« Les associations tenantes du Grenelle de l’environnement, en l’absence de toute réflexion dialectique, veulent en réalité renforcer le contrôle du système sur la vie humaine, par les lois, les textes, les ceci et les cela, au nom du Bien. C’est la même folie, au nom du Bien, qui fait faire à la dynamite des « chemins de randonnée » pour être « au contact de la nature ». La même encore, qui faisait argumenter pour un projet de téléphérique vers le sommet du Mont Blanc, du « droit des handicapés à profiter de la montagne ». La puissance technique s’habille du Bien. Le renforcement des contrôles sur l’homme, pour le rendre conforme au système, s’habille du Bien.

Ce droit de chacun de profiter de l’espace est bien conforme à l’idéal libéral de l’espace sans qualité, indéfiniment ouvert, et vide par nature, par rapport à la réalité de l’espace douloureux à conquérir, qui se paye d’aventure et d’effort, l’espace de la quête de la liberté humaine. Et ce droit de tous à arpenter l’espace sans effort, à consommer passivement de l’espace, avec des machines, avions, quads, « tout terrains », est bien plus assuré que le droit du pauvre à fréquenter une plage privée, ou du mendiant à fréquenter certains centre-villes. Ces dernières interdictions d’espace choquent moins, au nom de la Propriété. Nous laissons interdire les enfants pauvres des plages privées, et sommes gênés d’interdire les transhumances aux engins motorisés.

De même, 96% des déchets sont produits par l’agriculture et l’industrie, et ces gens veulent culpabiliser les utilisateurs de couverts en plastique jetables. On nous sert la culpabilité et la coercition comme moyen de régler les problèmes du système. Un exemple supplémentaire de double contrainte, entre la publicité et « la consommation moteur de la croissance », et l’horreur de la consommation polluante.
L’association impossible de la consommation et de la conservation est caractéristique. On rencontre cela partout dans l’idéologie moderne, ces oxymores contraires à la raison, comme le « développement durable », comme si le développement pouvait être autre chose que la consommation du durable, et donc sa destruction. Je répète : l’idéologie moderne nie la réalité des contraires. C’est la cause et l’effet d’une déréalisation due à la croyance naïve de l’homme libéral, son oubli d’être un fragment, sa toute puissance illusoire. »

Récemment découvert mais alimenté depuis janvier 2008, « Les délices de l’âge de fer » propose quelques réflexions de bon aloi. Je vous conseille sa dernière note, dont est extrait le texte ci-dessus. C’est à lire ici >>>.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que ce genre de prose pourrait bien plaire à l’ami Ludovic. L’intuition masculine est-elle fiable ?

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