Thirst

D’habitude, quand on met des curés dans un film, ça donne, dans le « meilleur » des cas, des choses comme Les Anges Gardiens [Christian Clavier], Le Missionnaire [Jean-Marie Bigard], ou Joséphine Ange Gardien [Mimi Mathy]. Message : la religion décrite comme un humanisme tolérant, etc., et qui finit même par désavouer la question de la foi au profit de l’idéologie solidaire-citoyenne.
Et dans le pire des cas vous avez l’interminable clique des Sœur Sourire, Amen, et autres Rose et noir. Message : la religion comme instrument d’obscurantisme et d’oppression, voire de torture sanguinaire. On connaît le refrain.

Fort heureusement, un vent frais souffle en Corée. Récemment, The Chaser [Na Hong-Jin] offrait un point de vue insolite sur l’iconographie chrétienne ; et aujourd’hui Thirst [Park Chan-wook] nous propose une immersion fouillée et créative dans une autre vision du christianisme où l’on vous épargne à la fois le bon sentiment et la manipulation historique. Autant vous dire que ça fait un bien fou. Avec Thirst, on retourne à l’essentiel des grandes questions chrétiennes : le Bien, le Mal, le péché, la tentation, le sens du sang, le démon, la dévotion, le sacrifice, la foi, l’incarnation, la vie, la mort, l’amour, le pardon, le salut, l’éternité, la damnation, l’espérance, l’aliénation, etc. Bref, c’est du costaud, c’est du sérieux.

Thirst est un film de vampires qui réussit un fantastique coup de maître en proposant une vision complètement renouvellée du genre. Oubliez les cimetières brumeux, les inquiétantes rues londoniennes et les vols de chauves-souris par les nuits de pleine lune ; notre héros n’est pas un mystérieux inconnu à l’accent hongrois du nom de Dracula, mais un prêtre catholique aimé et dévoué en proie à d’étranges et passionnants tourments. Ceux qui ont vu Old Boy savent de quoi est capable Park Chan-wook en matière d’inventivité visuelle ou narrative !

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