Je n’étais pas à Paris ces jours-ci. J’ai aperçu Benoît XVI furtivement depuis la télévision d’une chambre d’hôtel. Je devais honorer une invitation ; un vieil ami se mariait au château de ses aieux. Plongée dans un milieu où la famille ne consiste pas à avoir une ascendance, mais une grande histoire, enracinée au sens le plus littéral du terme. Très émouvant. C’était beau. Une compagnie absolument exquise que j’aimerais côtoyer plus souvent.

Je n’ai donc eu que quelques échos du séjour de notre Pape, auquel je souhaite une longue vie tant il fait de bien à notre Église. J’ai entendu l’habituel charroi des ordures journalistiques, j’ai entendu les éternelles rengaines positivistes, j’ai entendu l’hystérie des inventeurs d’eau tiède, et la grande frustration des idéologues du Dialogue, qui ont du mal à admettre qu’au sein de l’Église, ce n’est pas parce qu’on « dialogue » d’un sujet qu’on finit par en admettre la pertinence ou la nécessité. Mais j’ai aussi entendu une sincère curiosité parmi ce chaos d’imbécillité. Guy Gilbert, que je croyais cool et chébran, fait cette excellente remarque dans le Figaro : « Jean-Paul II était une attraction, et Benoît XVI est quelqu’un qu’on écoute ». C’est vrai, quelque chose est palpable : le Pape suscite un intérêt nouveau, en ce sens qu’il est crédible, c’est quelqu’un qui a des lettres, c’est un intellectuel, il n’est pas là pour nous parler de la tolérance ou de la gentillesse, c’est un homme qui a des arguments, c’est un homme qui réhabilite le sens et l’intelligibilité. Il est facile de railler un élan sentimental, ça l’est beaucoup moins quand on oppose une pensée extrêmement élaborée face à une société de débats vaniteux et de dialogues behavioristes. Longue vie à notre Pape, donc.

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