C’est impeccable. Scénographié comme un shooting de Mondino. Tout est pensé pour être photogénique, tout est furieusement graphique. Chacun est à sa place. Les noir sur blanc ; les fourrures sur les combinaisons métallisées ; les contrastes sont joués jusqu’au bout. Daniel Chenevez stoïque et impénétrable, campé derrière son clavier en arrière-plan, tandis quà l’avant-scène Muriel Moreno ondule comme un succube sous l’incendie de sa prestance léonine. Okay, le synthé est un peu pourri mais la chanson est magistralement architecturée. Pas de chichi, pas de démonstration de virtuosité, pas de stroboscope à la con ; juste un riff de guitare joué en boucle, délicatement enrichi par un jeu de batterie tout en retenue, et orné par la voluptueuse et décadente mélodie du texte. Ça a l’air d’une complainte lascive, c’est en réalité un embrasement apocalyptique furieusement efficace.

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