GayLib, mouvement représentant les homosexuels au sein de l’UMP, a salué lundi 5 novembre le jugement de la cour d’appel de Paris reconnaissant comme parents un couple ayant eu recours à une mère porteuse. Gaylib voit dans cette décision le signe que la question n’est « plus un tabou ».
[…]
L’association homosexuelle de droite souhaite que « la révision des lois bioéthiques en 2009 soit l’occasion, pour les parlementaires, d’aborder sereinement et lucidement ces questions et de déboucher sur des dispositions concrètes » pour répondre aux « besoins des couples hétérosexuels comme homosexuels ». Gaylib rappelle en effet que l’interdiciton actuelle en France d’avoir recours à la « gestation pour autrui » (GPA, ou mère porteuse) « conduit de plus en plus de couples à se rendre à l’étranger (…), multipliant ainsi les cas d’enfants en situation de fragilité juridique » et les « discriminations sociales, compte tenu des coûts engendrés ».
Nouvel Obs, le 5 novembre 2007

« Pour les opposants à la gestation pour autrui, il y aurait dans cette pratique une instrumentalisation du corps de la femme, un asservissement portant atteinte à la dignité humaine. Nous serions passés de la « déesse mère » au « four à bébé ». Sa pratique conduirait à une exploitation financière de femmes faisant commerce, contraintes et forcées, de leur ventre. Enfin, immenses, seraient les risques psychologiques pour la gestatrice dont les motivations peuvent être ambivalentes, pour la fratrie, pour le couple d’accueil, pour l’enfant ainsi conçu dont le questionnement sur ses origines serait très difficile.
Il y a de la vérité et de la réalité dans chacun de ces arguments, mais aucun n’est pour autant irréfutable. Ils plaident, à mon sens, pour la prudence, pas pour l’abstention, car la GPA peut être un instrument supplémentaire au service de la lutte contre l’infertilité.
[…]
Reflet d’une société consumériste où toute relation est par nature marchande, miroir d’une société individualiste aussi, ils ignorent par dessus tout la part d’humanité et de liberté éminente qu’il y a incontestablement dans cet acte de générosité. »
Najat Vallaut-Belkacem, in Terra Nova, le 16 janvier 2010

Proposition de Loi (PS) tendant à autoriser et encadrer la gestation pour autrui, présentée par [entre autres – NDF+] Mme Michèle ANDRÉ, MM. Robert BADINTER, Jean-Noël GUÉRINI, Mme Claudine LEPAGE, Mme Dominique VOYNET.
Sénat, le 27 janvier 2010

 L’AMP peut désormais se faire par « don de gestation » : c’est la gestation pour autrui (GPA) – les « mères porteuses ». Elle a été interdite en France à partir de 1991, à la suite du scandale « Alma Mater », une association qui commercialisait le ventre des mères porteuses. Ne faut-il pas la légaliser aujourd’hui, à l’instar de nombreux pays étrangers ?
Les nouvelles demandes sociales, enfin. La volonté des couples homosexuels de fonder une famille en fait notamment partie. On le leur interdit aujourd’hui. Ils n’ont accès ni à l’adoption (sauf à mentir sur la réalité de leur couple), ni à la GPA. Ne faut-il pas revenir sur ces interdictions ?
Terra Nova, le 11 février 2010

Proposition de Loi (UMP/UDI) tendant à autoriser et encadrer la gestation pour autrui.
Sénat, le 27 janvier 2010

« Nous sommes favorables à une légalisation de la Gestation pour autrui dans un cadre strict, évitant toutes les dérives et dans l’intérêt de l’enfant. Nous nous battons pour cela. […] A l’APGL, nous demandons un vrai débat de fond sur la GPA, un débat qui dépasse la question de la manière de faire des bébés pour poser celle – essentielle à nos yeux – du projet parental qui légitime le recours à une mère porteuse. »
Philippe Rollandin, porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gay et lesbien, in Têtu, le 17 juin 2010

La légalisation de la GPA doit naturellement être encadrée par des règles strictes, notamment pour protéger les intérêts de la mère porteuse.
[…]
Pourtant, la GPA me semble dans l’intérêt des parents d’intention et dans celui de l’enfant. Et son encadrement doit permettre de ne pas violer les droits de la mère porteuse. La société y est prête: dans un récent sondage, 61% des Français s’y sont déclarés favorables. A quand la classe politique ?
Olivier Ferrand, in Slate, le 21 octobre 2010

A la veille d’un bureau national consacré à la révision des lois de bioéthique, plusieurs personnalités proches du PS viennent de signer une tribune demandant la légalisation encadrée de la gestation pour autrui. Parmi les signataires de cette tribune figurent les philosophes Elisabeth Badinter et Geneviève Fraisse, les féministes Antoinette Fouque et Caroline Fourest, les anthropologues Maurice Godelier et Anne Cadoret, les psychanalystes Serge Hefez et Elisabeth Roudinesco, la sociologue Irène Théry, ainsi que le secrétaire national à l’éducation du PS, Bruno Julliard. Ont également signé treize députés socialistes – dont Patrick Bloche, Serge Blisko, Aurélie Filippetti, André Vallini et Alain Vidalies – et neuf sénateurs, dont François Rebsamen et Michèle André. Pour les signataires, la pratique des mères porteuses doit s’inscrire dans un cadre légal.
Le Monde, le 13 décembre 2010

« Les magistrats ne souhaitent pas trancher un débat qui appartient aux politiques (ils ont bien raison). Sauf que le débat politique n’a pas tranché non plus. Il s’est déroulé dans des couloirs feutrés de conversations entre experts sur la bioéthique. Autant dire sous l’influence de lobbyistes religieux ou de spécialistes en morale. Le tout avec la bénédiction tacite de pieux progressistes, pour qui la question des mères porteuses se résume à la « marchandisation des ventres ». Et, pourtant, un autre monde est possible… Un monde où l’intérêt de l’enfant, et non la morale, est prioritaire. »
Caroline Fourest, in Le Monde, le 8 avril 2011

« Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption, souligne Pierre Bergé, président du Sidaction et fondateur de Têtu. Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant. »
Pierre Bergé, in Le Figaro, 16 décembre 2012

« Lundi sur RTL, la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, a laissé entendre que les socialistes renonceraient à déposer leur amendement en ce sens. La PMA accordée aux couples de femmes ne serait cependant pas strictement abandonnée mais juste reportée et intégrée dans un autre projet de loi selon d’autres responsables socialistes. »
LCI, le 7 janvier 2013

« Les intentions de Mme Bertinotti (ministre déléguée à la Famille, ndlr) sont que la PMA fasse partie du projet de loi famille de mars« , a affirmé Erwann Binet, député PS, rapporteur du projet mariage, qui a rencontré mardi la ministre.
LCI, le 9 janvier 2013

Mariage gay : l’amendement socialiste sur la PMA retiré. Les députés PS ne déposeront finalement pas d’amendement pour inclure la procréation médicalement assistée (PMA) dans le projet de loi sur le mariage homosexuel.
Atlantico, le 9 janvier 2013

En reportant la question sensible de la PMA, le gouvernement s’assure par ailleurs un vote rapide au Parlement, alors que l’opposition à la légalisation du mariage gay ne fait que s’accentuer.
Huffington Post, le 9 janvier 2013

Au groupe socialiste à l’Assemblée, on admet volontiers qu’autoriser la PMA pour les femmes et interdire la GPA aux hommes créera une inégalité entre couples de femmes et couples d’hommes.
Le Point, le 29 janvier 2013

Le rapporteur du texte sur le mariage pour tous au Sénat, le socialiste Jean-Pierre Michel, est «pour la gestation pour autrui pour tous les couples, mais pas tout de suite». Il souhaite dissocier cette question du mariage pour tous. Mais à terme, « ça viendra », estime le sénateur de Haute-Saône.
Public Sénat, le 31 janvier 2013

Attention, chute de LOL  :
La question de la gestation pour autrui (GPA) a marqué le début de l’examen du projet de loi sur le mariage entre couples de même sexe. C’est une circulaire de la chancellerie, demandant aux tribunaux de permettre aux enfants nés à l’étranger de mères porteuses de devenir français, qui a mis le feu aux poudres. L’UMP dénonce une circulaire « en catimini » et une GPA qui arrive par « la petite porte », alors qu’elle est interdite en France. Le gouvernement répond qu’il n’est pas question de la légaliser dans le pays.
Public Sénat, le 31 janvier 2013

Alain Milon, sénateur UMP, favorable au mariage pour tous, à la PMA et à la GPA : « Je suis tout à fait opposé à la marchandisation du corps. C’est pourquoi, je proposais que la GPA soit un don, que la démarche soit encadrée par un juge. Je souhaite aussi que les frais de grossesse, d’accouchement et les suites de couche soient pris en charge par la Sécurité sociale. »
Alain Milon, sénateur UMP, in Libération, le 7 février 2013
[NDF+ : Un don, mais avec des frais payés par les contribuables. Okay. Donc si votre nana est enceinte, vivez séparément et dites qu’il s’agit d’une GPA. Hop, une grossesse rémunérée par de l’argent gratuit ! Cool ! Si vous dites que le Polichinelle est de vous et pour vous, tout sera à vos frais. C’est nul. Ce serait vraiment bête de ne pas profiter de l’argent des autres. Merci qui ? Merci Autrui ! Préparez un beau contrat de GPA, signez ici, là, et là, et à vous l’oseille.]

Si 68% des hommes gays ou bis et 69% des femmes lesbiennes ou bis sont favorables à la GPA, la proportion est plus faible au sein de la population générale: 51% des Français-es sont pour l’autorisation de la GPA en France, un chiffre en baisse de 10 points par rapport à une étude Ipsos de 2008.
Yagg, le 21 mars 2013

« Quant à la GPA, est-il sérieux de se prononcer contre la gestation pour autrui et de laisser le ministère de la justice enjoindre aux tribunaux de fermer les yeux sur le recours à la GPA à l’étranger ? »
Aude Mirkovic, in Causeur, le 5 avril 2013

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