« Où commence l´esclavage, où finit-il, où commence l´universel, où finit-il ? Et les droits de l´homme, où commencent-ils ? Car je connais les droits du temple qui est sens des pierres et les droits de l´empire qui est sens des hommes et les droits du poème qui est sens des mots. Mais je ne reconnais point les droits des pierres contre le temple, ni les droits des mots contre le poème, ni les droits de l´homme contre l´empire.
Il n´est point d´égoïsme vrai, mais mutilation. Et celui-là qui s´en va tout seul disant « moi, moi, moi,… », il est comme absent du royaume. Ainsi la pierre hors du temple, ou le mot sec hors du poème, ou tel fragment de chair qui ne fait pas partie d´un corps. »

[…]

« Unifier, c´est nouer mieux les diversités particulières, non les effacer pour un ordre vain.

[…]

« La grande erreur est de ne point connaître que la loi est signification des choses, non rite plus ou moins stérile à l´occasion de ces choses. De légiférer sur l´amour je fais naître telle forme d´amour. Mon amour est dessiné par les contraintes mêmes que je lui impose. La loi peut donc être coutume autant que gendarme. »

Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, [1948 – publication posthume].

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« La termitière future m’épouvante. Et je hais leur vertu de robots. »

Antoine de Saint-Exupéry, lettre adressée à Pierre Dalloz, écrite la veille de sa mort [1944].