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Vous avez écouté Daniel Mermet aujourd’hui ? Haha, un grand moment ! C’était la rediffusion d’un reportage au Musée du Quai Branly, qu’on appelle pudiquement le « Musée des Arts Premiers ». Mermet, vous savez, le positiviste de gauche, le bouffeur de riches et de curés, le donneur de leçons de citoyenneté engagée et vigilante.  Bon et bien là, au milieu du Musée, accompagné d’amis africains plus ou moins sans-papiers [ça les rend plus crédibles], il a partagé l’indignation des ses potes de voir des pièces exposées au mépris de leur signification spirituelle et de leur identité culturelle traditionnelle, et s’est scandalisé de cette honteuse profanation qui portait atteinte au sens du patrimoine africain. Exemples, un fétiche très puissant « capable de fissurer les murs d’une maison », ou encore une statuette rituelle qui doit absolument être rendue interdite à la vue des femmes [pendant son office, celles-ci sont priées de se tenir recluses chez elles].

La prochaine fois, Daniel, on ira visiter ensemble un musée des Beaux-Arts et je te montrerai des collections de ciboires, de calices et de retables, et je te ferai part de mon indignation de voir ces pièces – initialement destinées au culte et à la dévotion – exposées comme de vulgaires pièces d’artisanat dans des vitrines payées par les impôts républicains et considérées comme des archéologies vides de tout usage. J’espère bien que tu n’éclateras pas de rire quand je te parlerai de ma superstition à moi, l’Incarnation et la Résurrection. C’est qu’il s’agit de ne pas offenser ma culture traditionnelle ancrée dans 1500 ans de transmission, tu comprends. Tu as pris avec tant de sérieux les croyances africaines qui te fissurent les murs de ta maison…

Ah oui, c’était rigolo aussi de l’entendre faire ce constat de vive voix : il n’y a pour ainsi dire aucun Noir dans tout le musée, bien qu’il soit pour bonne part dévoué à l’art africain. C’est à dire qu’il n’y a que des salauds de Blancs, ces enculés de racistes, pour venir s’intéresser à la culture de l’Autre. Croyez-le ou non, c’était vécu comme un reliquat colonial. Mépriser la culture extra-occidentale ? C’est typique de l’esprit colonialiste. Ouvrir un musée entier consacré aux arts extra-occidentaux [on dit « premiers« , no comment], c’est encore une velléité colonialiste… Bon, on a compris, quoi qu’il fasse le Blanc est un colonialiste. Il vient en Afrique, c’est un colon. Il rentre chez lui, c’est encore un colon. Il vient apporter des sacs de riz dans le 4×4 de Kouchner, c’est toujours un colon. Il refuse des papiers aux Africains qui franchissent la Méditerranée, c’est toujours un colon.

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On nous a causé de la natalité française et ses mirobolants résultats [tout est relatif]. Tiens donc, on se réjouit que les femmes fassent des enfants, maintenant ? Bon, alors le canard gratuit du métro nous sort un mini-reportage dans un café parisien ultra bobo aménagé pour recevoir les poussettes des jeunes mamans ; genre les femmes qui font des gosses à Paris sont celles qui vont dans les cafés festivo-citoyens maternants avec chauffe-biberon recyclable à toutes les tables… Quelle connerie. Évidemment, on nous montre des gosses blondinets dans les articles de presse. C’est marrant, pour ne pas trop stimuler l’imagination débridée de leur lectorat, pour le coup ils ont évité le coup de la photo représentative-de-la-Diversité. Tout cela sent la trouille à plein nez.

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Dans un autre journal gratuit, on nous vendait le film « Slumdog Millionnaire« . La légénde de la photo d’illustration : « Plusieurs acteurs sont directement issus des bidonvilles« . Ça c’est de l’authentique, coco ! C’est du vrai terroir, avec des vrais morceaux de tiers-monde dedans. C’est pas du pipeau, il y a réellement des pauvres dans le film ! C’est du cinéma solidaire, donc c’est du bon cinéma. C’est socialréaliste. Toute ressemblance avec l’état d’esprit bolchevik est fortuite. J’espère qu’on lira au générique de Walkyrie que plusieurs acteurs du film sont réellement nazis. C’est qu’il s’agit d’être crédible !

Ça me fait penser à la connasse assise à côté de moi pendant la séance de « The good, the Bad, the Weird« . Une espèce de post-hippie béate, qui ne pouvait pas s’empêcher de commenter le film toutes les cinq minutes. Bourrant du coude son « compagnon de vie » assis de l’autre côté, elle lui disait « Oh regarde ces beaux visages, ohlalala comme ils sont beaux ces hommes de la steppe, toutes ces couleurs, ohlala c’est beau ». Pauvre conne, si ton voisin de palier avait la même tronche avec les mêmes dents pourries et les mêmes fringues décaties, tu serais la première à faire une moue dégoûtée et à lui balancer une piécette condescendante. Mais voilà, comme c’est des mecs qui habitent loin et qui ont des têtes de Huns, bah c’est facile de les trouver beaux et formidables, même édentés. Et si ton fuck-friend avait les mêmes chicots moisis, tu trouverais son charme plus authentique dans la beauté de son visage caucasien typique ? Bah non, tu l’enverrais fissa chez le dentiste. Poufiasse.

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J’ai vu passer un calembour foireux dans un journal : « Pas prêtre à tout pour une vocation« . Encore un article de presse pour discréditer l’Église catholique ; c’est diablement couillu et follement original. C’est l’histoire d’un mec qui abandonne la prêtrise pour épouser une femme et faire des enfants, et qui le raconte dans un livre-témoignage. Vous connaissez la suite : il a été dupé, manipulé, forcé, obligé, menacé ; et au final la grande question est celle-ci : nom de Dieu de bon sang de bois, quand fera-t-on tomber l’obligation du célibat des prêtres ? En bonus, vous apprendrez que c’est à cause de cette crispation réactionnaire que les églises sont vides. Ben voyons. D’une part, ce n’est pas en vantant la coolitude et la modernité qu’on remplira les églises, d’autre part je trouve que ce monsieur commet là une grande faute de charité envers sa propre foi. Double erreur.

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Une synagogue a été couverte de tags en Seine Saint-Denis. Encore un coup des skinheads.

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Le CRAN a claqué son fric dans un aller-retour en avion pour faire venir… le sosie officiel d’Obama. Dans un pays normal, tout le monde aurait dû se tordre de rire devant tant de grotesque [après avoir considéré avec gravité le montant du pognon passé par la fenêtre], mais nous ne sommes plus dans un pays normal. Le but : tourner une vidéo de propagande contre la diskriminassion, mettant en scène des enculés de flics blancs racistes en train de faire un contrôle d’identité au président des États-Unis d’Amérique qui passait par là par hasard en faisant son jogging. Pas du tout débile, donc, puisque tout le monde a applaudi. Plus c’est crétin, plus les gens acquièscent. Y a-t-il encore un cerveau en état de marche dans la salle ?

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Un autre article de presse évoquait une série de scandales sanitaires à venir sur une bonne page. Dans la liste : l’amiante, Tchernobyl, le vaccin anti-hépatite B. Rien ne mentionnait une prochaine affaire de sang contaminé. Pourtant, la veille dans le même journal, un collectif LGBT se scandalisait du fait que les homosexuels soient toujours exclus du don du sang, et qu’il était question que cette discrimination cesse dans les plus brefs délais. Je vous rappelle que cette interdiction est basée sur une prudence extrêmement simple : les homosexuels, de par leur vie sexuelle, concentrent beaucoup plus de chances de véhiculer des maladies infectieuses, chiffres indiscutables à l’appui.
Vous savez à présent de quoi parlera le prochain scandale sanitaire. Il sera directement lié à l’idéologie citoyenne, contre toute intelligence élémentaire.

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