Les petits roquets de la presse aboient à l’unisson depuis quelques semaines. L’histoire de la déchéance de la nationalité appliquée aux criminels récemment admis au titre de citoyen français leur permet d’éructer à qui mieux mieux, sur un air mi-indigné [France Inter, la vigilance], mi-ironique [France Inter, l’impertinence] : « Alors comme ça il y aurait des citoyens qui seraient plus français que d’autres, c’est ça ? »
Habile manipulation de sous-entendus, qui suscite aussitôt une réaction en chaîne dans le schéma de pensée des ravis de l’an 2000, qui commence par éveiller le soupçon sur l’existence supposée de citoyens de seconde zone, et s’achève par un feu d’artifice de Points Godwin.

Y a-t-il des Français plus français que d’autres ? voilà une bonne question. Le défunt « débat » sur l’identité nationale, soi-disant censé replacer le visage caractéristique de la France sur la cartographie mondiale des individus atomisés, n’était qu’un spasme terminal, et rien n’en sortit sinon une armée de thanatopracteurs et de spirites, tous acharnés à appeler le cadavre « République de la diversité » et à le faire parler par l’artifice des ventriloques de l’EHESS. L’hystérie a gagné la morgue, on ne tirera plus rien de la France. L’affaire est classée : est Français quiconque habite sur le territoire français, est Français quiconque adhère aux valeurs de la République, est Français quiconque se reconnaît dans le projet des Droits de l’Homme.

À ce train-là, soyons sarcastique et jouons sur les mots : n’ayant connu ni les valeurs de la République ni le projet des Droits de l’Homme, ce sont tous nos aïeux de l’Ancien Régime qui deviennent des Français de seconde zone, voire qui se voient ipso facto déchus de leur statut de Français. Clovis ? Mmmm, pas très républicain tout ça. Louis XIV ? Mmmmm, ça fait pas franchement Droits-de-l’Homme non plus. En guise de déchéance, escamotons-les discrètement de l’Histoire et de l’Éducation Nationale. Les petits progressistes s’insurgent contre une loi de déchéance de la nationalité, mais ne se privent pas de déchoir la France elle-même de sa vérité historique ; ça me fait bien marrer. Bref.

En regardant « La cité du mâle », il est évident que tous ces jeunes gens n’ont rien à voir avec la France. Linguistiquement, c’est un désastre. Ce n’est pas du baragouin, c’est du sabir. On en envoie chez l’orthophoniste pour moins que ça. La grammaire, le vocabulaire, le sens des mots, tout cela n’a plus rien à voir avec la langue française. On les entend dire « a’hrès » au lieu de « après« . La culture banlieue est une enclave culturelle qui n’échange rien, absolument rien, avec le reste du pays. C’est un monde à part qui est incapable de dialoguer avec les gens de la France normale. Écoutez-les, ils ne maîtrisent pas les pluriels, ils ne maîtrisent pas les féminins [ils disent « eux » en parlant des filles], ils ne maîtrisent aucune forme de nuance ou de subtilité. Il y a les « filles bien« , et puis il y a « les chiennes » et « les putes« . Entre garçons et filles il n’y a pas d’amitié, pas de mixité, pas de camaraderie, pas de sortie au resto ou au bistrot, pas de drague. Il y a la pute [ou renommée comme telle], et il y a la soumise qui baisse les yeux. C’est le désert total, c’est la dévastation. Qu’est-ce que la France peut bien avoir à faire avec ces territoires convertis au tribalisme africain le plus plouc et le plus obscur ? Comment peut-on appeler « France » ces hectares de barbarie comportementale où tout le monde s’accorde à dire que la pauvre Sohane a bien mérité ce qui lui est arrivé ?

Il est évident que tous les Vitry-sur-Seine du pays ne sont pas la France. Pour moi il est clair que ces pauvres gens sont beaucoup moins français que moi puisqu’ils vivent dans l’ignorance totale de ce qu’est la France, puisqu’ils vivent dans une société parallèle déconnectée de la France. Ils reçoivent sans doute de nombreux bénéfices de la République [transports, allocations, aides sociales,…] mais sont totalement étanches à la France. J’ai eu envie de pleurer en voyant le gaulois de la bande expliquer qu’il vient d’une famille athée, et qu’il se revendique musulman. Pauvre garçon, complètement déraciné par la crétinerie de ses parents, et implanté de force dans la jungle urbaine la plus indigne. Ils ne sont pas déconnectés de la France malgré eux : ils le sont sciemment. Ils n’en ont rien à foutre de la France, c’est clair et net. Le code civil, la justice, la police, la morale ; tout cela est regardé avec un mépris souverain. Que partagent-ils avec le Français moyen ? Ils ne savent même pas qui est le Petit chaperon rouge. N’ont jamais chanté À la claire fontaine. Le Français moyen de 16 ans passe-t-il sa journée à contrôler les faits et gestes de sa sœur qui en a 28 ? Le Français moyen prouve-t-il son statut d’homme en crachant par terre et en pissant dans les ascenseurs ?

Je me souviens, à présent, d’une anecdote qui m’est arrivée. C’était à la fin des années 80 ou au tout début des années 90. Ma grande sœur avait un jour invité à la maison une camarade de son École Supérieure pour réviser les examens. Elle m’avait demandé d’être disponible également ce jour-là, afin que je passe l’après-midi à jouer avec le petit frère de cette amie, qui l’accompagnait. Non pas parce que la grande sœur était responsable de son benjamin et qu’elle ne voulait pas le laisser seul à la maison ; mais parce que c’était lui, gamin de 10 ans, qui devait surveiller où allait et ce que faisait sa grande sœur qui avait dix ans de plus que lui. Nous avons peu joué, le petit frère et moi ; il fallait qu’il garde un œil sur sa sœur. Islam oblige. C’est ça, la France ?

La situation est de toute façon bouchée. C’est insoluble. Que voulez-vous faire ? Les caïds des banlieues font tout pour chasser les insoumis de leurs territoires. Médecins, supérettes, policiers, pompiers,… , tout est mis en œuvre pour que naissent des enclaves autonomes, et pour que ces enclaves puissent vivre le plus lointainement possible de la France, et de tout ce qui ressemble à la France. La diversité est un concept qui ne les intéressera jamais puisqu’ils souhaitent vivre le plus possible au cœur du Même. Être différent, sortir de la ligne, c’est s’exposer à la vengeance collective de la tribu. On intimide, on menace, puis on lapide, on brûle, on égorge. « Chaque jour, les services de police enregistrent plus d’une vingtaine de plaintes pour des actes de délinquance similaires » nous apprend Arte.

Il n’y a pas de remède à cette situation. C’est trop tard. Tout est joué. La seule question qui reste est celle-ci : combien de temps les Français tolèreront-ils sur leur territoire ces enclaves tribales structurées par l’archaïsme mental et la haine comme art de vivre ?

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