En regardant je-ne-sais-quel journal télévisé hier soir [ne me demandez pas sur quelle chaîne c’était, ils se ressemblent tous], j’ai appris que Bertrand Cantat avait fait apparition devant son public, après avoir été – je cite – « privé de scène ».
Privé de scène ? Oh le pauvre chou, il a été privé de scène ? Mais c’est monstrueux ! Et privé de dessert aussi, non ? Ça tue sa compagne à coups de torgnoles, et c’est privé de scène ? Le monde est vraiment trop z’injuste.

Juste après, la même blondasse nous apprend pourquoi il a été privé de scène : parce qu’il est « responsable de la mort de Marie Trintignant ». Il n’est donc pas coupable, il est – je cite – responsable. Il l’a juste battu à mort, mais on ne va pas dire « assassin ». C’est trop méchant de dire ça. Il est responsable de la mort de quelqu’un. C’est pas tout à fait de sa faute. Il n’a été qu’un rouage du sort. Je pense que la famille et les amis de Marie Trintignant ont apprécié ce délicat vocabulaire. Je vous rappelle que Bertrand Cantat, le pauvre chou, la vie est trop dure, n’a purgé que la moitié de sa peine. Condamné à huit ans en 2003, il a bénéficié de la libération conditionnelle dès 2007.

C’est dur d’être un rebelle en 2010 : même le journal de 20h est fan de vous.

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