En 2009 est sorti « Beats of freedom », un film documentaire qui raconte l’histoire des musiques rock et punk dans la Pologne soviétique. Un internaute a eu l’excellente idée de le mettre en ligne avec des sous-titres anglais (la voix off est en anglais aussi), aussi je le recommande à tous les amateurs d’histoire du rock et à tous les amateurs de communisme.

Mais surtout, je vous recommande le visionnage de deux minutes seulement du film, entre 1:02:30 et 1:04:30. Je vous explique brièvement le contexte pour comprendre de quoi il retourne :

Le pays est complètement verrouillé : magasins vides, misère, police politique omniprésente, répression très violente, médias aux ordres, opinion bâillonnée, vous connaissez le portrait du pays communiste typique. Bien. Nous sommes dans les années 80 en Pologne et ce n’est pas folichon du tout. Les disques de Canned Heat sont interdits au motif qu’ils « font la promotion de l’homosexualité », vous voyez le genre.

Dans ce climat, la contestation frontale ne mène nulle part, sinon au poste ou en prison quand ce n’est pas pire. La jeunesse trouve alors d’autres moyens pour dérouter la gigantesque paranoïa policière du régime : elle invente des manifestations humoristiques ou artistiques, inoffensives bien entendu, ayant pour seul but de prouver l’absurdité totale des motifs d’arrestation qui en résultent, et qui dévoilent bien entendu l’absurdité du système lui-même dans son entier.

Vous voyez où je veux en venir, bande de petits malins. Et vous avez raison.

Entre les motifs d’arrestation pour « port de sweat-shirt », l’incarcération ahurissante de Nicolas Bernard-Busse, et autres détachements de CRS armés jusqu’aux dents pour déloger les « veilleurs debout » de la place Vendôme et d’ailleurs, il se passe la même chose qu’en URSS.

Je vous laisse regarder ces deux minutes de documentaire. N’oubliez pas d’activer les sous-titres s’ils n’apparaissent pas automatiquement.

Bisous. Et vive le camarade Hollande, qui nous mène à la victoire.

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