J’ai traversé à pied un petit bout de presqu’île hier, entre Perrache et Bellecour. Il y avait du grabuge sur la Place Ampère, on entendait des clameurs, il y avait des policiers partout et des badauds atroupés dans les rues adjacentes. Un hélicoptère survolait le quartier. Ambiance nerveuse et tendue. Je ne me suis pas arrêté. Les gens étaient à leurs balcons, ou regroupés sur les trottoirs. J’ai vu des manifestants se mettre à courir soudainement, sans doute pour échapper à une dispersion de foule. J’ai vu un épicier baisser son rideau. J’ai vu les riverains furieux interpeller les troupes de flics qui passaient, les accusant de n’avoir pas levé le petit doigt quand les vandales se sont répandus dans le quartier il y a quelques jours. J’ai vu des jeunes traîner rue Auguste Comte, testant tous les porches d’immeubles, au cas où l’un d’eux, mal fermé, cèderait à une simple poussée.
Plus tard j’ai appris que c’était les Identitaires qui manifestaient leur colère dans la rue Victor Hugo, reprochant eux aussi à la police de ne pas faire leur travail. J’ai également appris que certains jeunes sont parfois venus de loin, en ayant pris soin d’emporter des cailloux dans leur sac à dos.

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