Très en colère, le président du Venezuela, Hugo Chávez, a récemment fait parvenir un communiqué à Edwy Plenel, ancien directeur du journal Le Monde et fondateur de MediaPart, pour régler un différend diplomatique quelque peu encombrant. « Nous n’avons de leçon d’antiracisme à recevoir de personne. Les propos d’Edwy Plenel sont profondément offensants pour les minorités vivant dans notre pays, et c’est l’ensemble du peuple vénézuélien qui se voit insulté de façon gratuite et tout à fait indigne de la part d’un pays qui se réclame sans cesse des Droits de l’Homme. »

Alors qu’il était encore directeur du Monde, Edwy Plenel avait en effet déclaré : « Quand j’entends Vénézuélien de souche, j’entends raciste de souche« , phrase qui était passée relativement inaperçue en France [source >>>], mais qui semble retentir encore outre-Atlantique. Hugo Chávez, descendant indirect des peuples ancestraux qui forment la plus ancienne souche de population indigène du Venezuela, estime que « cette grave accusation de racisme ne [l’]attaque pas seulement à titre personnel, mais attaque l’ensemble des peuples opprimés ou colonisés qui luttent pour leur souveraineté légitime sur la terre de leurs aïeux, qui luttent pour une coexistence pacifique des nations, et qui luttent pour une civilisation de progrès et de fraternité malgré les épisodes douloureux de nos Histoires communes. Au nom de tous les peuples vénézuéliens, au nom de l’amitié franco-vénézuélienne, je demande à Edwy Plenel de présenter immédiatement des excuses publiques pour cet affront. »

Jointe hier par téléphone, la rédaction de MediaPart n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Récemment accusés d’islamophobie et de « comportement moyenâgeux » par l’Unesco pour avoir massivement refusé l’érection de minarets sur leur territoire [source >>>], les indiens Yanomamis se voient à présent accusés de racisme atavique par la gauche journalistique française, au simple titre de « population de souche ».

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