Sur les conseils d’un fort aimable lecteur, je suis allé consulter le projet « Le baiser de la lune ».

Je résume : la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, forte de ses richesses extorquées à coup de dîme et de taille, et avec le soutien de la noblesse bigote du Duché de Bretaigne [voir détail ici >>>], demande que son film d’animation soit projeté dans les classes de CM1 et CM2 de tout le royaume pour détourner les âmes vulnérables de nos enfants de l’emprise du démon.

La chasse à l’hérésie bat son plein. Pour les uns, c’est la Congrégation qui est hérétique, et ses idées inquisitoriales sont diaboliques ; mais pour les autres, partisans de la Congrégation, le Diable règne en maître dans nos us et coutumes, c’est le monde de nos aïeux qui est une gigantesque hérésie à brûler ou à convertir.

Pour ma part, je crois bon que la Congrégation gagne à sa cause le plus de provinces possibles ; il faut que l’État, le Roi, la cour, tous les seigneurs de nos villes et nos campagnes tombent sous la coupe de ces bigots paranoïaques. Pendant qu’ils font leur catéchisme, qu’ils brûlent nos contes pour enfants [hérésies !], qu’ils brûlent nos traditions millénaires [hérésie !], qu’ils insultent nos grands-mères [hérétiques !], qu’ils occupent les enfants en exorcismes permanents ; pendant leurs simagrées collectives, il reste un immense champ à conquérir pour la chevalerie de demain.

La chevalerie de demain, chers amis, se lèvera sur les décombres d’un monde bigot pétri de mortifications et purifications millénaristes ; la chevalerie de demain s’imposera sans effort sur un peuple rendu servile et idiot. Car à la chevalerie de demain on aura continué à enseigner, parfois au prix des catacombes, la littérature, la maîtrise de la langue française, la connaissance de l’Histoire, les mathématiques, les arts et les humanités, le respect du Savoir, l’humilité devant les Maîtres, la courtoisie, l’exigence du Beau, les fables et comptines, bref, la véritable élévation morale et culturelle. L’égalitarisme modernifiant donnera malgré lui son plus beau fruit : le retour à l’aristocratie. Réjouissons-nous !