Tiens, encore un violeur multirécidiviste qui a assassiné une fille dans un bois au lieu de purger sa peine au fond d’une cellule. Tiens, encore un type "bien connu des services de police" qui sort libre du tribunal après avoir semé la violence. Tiens, encore un brave type qu’on envoie en prison pour légitime défense – la Justice a horreur qu’on empiète sur son monopole. Tiens, encore un agresseur relâché pour "vice de procédure" bien que le flagrant délit soit attesté par tout le monde. Tiens, encore un jeune dont le prénom est soudain passé de Jihad à Sébastien dans la presse. Tiens, encore une affaire étouffée par les médias, de peur que l’obstination du réel ne fasse toute seule un malencontreux amalgame d’extrême-droite. Tiens, encore une affaire où des squatteurs et des vandales ont gain de cause contre des gens honnêtes qui paient impôts, loyers et factures. Tiens encore un article qui raconte comment des policiers croisent dans la rue des gens qu’ils ont pourtant arrêté la veille pour diverses infractions. La dernière, c’est H16 qui la relève : c’est encore une histoire où des innocents dévalisés voient leurs bijoux restitués à leurs voleurs par la Justice elle-même ; et les voleurs courent toujours. Hallucinant.

Je vous préviens tout de suite, à ce rythme-là il faut se préparer au pire pour les prochaines décennies. Autodéfense, milices privées, murs de Berlin, quartiers fortifiés, démocratisation des voitures blindées, évaporation de l’État [il est déjà liquéfié] ; nous fonçons tout droit vers les HLPSDNH où la France ressemblera à un merdier cosmoplanétaire jamais vu depuis les Mérovingiens. Des Mérovingiens avec smartphone et réalité augmentée, certes, mais nous serons bien loin du monde de nos grands-parents. À leur époque, au moins, on ne se parlait pas à travers des hygiaphones en verre trempé, on ne faisait pas passer les gens par des portillons à bestiaux pour entrer dans le métro, on n’avait pas besoin de cadenas pour son vélo pendant qu’on faisait une course, on n’entendait personne dans la rue crier des "vas-y fils de pute va te faire enculer" à la cantonnade, et on fermait humblement sa gueule quand on n’était pas qualifié pour donner son avis.

Enfin bref, tout ça pour dire qu’une fois de plus l’hyperclasse continuera à vivre dans une joie mondialisée et sécurisée en donnant des leçons de morale citoyenne, tandis que les braves gens devront retrousser leurs manches en attendant qu’un Mad Max, qu’une Agence Tous Risques, ou qu’un Postman viennent leur prêter main-forte. Youpi.

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