J’adore les conflits inter-ethniques. Surtout sur les plateaux de télévision. C’est à chaque fois l’occasion d’entendre le plaidoyer des journalistes de gauche pour le droit des peuples à défendre leur mode de vie, leurs valeurs et leurs traditions, leur culte, leur souveraineté politique sur la terre de leurs ancêtres, et à revendiquer le retrait des ethnies qui occupent illicitement leur pays.

J’aimerais être Ouïghour, Hutu, Quechua, Hmong ou Tibétain. Pas de chance, je suis Français. Je dois donc subir, surtout de la part de cette même classe politique de gauche, le devoir d’extinction de mon mode de vie, de mes valeurs et de mes traditions, de mon culte, de la souveraineté politique de mes semblables sur la terre de mes ancêtres, et je suis sommé de pratiquer le vivre-ensemble avec des colocataires qu’on m’impose de gré ou de force dans mon propre pays, y compris de façon illicite.

N’étant plus le sujet de quiconque, et n’ayant plus que des abstractions pour seuls Maîtres et Souverains [« enfant de la patrie », « citoyen de la république », « numéro de Sécurité Sociale », « liste électorale majoritaire », « programme politique », « Caisse d’Assurance Maladie », « pays des droits de l’Homme », « formulaires », « ministère de la Santé »,…], je me vois in fine condamné à l’inexistence pure et simple au sein du monde incarné. L’Autre a bien le droit d’être un peuple ou une ethnie, pour ma part je ne suis qu’une carte d’électeur en suspension dans l’éther philosophique des Lumières, je ne peux plus être que l’idée de l’Homme.

Dès lors, je ne peux plus me résoudre qu’à la désintégration [l’Autre se substitue à moi] , ou à la suprême Übermensch Citoyenne qui consacre le Métis comme concentration ultime du genre humain perfectionné, puisque somme de tous les Autres possibles [je n’ai plus de droit d’exister que dans une identité de substitution, mondiale, indistincte, obligatoirement plurielle].

F+ & Kaali

Publicités