Tout en insinuations militantes plus ou moins bien déguisées (je vous le donne en mille : la loi française est évidemment injuste et discriminante), écouter ce reportage de France Culture. La narratrice raconte son parcours de PMA en célibataire, et comment elle se tourne (à partir de la 20ème minute) vers les services d’insémination artificielle à l’étranger puisque son cas n’entre pas dans le cadre légal français.

Naïvement, découvrant la réalité de ces services, elle a cette phrase :
« Je pensais être hors-la-loi, je ne suis qu’une vulgaire consommatrice. »

Insinuation du reportage : Les méchants capitalistes profitent de la demande sociétale pour monter un gros business multinational.
Réalité : La fabrication d’êtres humains à la demande EST un marché en soi ; le libéralisme sociétal et le libéralisme économique sont une seule et même machine, permettant à l’humain d’être l’objet d’une commande et d’une transaction, qu’elle soit payante ou gratuite.

L’abolition des structures chrétiennes mène inéluctablement au retour sur le marché des personnes. Abolition du couple en ménage : création du marché du sexe (extension du domaine de la lutte, Meetic, Tinder,…). Abolition de l’écologie familiale : création du marché de la génétique et du marché de l’enfant (Cryos au Danemark, Eugin en Espagne,…).

Le christianisme s’est toujours efforcé de chasser du mariage la transaction commerciale. A contrario en effet, les sociétés païennes ont toujours pratiqué une forme d’achat, à tout le moins d’échange pour autoriser le mariage. Il est généralisé dans ces sociétés, en échange de l’obtention d’une femme, de donner à son père des biens, des bêtes, etc. Si l’on a aucun bien de valeur à céder, l’échange n’a pas lieu, le mariage se voit interdit de facto. Dans le monde païen, les enfants font régulièrement l’objet de transactions également. Par exemple, si la maison n’a pas d’enfant ou n’a que des filles, il est possible d’acheter un garçon pour en faire l’héritier de la ferme ou du magasin, afin que le nom et la lignée ne s’éteignent pas, afin que le travail et le patrimoine ne se perdent pas. Le christianisme condamne sans ambiguïté l’achat d’épouses, et condamne le marché aux enfants. Le monde post-chrétien revient à ce mode d’échange, mais sur le mode individualiste. Ce n’est plus la tribu qui est bénéficiaire et arbitre de l’échange : c’est la start-up, c’est le laboratoire de génie génétique, c’est la clinique des maternités sur demande. On a liquidé le consentement de la tribu, et tout se passe selon la formule consacrée « entre adultes consentants », mais enfin c’est un consentement à la marchandisation générale de sa disponibilité sexuelle et de sa disponibilité procréatrice.

Pour en revenir au reportage de France Culture et à son ton de militant qui ne dit pas son nom, il est plus que temps pour nos amis de Radio France, animateurs et auditeurs, de découvrir que les lois bioéthiques existant en France (pour combien de temps encore ?) et la conjugalité à l’ancienne ne sont pas seulement le meilleur rempart des gens de droite contre l’érosion d’un modèle familial traditionnel, elles sont tout autant le rempart des gens de gauche contre leur propre transformation en consommateurs volontaires de leurs semblables.

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