On vous propose une sortie pour le week-end :

Réponse A : Vous vous rendez sur les lieux d’un super festival. Il y a des collectifs, des associations, des DJ’s, des projections vidéos, des installations, des concerts, des expos, des conférences, des débats, des ateliers participatifs, des cours d’initiation au jonglage et au tri des déchets, un stand d’information sur l’engagement militant, des fanzines, une troupe de clowns-musicens itinérants qui font des improvisations au hasard de leurs promenades parmi la foule, il y a aussi de quoi manger [végétarien] et des toilettes [sèches], il y a des boutiques solidaires, des produits durables et équitables, une équipe de prévention citoyenne contre le racisme et le Sida, et un comité de soutien aux populations opprimées. Vous ne savez plus où donner de la tête, c’est terriblement alternatif ! Le nouveau monde est en marche !
Vous recontrez des backpackers australiens, des Erasmus allemands, italiens, danois et espagnols, des maoïstes sexagénaires avec des T-shirts du groupe Trust, vous partagez quelques joints avec un militant du NPA pro-palestinien – un étudiant en sociologie –, vous arrivez même à pécho le numéro d’une nana qui fait à la fois de l’art plastique et de l’humanitaire et qui a l’air terriblement géniale. Vous quittez la fête avec un authentique djembé tout neuf sous le bras, acheté au profit d’une association de défense des LGBT persécutés. Vous prolongez cette journée festive en rejoignant dès le lendemain un Cercle du Silence organisé par un des collectifs présents au Village des Associations. Le week-end idéal !
Vivement la semaine prochaine, vous avez déjà vos places pour un festival reggae-dub, auquel vous comptez bien entendu emmener la jeune plasticienne engagée !

Réponse B : Vous commencez par aller à Emmaüs pour vous débarrasser de vos vieilleries, vous en revenez avec un lot de disques improbables et une très jolie cravate vintage à un euro. Vous vous rendez au musée des Beaux-Arts et flânez chez les antiquaires sur le chemin du retour. On y trouve du Prouvé et du Eames, des Jacques Hittier et des Fritz Hansen de toute beauté ainsi que des vieilles Fermob, mais ça atteint des prix délirants depuis que l’esprit loft s’est démocratisé. Ce sera pour plus tard, quand vous aurez des économies – ou quand l’effet de mode s’essoufflera. Inspiré par la peinture italienne et les volutes dorées du Musée, vous mettez Bencini à fond dans la baraque en sirotant un Byrrh et en feuilletant quelques ouvrages sur la peinture baroque, le graphisme new-yorkais et Salvador Dali. Vous attaquez une jolie playlist où le fiévreux Été de Vivaldi ouvre grand la porte du rock and roll. Se succèdent alors High voltage, I’m your daddy [extrait de Raditude], The bad touch pour la déconne, LaTeRaLus, Take the power back, Move it on Over [Hank Williams of course] et finissez par le désopilant  mambo Allô Brigitte signé Jean Yanne et Henri Salvador.
Plus tard, après avoir lu quelques pages d’Ernest le rebelle, vous retrouvez un pote et filez au concert des Real McKenzies – kilts, cornemuses et punk-rock sudoripare – qui a lieu dans un no man’s land de banlieue post-industrielle reconverti en hangar-bistrot aménagé pour y faire des répètes et des concerts. En attendant que le concert commence, vous félicitez le taulier qui vous explique qu’il met un point d’honneur à vivre sans la perfusion de l’État, ce qui n’est pas courant. Le lendemain matin, vous reprenez une solide dose de belles choses à la messe de 10h30. Le week-end idéal !
Vivement la semaine prochaine, vous irez picoler au Chéri-Bibi ou au Citron pour écouter de la british beat en fustigeant la social-démocratie entre gens de bonne compagnie !

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