« Les actions – parfois violentes – des opposants au texte se sont multipliées samedi et dimanche. »
(Nouvel Obs >>>)

Résumons :

Le 5 avril, douze nazis et demi sont sortis de leur garage – ou de leur asile psychiatrique – et se sont livrés à des actes d’une violence rare : ils ont scandé des slogans. Pour empêcher Erwann Binet de prendre la parole devant des étudiants à Saint-Étienne. Complètement inacceptable. La barbarie à l’état brut. Les slogans étaient-ils armés de barres de fer ? Erwann Binet s’est-il pris un slogan sur l’arcade sourcilière ? On ne le saura pas.

En revanche, quand une poignée de militants de gauche paralysent une université entière pendant plusieurs jours en séquestrant leurs adversaires – voire l’équipe de la Direction –, saccageant les locaux comme des vandales, ruinant le travail de milliers d’étudiants à l’heure des examens, pratiquant des référendums staliniens dans des assemblées d’apprentis-satrapes, personne ne crie aux méthodes fascisantes et tout finit dans l’absolution générale arrosée d’argent gratuit.

De son côté, Esther Benbassa retrouve sa voiture accidentée dans la rue et déduit que ses engagements politiques sont la cause de l’odieux attentat. Photo à l’appui. Je ne sais pas si vous avez vu la photo, mais c’est de toute évidence l’œuvre d’un couillon qui ne sait pas conduire, tout simplement. Benbassa avoue d’ailleurs plus tard que rien ne permet de dire qu’il s’agit d’une attaque contre sa personne tellement c’est pas crédible. Non, sans blague. Quand on veut intimider, on crève les pneus, on raye les portières, on casse le pare-brise ou les phares. On ne simule pas un pauvre créneau raté de mec bourré.

Les milliers des braves Français qui goûtent à la tradition des voitures brûlées apprécieront ce traitement d’égal à égal avec les élus. Emboutir un pare-choc, c’est le signe d’une montée de l’extrémisme ultrabourrin. Brûler 200 bagnoles en une seule nuit, c’est « il faut arrêter de stigmatiser la banlieue et offrir des vacances gratuites aux pauvres petits chérubins désœuvrés ». Tout va bien au pays de l’Égalité et de la représentation du peuple par les élites.

Plus tard, des militants ont commis un crime abominable : ils ont COLLÉ DES AFFICHES sur la façade d’un bâtiment où se tient une réunion LGBT. Des méthodes que ne pratiquent JAMAIS JAMAIS JAMAIS le camp auquel ils s’opposent. Genre des débats en télévision ou en radio où Caroline Fourest, Clémentine Autain et Pascale Clark font semblant de mener un vrai débat contradictoire avec plein d’opinions qui divergent (hu hu hu), où l’espace médiatique de l’opinion est tapissé de part en part d’arguments univoques, où l’espace public de l’expression ressemble à un matraquage ou à une prise d’otage. Meilleur exemple du moment : le traitement de la Manif Pour Tous par les journalistes (dont plus de 95% déclarent voter à gauche), qui fut un gigantesque collage d’affiches pour masquer le réel.

Réaction d’Harlem Désir à ce collage d’affiches : « Les attaques contre les biens et personnes, dont des élus […] sont odieuses. Elles doivent cesser tout de suite ». Nous sommes tout à fait d’accord. C’est probablement pourquoi Harlem Désir va prochainement condamner les partisans du squat citoyen ou de la fiscalité confiscatoire, qui sont les vraies attaques quotidiennes contre les biens et les personnes que les gens subissent concrètement. Ah mais c’est que le contenu complet de la citation est « …dont des élus par les opposants au mariage sont odieuses ». Aaaaah. Si c’est pour d’autres raisons que l’opposition au mariage, surtout de gauche, ne vous sentez pas visés et continuez tranquillement vos activités.

Enfin, dernier en date, ce jeune homme qui a été tabassé dans la rue en pleine nuit après avoir été identifié comme homosexuel par ses agresseurs, et dont la photo circule sur tous les réseaux. C’est effectivement infiniment minable et absolument condamnable. Aussi condamnable que de tabasser un prêtre dans sa cathédrale (Act Up vs Monseigneur Jacquin) ? Pas sûr. Aussi condamnable que de tuer un mec parce qu’il photographie un lampadaire dans un quartier qui n’est pas son territoire (Jean-Claude Irvoas) ? Pas sûr non plus. Aussi condamnable que de battre à mort un mec parce qu’il porte des cheveux longs (Thierry Simon) ? Aussi condamnable que d’asperger d’acide le visage d’une fille qui ose essayer de vivre à l’occidentale dans une ville de France ou carrément la brûler vive dans un local poubelle pour les mêmes raisons (Sohane) ? On va réfléchir. Mmmmm. Ouais mais non en fait c’est pas pareil tu peux pas comparer tu fais des amalgames ça n’a rien à voir dérapage rhétorique douteuse années trente tu confonds tout point godwin etc.

Houlàlà, quel frisson mes amis, quel frisson.

Enfin, ne nous plaignons pas. Pour une fois qu’il se passe des trucs intéressants dans ce pays.

En fait, ce qui devient vraiment intéressant, c’est de voir la réaction des progressistes quand on emprunte leurs propres méthodes à leurs dépends. Là on rit vraiment.

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