Aujourd’hui, pour la première fois de toute ma vie, j’ai considéré avec bienveillance un homme qui portait une chemise rose [ou un polo rose, je ne me souviens plus mais c’est la même chose]. Autant vous dire que c’est un grand jour ! Je ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais moi, les chemises roses portées par des hommes, c’est rédhibitoire. Ça vous campe illico une palette de profils socioprofessionnels assez réduite, qui va du winner d’école de commerce inculte, au catho prout-prout à col relevé et tignasse façon « je me laisse pousser les cheveux depuis le stage d’école de voile à Belle-Île, Marie-Appoline adore », en passant par la clique des Jeunes Pop aux fuck-smiles affutés.

Mais si le bougre du jour portait bel et bien toute sa catholicitude dans le port de son brushing, de ses mocassins à boucles, de sa serviette d’étudiant sage, et de sa chemise rose donc, il arborait d’une étrange façon ses quelques bijoux. Autour de son cou, une chaînette d’or retenait sa médaille de baptême ainsi que la médaille miraculeuse de la rue du Bac, dépassant ostensiblement de sa chemise. Et autour de ses doigts, des bagouzes discrètes mais inhabituelles chez un jeune homme de ce genre ne pouvaient s’empêcher de porter un sens « religieux ».

C’est assez difficile à décrire, mais tout chez ce jeune homme clamait « je suis catholique et je ne compte pas tenir ce feu sous le boisseau de la « sphère privée ». Je ne suis pas catho comme vous pourriez le croire, je suis catholique, vous comprenez la nuance ?« .

Bref j’avais face à moi un Croyant, un Résistant, un Chevalier. C’est rare par les temps qui courent. L’effet Benoît XVI ?

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