la charcuterie font désormais partie intégrante de notre paysage culturel. Les touristes aiment la France pour son côté +saucisson-pinard+, c’est malheureux à dire mais c’est pourtant ce que nous constatons depuis des années. C’est dans ce sens que nous travaillons, dans l’intérêt du développement économique des régions. »

Une politique jugée populiste et rétrograde par le collège dirigeant du MRAP. Qui compte bien infléchir le « cliché franchouillard à la limite du racisme », pour lui préférer le « visage multiple des Français d’ici mais surtout d’ailleurs, qui contribuent à dessiner une France multicolore et moins renfermée sur un moyen-âge fantasmé. La France des touristes ressemble plus à une vitrine d’antiquités qu’à une réalité sociale riche et souriante. »

Une querelle qui rend les Ambassades incrédules et provoque le débat sur les forums internet. Sur son blog Un Américain à Paris, Richard opte pour un sarcasme quelque peu provocateur : « J’ai fait le choix de vivre en France parce que j’aime le champagne et le mode de vie français, si j’avais préféré manger des merguez et faire le ramadan, je serais parti au Maroc, pas à Paris ! » Du côté asiatique, où les Chinois pèsent désormais un poids conséquent dans l’économie touristique française aux côtés des Japonais, l’interrogation est de mise, l’aspect multiculturel de l’hexagone étant presque totalement inconnu, leur imaginaire étant plus volontiers peuplé des figures emblématiques de Marie-Antoinette, Jeanne d’Arc  ou Napoléon.

En conclusion de leur communiqué, SOS Racisme et le MRAP invitent le Ministère à proposer aux visiteurs du monde entier « un nouveau regard sur un pays désormais plus tolérant et plus divers que sa carte postale ne le laisse entendre ».

Contacté ce matin par téléphone, un office de tourisme breton fait part de son agacement et de sa préoccupation : « La saison souffre déjà d’une météo pourrie, nous n’avons vraiment pas besoin de ce genre de contre-pub alors que les vacances commencent à peine pour les aoûtiens. »

Source >>>

Le MoisiBlog reprendra une activité normale… euh… bientôt. Pour faire plaisir aux journalistes, nous adopterons un ton railleur et méprisant, une misogynie assumée, et un racisme chic et élitaire. Truc de fou, nous citerons même Jean Yanne. >>>

Mais en attendant, je vous offre une petite page de jeu, afin de tromper pendant quelques instants l’ennui qui vous gagne sans doute au bord de la piscine de la résidence.

+++

Un intrus s’est glissé parmi les portraits de Matthew Bellamy. Saurez-vous le démasquer ?

Lille-Paris, Paris-Chartres, Chartres-Paris.

Cette petite image prenait la poussière dans mes brouillons depuis plusieurs années. En marchant de Paris à Chartres, je me suis souvenu de son existence, et me suis dit que c’était une excellente façon d’illustrer le thème de cette année : l’évangile de la vie.

Pour comprendre la nouvelle bannière, cliquez ici >>> et puis là >>>

Je vous livre ci-dessous la version complète de mon article paru sur Causeur le 5 juin 2011, au sujet du film de Terence Malick, “The Tree Of Life” >>>.

+++

Une blague raconte qu’un jour un jeune homme rendit visite à un rabbin en se présentant comme un libre penseur.

-Avez-vous étudié la bible avec attention ? demande le rabbin
-Non, répond le libre penseur.
-Alors vous n’êtes pas un libre penseur, mais un ignorant.

Ayant décidé de snobber les classiques qui fondent sa propre culture, et notamment la Bible, la critique française est passée complètement à côté du sujet du Tree Of Life. Parce que le vrai personnage qui crève l’écran de bout en bout du film, c’est quand même Dieu, et je n’ai pour ainsi dire ni lu ni entendu quiconque évoquer sa présence.

Ah si, on a entendu parler de “panthéisme”, de “mysticisme”, ou de “grâce”. Mais de “Dieu”, nada. C’est pourtant lui qui ouvre le film, via un extrait du Livre de Job qui apparaît à l’écran. Et de toute évidence, pas un journaliste, pas un seul, n’est allé ouvrir une Bible au chapitre du Livre de Job en sortant de la projection pour comprendre autour de qui et de quoi s’articulait réellement l’œuvre de Malick. Mais je vous rappelle que la critique, pour parler des moines de Tibhirine, avait réussi le tour de force de parler de “dialogue des cultures”, de “tolérance” et de “message humaniste” pour ne surtout pas avoir à citer des gros mots du genre “catholique”, qui sont pourtant le cœur de l’intrigue. Bref.

J’ai entendu tout et n’importe quoi sur le Tree Of Life : beauté de la nature, Nicolas Hulot, film humaniste, Arthus-Bertrand, Cousteau, vivre-ensemble, big bang, darwinisme, métaphysique de bazar, chronique sociale, trip halluciné,… bref le grand étalage des conneries sans nom. Personne, absolument PERSONNE n’a cité le mot “Genèse”, laquelle fait pourtant explicitement l’objet de la grande ouverture du film. Personne n’aurait remarqué combien Malick est justement le réjouissant anti-Arthus-Bertrand dont nous avons furieusement besoin en 2011 ? Car ce que filme Malick, ce n’est pas la Nature, mais la Création. Ce que photographie Malick n’est pas ”la terre vue du ciel”, mais “le Ciel vu de la terre”. Ce à quoi rend hommage Malick n’est pas l’idole écolo-moderne Gaïa, mais le Tout-Puissant.

Si parmi la critique, personne n’est fichu de connaître ses bases – la Genèse, les évangiles, l’Apocalypse –, il est inutile d’en attendre davantage sur le ”Tree Of Life”. Toutes les grilles de lecture deviennent inopérantes, à commencer par le psychologisme ou le sociologisme, totalement étriqués pour saisir le formidable enjeu eschatologique qui charpente le film. Ou alors ça leur arrache vraiment la gueule de prononcer le mot ”chrétien”. Ce qui est également très probable. Parce que ne pas voir combien ce film est fondamentalement, viscéralement, essentiellement, et uniquement chrétien, relève quand même d’un inquiétant constat de mort cérébrale de nos sphères censées être cultivées.

Puisqu’il faut tout faire soi-même, œuvrons au rétablissement du Tree Of Life dans la vérité de son essence, en restant bref, et hors de toute considération plastique bien que nous pussions en deviser pendant des jours et des jours avec beaucoup d’admiration et aussi un peu de sévérité.

+++

Les Six Jours.
Ouverture kubrickienne. L’Esprit plane au-dessus des eaux. On a dit “big bang”. Mais nous avons vu le surgissement infiniment mystérieux de l’Être, l’émerveillement manifeste devant la création, donc devant le créateur. Exit le new age et le voyage astral, on ne verra ni ovnis ni métaphysique horlogère ; juste la fascination de l’infini paysage cosmique offerte à notre intelligence, c’est-à-dire la révélation que notre âme est une question pour elle-même. Nous sommes bien loin de l’animisme d’un Avatar.

Le Père et le Jardin.
Avez-vous vu Brad Pitt tracer dans l’herbe la limite de son empire familial ? Si vous n’y avez pas vu le règlement intérieur du Jardin d’Éden que Yahvé dicte à Adam, il est vraiment temps de vous remettre à lire. Le domaine du Père est évidemment le souverain Bien, empli de la vraie vie et de la vraie joie, et le mensonge n’y a pas sa place. Hors du Jardin, dans lequel on a solennellement planté l’arbre qui témoignera du pacte familial, on s’expose au risque inévitable de l’expérience du Mal. Mensonge, vol, cruauté, trahison, violence envers son propre frère malgré la confiance qui DOIT les lier. Caïn et Abel, évidemment. Mais l’expérience de la liberté est à ce prix, et la fin du film expose comment l’usage de la liberté est vain sans amour, autant que celui de l’amour sans la liberté.

Brad Pitt n’est pas le père de n’importe quelle famille texane de la middle class américaine des fifties, il est bien entendu le Père universel veillant jalousement sur le couronnement réel de sa création : ses enfants, appelés à l’éternelle conquête de leur propre devenir. Il importe assez peu que le contexte historique ou autobiographique situe l’intrigue en un point spatio-temporel donné. Il s’agit de donner au particulier le sens de l’universel. De donner à la cellule la dimension de l’univers. De donner à la famille la définition de l’humanité. De faire de cette histoire une allégorie de la grande Histoire. Et c’est tout juste si les personnages du film ont un nom, ce qui n’est évidemment pas anodin.

La Mère et le Soleil.
Au Père appartiennent la Loi et l’art de la discipline. Voie du labeur, voie du cynisme, voie de la nature, voie de la violence d’exister, voie des comptes à rendre et des combats à recommencer toujours. À la Mère, systématiquement auréolée de soleil à chacune de ses apparitions dans le champ, appartiennent le confort de la maison, la chaleur du foyer, le pardon, le pardon encore, le pardon toujours, l’acceptation sans question, la fidélité, bref, la solaire grâce qui rédime dans le silence de la charité. Grâce, toujours, dans ses pieds de danseuse, dans son teint délicat, dans son regard lumineux, dans ses incroyables cheveux roux, dans la bonté qu’elle distribue aveuglément, quand bien même ce sont des bandits à qui elle donne à boire.

Le Livre de Job.
Difficile de passer à côté, puisqu’il est mentionné en toutes lettres. Et, de fait, le Livre de Job résonne à de nombreuses reprises. Le sort qui semble s’acharner sans raison, la mort qui semble frapper au hasard, l’apparente injustice des choses d’ici-bas, qu’un Dieu aimant ne devrait pas permettre. C’est pourtant la grande leçon de Job que l’on reçoit dans le Tree Of Life. Pourquoi tel enfant périt-il dans la noyade ? “Was he bad ?” Pourquoi tels hommes sont-ils menottés par la police ? Pourquoi ces pauvres, ces infirmes ? Sont-ils punis par la justice divine ? Le Mal est-il puni par la mort ? “Pourquoi les méchants restent-ils en vie, vieillissent-ils et accroissent-ils leur puissance ?” (Job 21,7) Pourquoi les bons ne sont-ils pas épargnés par le malheur ? Pourquoi la mort du frère ?

Le Tree Of Life questionne en permanence notre éloignement du jardin, dans lequel nul malheur n’était concevable. Mais nous sommes entrés dans l’histoire par notre sortie du jardin. Et l’histoire, malgré son cortège de douleurs, de hasards et d’apparentes fatalités, ne doit pas nous dispenser de croire en la confiance et en l’amour de Dieu. On peut bien, comme Job, tendre un poing vengeur vers le ciel et lui réclamer des comptes, le défier quand il a le dos tourné en courant sur les bancs de l’église, cela ne doit en aucun cas alimenter la croyance en notre impunité et en notre faculté à admettre la finitude des choses. “Tell us a story from before we can even remember”, demandent les enfants. Fascination devant la compréhension que le temps est en marche ici-bas, inexorablement, qu’il s’écrit par nos seuls actes, et qu’il nous emporte d’un paradis à un autre par un voyage énigmatique où tout est à déchiffrer à travers la forêt du temps. L’histoire familiale est une mythologie qui enracine dans l’éternité.

La Création.
Deux allusions artistiques majeures affleurent au long du film. En premier lieu, la musique, objet d’une profonde révérence de la part du Père, et dont il compte transmettre le goût si noble et si exigeant. Et, de façon secondaire, l’architecture. On distingue çà et là des plans et des architectes, on déambule dans des buildings et des cités incroyablement graphiques. Comment ne pas y lire l’œuvre du Créateur par excellence, offerte à ses enfants comme un trésor à grandir ? Il suffit de retourner à Job :
“Où étais-tu quand je fondai la terre ? Parle, si ton savoir est éclairé. Qui en fixa les mesures, le saurais-tu, ou qui tendit sur elle le cordeau ? Sur quel appui s’enfoncent ses socles ? Qui posa sa pierre angulaire, parmi le concert joyeux des étoiles du matin et des acclamations unanimes des fils de Dieu ?” (Job 38, 4-7)
Et la musique choisie par Malick, justement, ne cesse de chanter des Lacrimosa, des Requiem, ou des Agnus Dei. Film panthéiste ? Métaphysique de bazar ? Trip new age ?

L’eschatologie.
Le temps trouve son abolition finale dans l’accession à l’au-delà. Passage de la finitude des choses à leur initiale et souveraine éternité dans le sein de Dieu. Corps glorieux transfigurés, abolition des âges, visions de la Porte Étroite des évangiles, de l’échelle de Jacob, du sel de la terre de saint Matthieu, des eaux baptismales, et du Christ lui-même. Fermeture du film en symétrie de son ouverture, par la Vision de la Présence et d’une arche d’alliance explicitement architecturale, renvoyant à l’initial extrait de Job.

+++

Seules deux chroniques ont su prendre acte de la nature chrétienne de ce film : celles de La Croix, et de Valeurs Actuelles. Tous les autres se sont égarés dans d’indéfendables interprétations, à la façon de ce libre-penseur face au rabbin. Le film de Malick est une œuvre extrêmement complexe, et je suis bien désolé de devoir en faire un exposé si réducteur et si simpliste, mais il m’était insupportable de laisser un tel étalage d’ignorance ou de mauvaise foi sans réponse. Et puis ce Tree Of Life règne souverainement au-dessus des incantations magiques modernes, et s’épanouit superbement à rebours de l’air du temps. Loin du paganisme écolo, loin du culte de l’homme, loin des animismes cool et du rousseauisme béat, il chante la Charité, la Foi et l’Espérance.

Je tiens à préciser que les concepteurs de cette petite science-fiction sont manifestement convaincus que l’enfer qu’ils veulent bâtir sera un authentique paradis. Bah oui, puisque c’est participatif. C’est même obligatoirement participatif.

Je vous épargne l’exégèse du bazar, largement pétri de contradictions, d’ignorance, de partis-pris complètement biaisés, de raccourcis idiots, et de nunucherie à haute toxicité. Dix minutes d’immersion dans la Gauche qui joue à se faire peur.

[Merci à l'ami Vince pour la trouvaille.]

L’an dernier, je publais un petit canular faisant croire que l’Union Européenne planchait sur l’instauration d’un Certificat de Parentalité >>>. Il est de plus en plus difficile d’imaginer le pire, vu la vitesse à laquelle le pire surgit réellement, et sans humour. Un député belge songe très sérieusement à mettre en place un permis pour avoir des enfants >>>. Ou alors c’est un de mes facétieux lecteurs, et il me pique mes blagues, l’enfoiré.

[Merci à H16 pour l'info >>>]

N’était-ce pas Lagauche qui passait son temps à mettre en garde Ladroite contre la tentation illusoire et populiste de l’homme providentiel ? Maintenant que la Providence s’est chargée de l’homme, on les sent quand même bien embêtés.

La presse anglo-saxonne ne se prive pas de dire ce qu’elle pense d’une certaine loi du silence dans les médias >>>. L’affaire DSK est soudain l’occasion de se rappeler que le bonhomme est précédé d’une solide réputation d’homme quelque peu pressant à l’égard des femmes, voire franchement violent. On avait connu un parti socialiste beaucoup plus sourcilleux en matière de cause féministe. Officiellement, la presse française a couvert ses dérapages au nom d’une certaine gaudriole que l’on tolère en France, mais bon, on se souvient que la même presse avait étouffé l’affaire Mazarine avec la même servilité – pour ne citer qu’un exemple particulièrement magnifique. On apprend pendant ce temps-là que Maxime Gremetz démissionne. Dans le genre personnage violent, c’est pas mal non plus. Tiens donc, comme c’est curieux, la médiatisation de ses multiples colères et agressions a toujours été plutôt discrète. Il fait bon être de gauche, en France ; on vous passe tout : votre passé pédophile, vos maîtresses, vos filles cachées, vos coups de poings, votre train de vie d’aristocrate fortuné. C’est beau le rêve de l’égalité. Jusqu’à ce qu’on tombe sur des salauds d’amerloques – vous savez, ce pays aux inégalités insupportables – qui comptent bien se montrer intraitables sur une certaine abolition des privilèges. Voilà une bonne leçon qui tombe à pic.

En vertu de son sens du partage, de sa tendresse particulière pour les exclus, de son sens du social, Jésus serait de gauche. C’est en tout cas ce qu’on lit sur le web de-ci de-là. Donner à Jésus une couleur politique de droite ou de gauche n’a pas vraiment de sens, mais juste pour le plaisir de l’exercice, nous pouvons très bien dire pour les raisons suivantes que Jésus est de droite :

1. Jésus siège à la doite du Père.

2. Jésus est fils de David, c’est à dire qu’il a du sang bleu en vertu de son ascendance royale directe. Charpentier, mais pas prolo.

3. Jésus est Roi. Il n’est pas président, il n’est pas élu par le peuple, sa souveraineté n’est pas démocratique, et il n’est pas près de démissionner.

4. Le Salut n’est pas un acquis social.

5. Jésus est venu garantir que le paradis égalitaire et fraternel n’est pas et ne sera jamais de ce monde. Et que le vrai paradis est un endroit sélect où beaucoup sont appelés mais peu sont élus.

6. Jésus ne fait de tables rondes, ne travaille pas dans le dialogue, ne réunit pas les partenaires sociaux. Il ne prononce ni programme ni proposition de loi réalisées dans la concertation. Il prononce des ordres et des commandements sans consultation populaire.

7. Jésus ordonne de brûler les arbres qui donnent de mauvais fruits, pas de continuer à les arroser.

8. Jésus n’est pas anticlérical. Jésus croit en Dieu. Jésus est à la messe tous les dimanches.

9. Jésus n’est aucunement ennemi de César. C’est juste qu’ils ne règnent pas sur les mêmes domaines.

10. Le baptême fait les chrétiens “prêtres, prophètes, et rois”. Et non pas “acteurs sociaux, militants, et élus de la république”.

11. Jésus est venu faire une Révélation à toutes les nations et à tous les peuples. Il n’a pas pour autant demandé aux nations de faire tomber leurs frontières et aux peuples de disparaître.

12. Jésus commande la charité, pas la solidarité.

13. Jésus demande de répandre le Bien autour de soi, surtout aux plus petits, et de ne pas s’aliéner aux richesses du monde. Pas d’augmenter les impôts, de voler les riches, de payer les gens à ne rien faire, de couper la tête des aristocrates, ou d’envoyer les bourgeois aux goulag.

14. Jésus est contre le mariage homosexuel, contre les mères porteuses, contre l’avortement, contre l’euthanasie, contre la chosification de l’homme.

15. Jésus condamne les interdits alimentaires. Meat is not murder, fishes are not friends !

16. Le christianisme n’oppose pas Foi et Raison, contrairement au socialisme.

17. Jésus demande des comptes aux individus ; pas aux collectifs, pas aux masses, pas aux associations.

18. Jésus parle par signes et par paraboles. S’il donne à manger aux affamés, ouvre les yeux des aveugles, et ressusite les morts, ce n’est pas que pour prendre soin de leur santé ; c’est avant tout pour leur donner le goût de la nourriture céleste, de la contemplation éclairée du Vrai Amour, et de la vie éternelle.

19. Le socialisme n’a jamais fait de miracles.

20. Si Marie avait avorté, le socialisme n’existerait pas.

Page suivante »

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 81 followers