Vous avez raison, FromagePlus, mieux vaut de belles images, chez Taddéi, le Flore récite sa mantra :
Jean Michel Ribes :
« Les institutions les plus stables montrent qu’elles changent »
(= refrain du progressisme de la gauche vers le Grand Soir)
« Face à l’impérialisme du marché, la gauche plus solidaire fait bouger cette Assemblée »
(= toujours plus de dette)
Rony Braumann :
« On vit mieux lorsque la justice sociale est le but de la politique, à droite, on fait de l’injustice un moteur, de l’inégalité un carburant de la croissance »
(= tous égaux dans un régime socialiste, pauvres mais dignes, la croissance providentielle, on peut toujours rêver).
Bordel, leur “zone Vigilis” fait carrément flipper!
Ce genre de totalitarisme voyeur sous couvert de bien public me fait immédiatement penser à la phrase “Who watches the watchers?”/”Quis custodiet ispos custodes?”.
I am the eye on the ground, freaking at you… (sur l’air d’Eye in the Sky, bien entendu).
Quand aux valeurs profondes de Lille Métropole, on dirait que ce sont les mêmes que celles de tous les amis du Bien. Une profondeur qui remonte à 68, lorsqu’ils se faisaient tourner le pilon, promettant que la Révolution serait pour demain. Quarante an plus tard, c’est avec les slogans et les délires de leur jeunesse mao-canabique qu’ils se payent des costards italiens et des berlines allemandes, dans leurs vies de publicitaires, d’élus, ou d’architectes partagées entre coke, pipes et pot-de-vins.
Gotfried,
La vigilance citoyenne, c’est bien, il faut dénoncer sans relâche le racisme, l’islamophobie, l’homophobie du Français et le trainer devant les tribunaux.
Les retraités qui s’organisent pour faire des rondes dans le quartier, afin de cesser de se faire cambrioler, c’est mal, ce sont des milices nazies.
La transparence est une exigence morale, surtout quant il s’agit des adversaires politiques.
Les caméras de surveillance sont big brother et la preuve de l’impérialisme des marchés financiers.
Ambiorix,
Oui, il y a du belge : la zone Vigilis est dans le quartier des bureaucrates de l’Union Européenne à Bruxelles [tout un symbole] ; ensuite vous avez la Grand-Place ; et les deux suivantes ont été prises dans les rues de Bruxelles.
Je suis sûr qu’il y a un article à écrire sur la morale et l’architecture. Par exemple, les ponts apparaissent comme des ouvrages éminemment moraux. Et parmi les ponts, l’on préférera les ponts suspendus, tendus vers l’autre rive, plutôt que les ponts qui agressent l’environnement de leurs piliers. La mode est aussi à la transparence (cf. la fondation Cartier à Paris) et aux grandes fenêtres pour plus d’ouverture au monde. A l’inverse, les murs sont immoraux car ils mettent une frontière entre soi et l’Autre. Et les ouvrages fortifiés, les donjons, les châteaux cathares, représentent le summum de l’intolérance, du mépris, de l’entre-soi et de l’élitisme.
@ Derville, bien vu le parallèle entre morale et architecture. La mode est à la transparence mais aussi au nivellement par le bas, pour ne pas dire à la démolition. On abat nos vieilles pierres comme on terrasse nos vieilles valeurs.
Résumons, les Cages à lapin pour Homo-Modernus, une pancarte “Big Brother vous guette”, la propagande Lilloise Multicul, une Aire de Stationnement avec conteneur eco-responsable qui..hummm..tout dans la suggestion et le non-dit, cache certainement une pissotière avec pastilles bleue “Senteurs du Sud”.
Bon, il est pour quand ce suicide collectif ?
Vous ne romancez qu’à peine. J’ai été en école d’architecture, un an et un peu plus d’un semestre, après j’ai pété les plombs, me faire ouvrier en Auvergne. Je vais mieux. Mais la mentalité des profs d’archi était parfois tout à fait sidérante. On avait un projet à la con (le cours de projet est, en gros, le corps de l’enseignement en architecture), on nous donnait une photo, il fallait imaginer une topologie, un lieu, puis y mettre une baraque avec une méga cheminée qui devait être l’âme de la maison.
Un peu par inadvertance, simplement parce que j’avais un plan carré, j’avais fait un truc assez marrant, avec une sorte de loggia d’artiste ou de plaisance au dernier étage, de grandes pièces distribuées assez simplement, enfin, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais une baraque largement vivable (et si on imaginait en plus un point de vue en hauteur sur un paysage méditerranéen, avec les cyprès qui ondulent nonchalamment et un ciel azur parfait, on était pas loin du bonheur terrestre).
Au début, malgré la faiblesse de la maquette (ce n’était vraiment pas mon fort), les deux profs ont apprécié, disant que çà faisait Palladio. Forcément, j’étais flatté. Mais immédiatement, ils se sont mis à trouver des problèmes, à dire qu’il fallait que je me lâche (textuellement, ça restera gravé dans ma mémoire à vie). Et là, un des profs saisit la maquette qui m’avait coûté une nuit blanche pas possible, et se met à dire que lui, il préfèrerais profiter du paysage, plutôt que de subir ces murs qui occultent la vue (j’avais pourtant collé de belles baies, larges et hautes), et pourquoi pas faire quelque chose comme ça, dit-il en arrachant négligemment les deux murs extérieurs du salon et de la cuisine.
Si, si, à son sens, il fallait se poser la question de savoir s’il n’était pas préférable d’avoir l’impression d’être dehors quelle que soit notre humeur et l’époque de l’année, malgré la grande loggia (deux tiers du dernier étage et ouverte sur trois cotés) sous le toit. En hiver, il fallait subir la vision de la neige, de la nuit qui tombe tôt et de la faible lumière, des arbres morts, et être victime en été de l’assommante lourdeur solaire de certains jours, de son éclat aveuglant, être exposé à sa chaleur épuisante, et en toute saison renoncer à son intimité. Renoncer au foyer, comme refuge de l’homme, comme cocon sacré où s’éloigner du monde, ou retrouver quelque chose du ventre maternel.
Je pense que c’est à ce moment que j’ai tout à fait réalisé que je ne pouvais vivre parmi ces gens-là.
Ambiorix et Fromage :
C’est du belge, la photo 1 très Magritte. Via Nantes avec l’éléphant articulé.
Les 2 -3-11-14 : Peter Klasen ?
5-6-7 : De Chirico ?
13 : Basquiat !!!
Représentations urbaines évoquant le minéral, le métal, le froid, l’injonction, l’inhumain.
vous dite n’avoir pas grand chose à nous raconter, mais les Modernes, eux, ne manquent pas d’idées géniales. Vous avez probablement entendu parler de l’initiative de la BBC de remplacer les références BC (Before Christ) et AD (Anno Domini) dans les dates par des expression qui ne risqueraient pas de choquer les pauvres auditeurs non-chrétiens :
Mais bon, on reste en 2011 quand même, donc la référence 0 de la chronologie reste la naissance du Christ. Et si on leur proposer de ressortir du congélo le calendrier républicain ?
7eme photo: architecture moderne pas si moche que ça…
Franchement depuis une petite dizaine d’années, on commence à faire des trucs vraiment chouettes: couleurs, formes, choix des matériaux.
Je suis d’accord qu’on a eu et qu’on a toujours une vague de laideur idéologiquement voulue, mais certains architectes retrouvent leur liberté créatrice, et c’est pas plus mal.
C’est pas des batiments de Rudy Riccioti la cinquieme photo? Il me semble reconnaitre sa manie des “ouvertures ornementales”. Sur d’autres batiments il me semble que c’est peut etre plus reussi… Il a fait des trucs trés theatral, et assez poetique sur un batiment dans le sud : des especes de tronc d’arbre en beton soutenant une immense dalle. Il a aussi ecrit avec un talent indeniable des pamphlets dont un contre les normes HQE, totalement jubilatoire. J’irai jusqu’a dire qu’il y a des relents de bleu d’auvergne..
Assez d’accord avec Sonia, les horreurs architecturales datent des années 70, de l’aubaine des cités de banlieue à construire n’importe comment sur deux-trois concepts corbusiens vite baclés.
Il y a de l’amélioration avec la nouvelle génération d’architectes.
Le problème me semble plutôt dans les normes écologiques, si bien que des éco-quartiers surgissent, aussi baclés que les cités des années 70. Les mots magiques sont : CO2, photovoltaïque, poêle à granulés, matériaux durables recyclables et équitables, basse consommation, label bbc, fiscalité verte.
Je reconnais Euralille et ses quatre tours-cheminées (je rappelle que le but de l’architecte était bien de faire ressembler son truc à un paquebot). Y a aussi LAM juste avant, réservoir à art contemporain, où l’on retrouve le même public qu’au tri postal…
Personnellement, et pour avoir eu le nez dedans, je soutiens que les architectes forment une caste dont on peut se passer. Principalement parce que ce sont des lâches. Ils ont laissé apparaître une dichotomie monstrueuse entre la grosse construction publique, les chantiers où ils peuvent s’éclater et faire leurs conneries, et la petite construction banale, non spectaculaire, à pas cher, pour tout le monde. Ils ont quasiment délaissé les “vrais gens”, les abandonnant à Bouygues, à maisons Phénix et autres. Tout a été fait pour éradiquer la construction vernaculaire, mais personne ne s’est jamais vraiment soucié de la remplacer par quelque chose qui au moins justifie ce sacrifice.
L’architecte est devenu un artiste, surtout depuis, qu’en gros, il est incompétent à élaborer chaque aspect du projet (les calculs sont confiés à des bureaux d’ingénieurs, évidement). Son orgueil gonfle à mesure de son incapacité, et il se sent forcé de mettre sa touche là où elle n’aurait pas lieu d’être. Il part dans des délires conceptuels qui forment la partie inutile du projet, et se déleste des formalités chiantes auprès de mecs qui n’ont pas leur mot à dire. Un peu comme certains designers, qui créent une forme, puis la balancent aux techniciens en leur disant: “Vas-y, fabrique moi ça!”.
A mon sens, la formation d’architecte devrait se faire comme le compagnonnage des temps anciens, en passant par trois stades: apprenti (ce serait ouvrier, pour bouffer la pénibilité, comprendre le prix et le sens du travail), compagnon (en tant qu’ingénieur dénué de tout droit de création, occupé au calcul), et seulement enfin maitre, qui serait le stade ultime, l’architecte, le compas aux branches croisées avec celles de l’équerre (et pas dessus l’équerre), la technicité et la créativité, l’esprit et la matière réconciliés. Sans ça, les architectes resteront des artistes infatués.
Gotfried,
je suis tout à fait d’accord avec vous sur la formation en trois phases des architectes. On en sait quelques choses…
Toutefois, cela n’empeche pas que certaines constructions modernes soient belles. J’ai en tete un college, par exemple, dont des batiments r+1 s’échelonnent sur un terrain pentu donnant une impression de petit village, dont l’entrée majestueuse ne jure pas, mais invite fièrement les élèves au respect. J’ai aussi certains petits immeubles sociaux avec des toitures décalées, des petits balcons colorés posés de façon à ce que les gens soient en parfaite intimité, sans voir ce qu’il y a dans l’assiette du voisin. Des ouvertures assymétriques sans ennui. Des salles de sport originales bien loin du dock rectangulaire gris et insipide.
De plus tous les architectes ne sont pas des artistes infatués, il y a de tout…actuellement on travaille avec un gars qui effectivement demande au maçon de lui dessiner un escalier pour l’intégrer dans le batiment existant, mais il reste conscient de ses limites.
C’est marrant on a beaucoup de choses en commun sur le parcours ( j’ai fait 5 ans d’études de graphisme dont deux premières années en tronc commun avec les sections archi, et je suis maintenant maçon depuis presque une dizaine d’années. J’ai pratiqué mon métier de graphiste on va dire… allez, huit mois… ). En plus dans ma famille le papa, le tonton, la mama, ils sont TOUS architectes…. c’est dire si je suis dans le bain.
Complètement d’accord avec vous sur l’impression générale des architectes et comme vous je suis maoïste : tous les archis devraient passer leur permis brouette pendant au moins 2 ans avec tous les corps de métiers. Et la pelle et la pioche pour leur faire savoir ce que c’est que bobo le dos et bien dormir la nuit. Ça éviterait pas mal de déconvenues à tout le monde et beaucoup d’entre eux passeraient un peu moins pour des cons lors des réunions de chantiers. On est parfaitement d’accord, passons.
Il n’en demeure pas moins vrai que le rôle de l’architecte n’en reste pas moins essentiel. D’abord ce que nous disons ici est surtout valable pour les architectes d’aujourd’hui, les jeunes. Quand vous avez devant vous un architecte des Bâtiments de France, en général c’est une autre musique avec quelqu’un qui est parfaitement à son affaire et qui jugera d’un gratté d’enduit ou d’un fruit d’aplomb du premier coup d’œil. Maintenant il est vrai que ce dernier cas est assez particulier et concerne surtout l’ancien, le MH. Pour ce qui est du reste et pour faire rapide je nuancerai simplement : intéressons-nous à des architectes comme Barragan et son héritier Legoretta, Glenn Murcutt et tous ceux qui sont venus avec lui : l’architecture australienne actuelle à laquelle beaucoup de bâtiments de qualité doivent tant.
PS : Et votre description de votre cour avec vos profs m’a bien fait rire : on s’y croirait..
pour vous Gotfried, j’ai relevé ce morceau de R. Ricciotti, je pense qu’il vous plaira…
“Imbécillité terroriste des débats entre les architectes à propos de l’éloge de l’ordinaire érigé au rang de jihad contre l’appétit de beauté et aboutissant à une épuration historique du désir de forme et de sens. Les cours de doctrine des mollahs des écoles d’architectures ont participé pour beaucoup à cette guerre sainte et préparé le terrain à cette période de terreur HQE*: passage à tabac des pulsions esthétiques, égoisme collectif, vieillissement de l’imaginaire politique, effacement du désir de novation, anthropologie de la lacheté.”
mais vous voyez que certains architectes sont conscients et denoncent ce que vous execrez.
Griffon,
(image 3) …« une Aire de Stationnement avec conteneur eco-responsable qui..hummm..tout dans la suggestion et le non-dit, cache certainement une pissotière avec pastilles bleue « Senteurs du Sud ».
Une yourte en béton et 3 containers de tri sélectif. La yourte est tendance, tellement tendance qu’ils en mettent dans les campings***, il y a dorénavant « yourte and breakfast ».
La yourte est éco-responsable et sans racines, elle témoigne de votre désir de métissage culturel et de votre engagement pour la planète…
Tant pis s’il y a une aire d’autoroute ou un immeuble collectif hors champ, tout est dans le symbole.
Il me semble que vous avez faites un contre-sens. Ricciotti semble dire, en gros, qu’on bride la créativité. Moi je dis au contraire que tout est fait pour ériger la branlette intellectuelle comme l’aboutissement ultime de l’art de l’architecte. Et de mon expérience personnelle, je n’ai pas tellement eu l’impression qu’il y avait débat, au contraire, c’était plutôt assez unanime. Le simple terme de “pulsion esthétique” me semble assez parlant, on croirait lire la prose d’un génial artiste incompris, comme le monde moderne en produit par dizaines de milliers. Ce genre d’expression, à mon sens, n’a pas sa place dans la bouche ou sous la plume d’un architecte.
Il faut comprendre la puissance symbolique du compas et de l’équerre entre-croisés, qui est le symbole du compagnonnage, caractérisant les maîtres. L’architecte n’est pas caractérisé par la créativité, mais par la sagesse, une forme de vision supérieure. Cela s’est perdu peu à peu depuis les bâtisseurs de cathédrales, au fur et à mesure que l’architecture est devenue une carrière, pour finir par devenir une institution bourgeoise dont toute la science se limitait à réfléchir à comment charger le plus possible en éléments antiques les façades parisiennes. Une décadence en remplaçant une autre, la bourgeoisie s’est mise à faire de l’ “avant-garde”.
Menfin, ça m’énerve de m’énerver, moi je suis bien parmi les ouvriers auvergnats, qui sont simples sans malice, et je suis bien content d’avoir quitté le monde des pédants et des vaniteux inutiles. Dans le monde où je vis, en dehors du boulot, les patrons, les meilleurs ouvriers de France, les petits artisans, les ouvriers discutent à un pied d’égalité, car il y a du respect et peu de vanité. Il y a des querelles, mais pas de mépris. Je suis maintenant hors de porté de la négativité de ce monde pourri de l’architecture que je ne regrette aucunement, et loin de la capitale et de ses parfums capiteux qui en cachent l’odeur de merde. Moi, j’ai les montagnes, les volcans, les forêts et les plaines pour paysage maintenant, et le bois, le fer et le feu pour métier.
Sans rien y connaître au métier ni au milieu de l’architecture, je suis tout à fait d’accord avec l’idée générale selon laquelle la formation devrait se faire progressivement et au mérite.
Commencer en bas, et monter peu à peu, en s’orientant d’année en année vers les domaines d’activité et/ou les niveaux de responsabilité appropriés à chacun.
Après plus de 6 ans d’études, je me suis retrouvé à bosser sur des chaînes de production, à expliquer à des gusses dont c’était le métier depuis 40 ans que du jour au lendemain on allait bouleverser leur vie.
Il aurait été totalement légitime qu’un d’eux me passe dans la presse 5000 tonnes…
Le pire : dans les ateliers, il y a des lignes jaunes que je n’avais pas le droit de franchir, ce n’était pas dans mes qualif (alors que le premier intérimaire venu pouvait, lui). Un mec a failli crever sous mes yeux, je n’avais pas le droit de bouger. Et gueuler ne sert à rien, dans le bordel des machines.
Pourquoi ? Parce que j’ai été assez couillon pour m’endetter sur 10 ans pour me payer des diplômes.
Tout envoyé balader. Suis allé sonner à la première boîte d’intérim croisée. N’ont RIEN compris quand je leur ai montré mon cv, et que je leur demandais le premier boulot sans qualif qu’ils avaient.
J’ai fait près de 2 ans chez eux ; je n’ai JAMAIS manqué de travail. (Pour quelqu’un qui VEUT bosser et qui n’a pas peur d’y mettre les mains, ya du boulot…)
Commencé par ramasser la merde, et finit par des missions exceptionnelles (toujours sans qualif officielle…) : ma plus belle : 3 mois à faire de la charpente sur le toit du château de Versailles.
Maintenant, je vis dans un trou paumé, et je trais ma vache. (Entre autres, hein. Beaucoup d’autres.)
Quand j’ai un coup de blues, que je trouve la vie ben dure -et elle l’est parfois, j’appelle mes potes, l’un ingénieur projet chez Airbus, l’autre manager chez Veolia, ou bien responsable communication chantiers chez Bouygues Construction, etc, certains à près de 4kE / mois à moins de 30 ans (on est dans l’industrie, pas dans la finance, hein). Et je vais de suite beaucoup mieux. Et eux m’envient.
Sonia nous parlait du blog “Amoyquechault”, l’autre jour. Voilà tout ce que j’ai fui : une vie mesquine, alcoolisée, sans but, trop facile, où la seule souffrance est de ne même pas souffrir pour de vrai. Il écrit bien, le bougre !
D’ailleurs, s’il me lit, ce mystérieux blogueur, il peut quitter sa ville et venir me rejoindre : j’ai du boulot pour lui.
Pas payé, le boulot.
C’est le rendez-vous des “je-fous-tout-en-l-air” pour retrouver des vraies valeurs. On est bien d’accord la-dessus…
Par contre, je ne crois pas que la bonne solution soit la fuite radicale, mais l’observation détachée du monde qui nous entoure pour y voir le mal comme le bien. C’est à ce niveau que se situe une bonne nuance!!…sinon, on risque fort de tomber dans l’aigreur du sentiment d’avoir rater sa vie.
Si les ingenieurs d’airbus envient les “maçons de la Creuse”, c’est par pure convenance sociale, en soi ils n’en ont rien à faire et vous diront toujours un truc du genre “t’as bien de la chance, mais c’est pas pour moi, je suis trop nul pour traire une vache ou planter un clou”, avec ce petit air condescendant. Si notre société était à ce point clairvoyante, alors la vie serait belle et y aurait pas de crise.
A vous entendre, Gotfried et Pmalo, on comprend aussi que vous n’avez pas encore charge de famille avec 8 becs piaillants et affamés! Travailler gratuitement, à part dans un monastère, n’est pas vraiment un modèle à suivre pour le commun des mortels. L’indépendance financière est aussi la voie de la liberté, qui peut s’appliquer à tous les échelons de la société. Le travail gratuit en communauté me parait extremement dangereux dans l’aliénation physique puis psychologique! mais bon, c’est comme ça, vu de l’exterieur sans beaucoup d’info.
Pour en revenir à Ricciotti, il parle de brider la créativité dans le sens de la soumission aux normes HQE. D’ailleurs vous le disiez vous-memes: il fallait faire tomber les murs! donc on n’a pas accepté votre créativité, mais on bride la créativité dans un schéma nouveau de transparence qui est une nouvelle idéologie.
S’interesser à des belles architectures n’est pas forcement graviter dans un milieu pédant et vaniteux! Laissons le milieu et attachons-nous au beau.
Comme vous disait Johny, il est maçon indépendant, et en dehors de chantiers-client, il construit aussi pour son propre compte et dans ce cas, on cherche à construire des choses belles, nouvelles, écologiques, adaptées à l’environnement et non pas du rentable vite fait mal fait. C’est pourquoi on s’interesse à certains architectes qui ont de bonnes idées, parce que quoiqu’on en dise, certains ont vraiment du talent et un savoir-faire qui ne s’invente pas.
On peut tout autant admirer une piscine de ranch au Mexique par Barragan, qu’un certain faré javanais !
Pour A moy que chault, Pmalo, apres avoir pensé comme vous qu’il doit etre bien déprimé, je pense qu’au contraire, il denonce ce qu’il voit autour de lui de manière détachée et avec un humour qui nous pousse au mépris d’un certain milieu, sans pour autant le fuir, mais en s’y plongeant pour le ridiculiser. Il a une place de critique humoristique pas inutile qui deplait à beaucoup par sa justesse.
Si avoir huit becs piaillants et affamés à nourrir justifie toutes les prostitutions, il ne faut pas s’étonner qu’on en soit arrivé là. A la limite, ce serait même une apologie de la contraception, voire de l’avortement, que vous nous faîtes-là. L’indépendance financière est un faux concept, ne pas manquer d’argent n’est pas être indépendant, c’est ne pas en avoir besoin qui est une indépendance. On aimerait bien croire les conneries selon quoi notre travail créé de la valeur ajoutée, mais la réalité c’est que la rémunération n’est qu’un contrat d’échange: travail contre argent. L’argent n’est pas créé par le travail, puisqu’il y a un monopole d’émission réservé aux banques. L’indépendance financière, telle qu’usuellement conçue, est en fait une situation caractérisée par une dépendance financière tolérable (je gagne plus que je ne paye).
Cela dit, moi j’ai encore beau jeu de critiquer, par rapport à PMalo. Je vis du pognon inutile des gens, à faire en France et “artisanalement” des objets qui se font en Chine pour bien moins cher, et tout cela en m’appuyant sur le confort qu’offre le four et le moteur électrique, la facilité d’emploi de l’acier laminé sortant des aciéries industrielles, employant régulièrement des matériaux exotiques importés par avion ou cargo, et vendant sur internet. Rien à voir avec la cohérence d’un petit paysan, agriculteur éleveur quasiment autonome.
Gotfried,
frustration et immaturite sont peut-etre les excuses à votre propos tout-a-fait “sympathique”…
concernant votre cours d’economique à 2 balles, je vais juste vous expliquer un petit truc que vous n’avez apparemment pas developper depuis votre CE2: l’independance financiere. Elle ne consiste pas à gagner plus que ce que l’on depense, c’est simplement un calcul de bon sens, mais à etre maitre chez soi, c’est-a-dire à etre proprietaire de tous ses biens sans aucun recours aux banquiers. Pour ce qui est de la planche à billets, elle ne sert qu’a enrichir les banques pour permettre de preter aux etats afin d’etre remboursés des interets d’emprunt. Par contre le travail, lui, cree vraiment de la richesse et devrait meme suffire à faire tourner un pays.
Amusez-vous avec vos jolis couteaux auvergnats, et detendez-vous.
Tiens, je me demande qui paye les acces internet, electricite et tutti quanti de votre ami pmalo qui ne touche pas a l’argent…juste indirectement n’est-ce-pas? quelle hypocrisie!
Sonia, je vous demande qui change (directement ou indirectement, je m’en tamponne) les couches de vos marmots ?
Non.
Ne me parlez pas d’hypocrisie, je vous prie. Je ne touche pas un centime pour mon travail* , vous voudriez qu’en plus on me refuse le reste ?
Vous comprendrez que je ne souhaite en dire plus, cela m’obligerait à détailler davantage ma situation personnelle, or ce n’est ni le lieu ni le sujet.
Mais faites attention : il est des mots qui blessent.
*Travail qui non seulement ne détruit que si peu, mais crée de la VRAIE richesse -vous aurez compris qu’on ne parle pas là d’ “agriculture conventionnelle”, vous m’avez l’air assez au courant donc je vous passe les détails.
@PMalo
Tient, encore un bac +5 qui se tape sur les doigts aprés avoir compris certains trucs… Pas mal, pas mal, l’époque est pas si moche…
“Parce que j’ai été assez couillon pour m’endetter sur 10 ans pour me payer des diplômes.”
C’est effectivement balot. Et moi qui ne me suis jamais fait autant de fric qu’avec mon CAP de maçon… Alleeeez, je provoque, je cabotine… Mais c’est vrai : il ne faut pas avoir de complexe vis a vis de la thune. Elle est juste un moyen, essentiel pour son independance (combien de “décroissant” vont aller prendre un pret au credit agricole pour leur “retour à la terre”… pour vous expliquer qu’ils “sortent du systeme”…J’y vois beaucoup plus qu’une contradiction.) Si l’on ne veux pas recourire au pret, forme contemporaine du servage aux pharaons de ce temps, objectivement bien plus aliénante que les cliché des esclaves qui construisaient les pyramides, on y coupe pas : faut aller au charbon. Et ramasser suffisament d’oseille pour pouvoir reprendre à Cesar le bout de terre qu’il a escroqué à nos ancetres.
“Il écrit bien, le bougre !”
Amoyquechault n’ecris pas seulement bien, il ecrit surtout juste et c’est simplement jubilatoire… J’adore le coup du cendrier dans un de ses derniers billets “La parole et le geste”… Ca a du vous plaire aussi, non?? Je le trouve un peu penible quant il nous étale sa misere affective, mais il faut reconnaitre que meme alors les ronces ont de beaux fruits et que meme sur ses tas de fumiers les plus immondes poussent de biens belles fleurs. Peut etre sera t’il totalement credible lorsqu’il ira se faire trouer la peau chez les Karens ou qu’il se jettera dans un égout a St Germain. Mais pour ce qui semble etre un amateur (au sens de “qui aime” ) des troisiemes voies il me semble qu’il comprendra qu’il suffit peut etre de planter du blé sur trois hectares et de faire “huits becs piaillant et affamé” à celle qu’il aime pour s’endormir du someil du juste. Ce qui ne l’empechera pas un jour d’aller se faire trouer la peau si le coeur lui en dit.
“D’ailleurs, s’il me lit, ce mystérieux blogueur, il peut quitter sa ville et venir me rejoindre : j’ai du boulot pour lui.”
Hi! hi! je suis sur qu’il sera seduit… faites gaffe, il carbure pas à la Vittel.
Pmalo,
mon intention n’etait pas de vous blesser ni de vous juger. J’ai du mal m’exprimer, car je ne faisais que repondre à Gotfried sur l’apologie de son systeme du sans argent, selon lui le seul et unique qui soit valable, tout en vous prenant pour exemple. J’ai juste voulu lui faire comprendre que cette vision est hypocrite car vous utilisez de l’argent indirectement, à juste titre certes, mais on ne peut vivre dans cette societe sans argent, c’est pure utopie. Qu’on ne vienne donc pas me dire que le fait qu’on utilise l’argent pour payer ses factures soit une motivation au génocide! Le jour où l’on pourra s’acheter une maison avec des semi-remorques de patates, on en reparlera…
Par ailleurs votre situation ne regarde que vous, mais je doute qu’elle puisse s’appliquer à une famille. Mon but n’est pas de parler de situations exceptionnelles, mais de solutions applicables à tout un chacun.
Ps: Pour les couches des marmots, c’est toujours du direct, tout comme les soucis et les obligations, les responsabilités et les projets…blague!
pfffff…… encore des amateurs de caressage de sens de poils… Et j’ai meme pas été méchant.. T’as raison Pmalo : gueule et bouffe le gentil Bandoneon. Puis faudrait faire un blog : on appellerait ca “le Parking”… Dés que ca chie chez fromage : hop, sur le Parking…
Johny, “castagne sur le parking” ? Le parking design photographié par F+ en 2, celui avec le tire-bouchon géant bien kitsch ?
“caressage de sens de poils” ? Et hop, un petit coup d’encensoir à F+ :
Stop ! Pas plus ! Tu brilles trop ! (Rien que pour em**** la Nadine de Causeur qui n’aime pas)
En ajoutant que l’expression s’applique habituellement par ironie à une parole banale.
Exemple :
Si on vous dit : « Dés que ca chie chez fromage : hop, sur le Parking… »
Vous répondez : « Stop ! Pas plus ! Tu brilles trop ! »
Vous lui coupez la chique. Essayez, ça marche à tout coup..
Et bien continuons, puisqu’en fait et contrairement aux allégations du sieur Bandoneon, tout se passait fort bien… Alors? Le cendrier d’Amoyquechault? Les emprunts contractés au CA?
Excusez-moi, vers le commentaire 45, il me semblait que la discussion prenait un tour plus personnel en s’éloignant des photos, de l’architecture, de l’environnement urbain. Maintenant que j’ai vu les dingues du parking, ma remarque me semble, en effet, inconvenante.
Tiens, voilà que je lis sur le blog de l’autre dont nous causions : “Plus que quatre mois à tenir, pas le moment de gâcher 8 ans d’hypocrisie sociale… ”
Aurait-il pris une décision ?
A-t-il entendu mon invitation ?
T’as pas suivi bonhomme….. il ouvre un bar a Rome avec des potes… t’aurais été cherché le cendrier comme je t’avais dit t’aurais tilté.
Je t’avais dit qu’il carburait pas à la Vittel.
En plus, tient, pour que ta desillusion soit totale :
“Contre sa volonté, contre ses aspirations, contre ses lectures, contre ses rêves, il restait un indécrottable urbain qui ressentait plus de poésie dans la contemplation d’une fenêtre éclairée à 3 heures du matin au milieu de la façade d’un immeuble immense et assoupi que dans l’observation des étoiles. Si le grouillement de la masse l’écoeurait et lui devenait presque physiquement intolérable, les ombres se faufilant la nuit entre deux faisceaux de réverbères lui étaient familières et précieuses. Il aimait la lourde impassibilité des immeubles haussmaniens raccompagnant les amoureux vers le nid de leurs éphémères amours, il aimait le visage vaincu des solitaires regagnant leur douloureuse demeure et jetant des regards haineux et las aux couples croisés, il aimait les improbables intrigues qu’il imaginait se nouer dans les cabines téléphoniques utilisées à une heure si tardive, il aimait ce gigantesque ronflement de tant de gens paisibles et confiants, attendant sans horreur ni dégoût une nouvelle matinée, il aimait les corps tragiques et pouilleux recroquevillés sous les porches, qui lui rappelaient fort à propos ce qu’étaient les vraies misères, il aimait les ponts dont il ne se jetterait jamais, les imbéciles enseignes lumineuses qui l’assistaient dans le roulage de sa cigarette et les feuilles glissant sur le bitume qui n’étaient ni beaucoup plus égarées ni beaucoup plus inutiles que lui… ”
C’est bizzare, c’est pas la premiere fois qu’il parait “repondre”…. J’ai d’autres exemples en tete, mais bon, c’est beaucoup moins cordial, beaucoup plus saignant, ca va se terminer sur le parking avec certaines personnes d’ici et d’ailleurs… C’est pas chretien toussa…. MOUAHAHHAAAA
Ah! mais j’ai pas dit qu’il n’y avais pas de putes. Je soupconne d’ailleurs l’interresse d’un certain respect à l’endroit de ces personnes, ne vous déplaise. Quand aux Roms, il aurait tort de leur interdire sont estaminet : ils jouent trés bien du violon et la musique en general (ce qui n’est pas à negliger pour les tenanciers de ces etablissements) et, les connaissants, je pense qu’il s’entendrait fort bien avec eux. Maintenant je ne le connais peut etre pas assez, lui, vous en savez peut etre plus…
rhoooo…. faut pas… il fallait le lire mieux pour voir que de toute facon c’etait grillé. Vous avez lu tout ces textes? A mon humble avis je vous donne pas 10 min de discussion pour qu’il ramasse un cendrier ou que vous partiez sur un sermon facon pere Malo…
A part ca? Vous avez piteusement laché notre conversation cordiale sur les apports caché de la thune a notre liberation individuelle…
rhooo… faut pas.
Non, j’ai pas tout lu ; mais j’ai quand même réussi à y passer un bon bout de nuit, scotché. J’aime beaucoup, et y retourne maintenant très régulièrement depuis deux-trois semaines.
Quant à ma capacité à faire des sermons, cela ne le concerne pas : ce n’est pas un blog d’idées, il n’y a pas ou peu de théories, juste des tranches de vie étalées sans complaisance. Des faits, rien que des faits, et les faits n’ont ni tort ni raison, ils sont. Je les goûte avec un plaisir mêlé d’effroi tels qu’ils nous sont présentés.
Notre discussion ? J’ai un peu perdu le fil à cause de ce petit importun inopportun et ses histoires de parkinge.
Mercredi 28 septembre 2011 at 12:28
Vous avez raison, FromagePlus, mieux vaut de belles images, chez Taddéi, le Flore récite sa mantra :
Jean Michel Ribes :
« Les institutions les plus stables montrent qu’elles changent »
(= refrain du progressisme de la gauche vers le Grand Soir)
« Face à l’impérialisme du marché, la gauche plus solidaire fait bouger cette Assemblée »
(= toujours plus de dette)
Rony Braumann :
« On vit mieux lorsque la justice sociale est le but de la politique, à droite, on fait de l’injustice un moteur, de l’inégalité un carburant de la croissance »
(= tous égaux dans un régime socialiste, pauvres mais dignes, la croissance providentielle, on peut toujours rêver).
Mercredi 28 septembre 2011 at 2:04
Bordel, leur “zone Vigilis” fait carrément flipper!
Ce genre de totalitarisme voyeur sous couvert de bien public me fait immédiatement penser à la phrase “Who watches the watchers?”/”Quis custodiet ispos custodes?”.
I am the eye on the ground, freaking at you… (sur l’air d’Eye in the Sky, bien entendu).
Quand aux valeurs profondes de Lille Métropole, on dirait que ce sont les mêmes que celles de tous les amis du Bien. Une profondeur qui remonte à 68, lorsqu’ils se faisaient tourner le pilon, promettant que la Révolution serait pour demain. Quarante an plus tard, c’est avec les slogans et les délires de leur jeunesse mao-canabique qu’ils se payent des costards italiens et des berlines allemandes, dans leurs vies de publicitaires, d’élus, ou d’architectes partagées entre coke, pipes et pot-de-vins.
Mercredi 28 septembre 2011 at 5:59
Les jardins à la Fwançaise de Villandry…
Mercredi 28 septembre 2011 at 8:34
l’ecriteau “Education officielle” est lourd de sous entendus aussi
Mercredi 28 septembre 2011 at 8:35
“enseignement officiel” pardon :s
Mercredi 28 septembre 2011 at 9:43
Gotfried,
La vigilance citoyenne, c’est bien, il faut dénoncer sans relâche le racisme, l’islamophobie, l’homophobie du Français et le trainer devant les tribunaux.
Les retraités qui s’organisent pour faire des rondes dans le quartier, afin de cesser de se faire cambrioler, c’est mal, ce sont des milices nazies.
La transparence est une exigence morale, surtout quant il s’agit des adversaires politiques.
Les caméras de surveillance sont big brother et la preuve de l’impérialisme des marchés financiers.
Mercredi 28 septembre 2011 at 3:52
Il y a du belge dans tout ça si je ne m’abuse ?
Mercredi 28 septembre 2011 at 5:40
Ambiorix,
Oui, il y a du belge : la zone Vigilis est dans le quartier des bureaucrates de l’Union Européenne à Bruxelles [tout un symbole] ; ensuite vous avez la Grand-Place ; et les deux suivantes ont été prises dans les rues de Bruxelles.
Mercredi 28 septembre 2011 at 7:12
Je suis sûr qu’il y a un article à écrire sur la morale et l’architecture. Par exemple, les ponts apparaissent comme des ouvrages éminemment moraux. Et parmi les ponts, l’on préférera les ponts suspendus, tendus vers l’autre rive, plutôt que les ponts qui agressent l’environnement de leurs piliers. La mode est aussi à la transparence (cf. la fondation Cartier à Paris) et aux grandes fenêtres pour plus d’ouverture au monde. A l’inverse, les murs sont immoraux car ils mettent une frontière entre soi et l’Autre. Et les ouvrages fortifiés, les donjons, les châteaux cathares, représentent le summum de l’intolérance, du mépris, de l’entre-soi et de l’élitisme.
Mercredi 28 septembre 2011 at 8:12
@ Derville, bien vu le parallèle entre morale et architecture. La mode est à la transparence mais aussi au nivellement par le bas, pour ne pas dire à la démolition. On abat nos vieilles pierres comme on terrasse nos vieilles valeurs.
Mercredi 28 septembre 2011 at 9:04
Bon à part l’éléphant bizarre qui à l’air sympa à voir, on voit que l’architecture môderne pue du cul…
Mercredi 28 septembre 2011 at 9:56
Et bien!
Résumons, les Cages à lapin pour Homo-Modernus, une pancarte “Big Brother vous guette”, la propagande Lilloise Multicul, une Aire de Stationnement avec conteneur eco-responsable qui..hummm..tout dans la suggestion et le non-dit, cache certainement une pissotière avec pastilles bleue “Senteurs du Sud”.
Bon, il est pour quand ce suicide collectif ?
Heureusement que l’éléphant est là!!
Mercredi 28 septembre 2011 at 9:58
F+,
Maintenant que vous êtes dans le Nord, je vous laisse profiter/vomir sur ces concepts de la gauche bien de chez nous : la route durable.
lire page 12 (et constater la connerie de ce projet qui coûte des millions d’euros pour contourner – aka “passer juste derrière” – un bled de 500 âmes) : http://www.cg59.fr/FrontOffice/UserFiles/File/magazine_le_nord/2011/nord247.pdf
A vomir, disais-je.
Mercredi 28 septembre 2011 at 10:01
Ok, 1.469 habitants.
Source : http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/commune.asp?depcom=59126&annee=2008
Mercredi 28 septembre 2011 at 10:53
Pas mal, cette photo : http://fromageplus.files.wordpress.com/2011/09/imag2658.jpg . Bien sûr, dire que les francs-maçons ont une influence qui dépasse largement le nombre de leurs membres est du “conspirationnisme”…
Jeudi 29 septembre 2011 at 12:00
@Derville
Vous ne romancez qu’à peine. J’ai été en école d’architecture, un an et un peu plus d’un semestre, après j’ai pété les plombs, me faire ouvrier en Auvergne. Je vais mieux. Mais la mentalité des profs d’archi était parfois tout à fait sidérante. On avait un projet à la con (le cours de projet est, en gros, le corps de l’enseignement en architecture), on nous donnait une photo, il fallait imaginer une topologie, un lieu, puis y mettre une baraque avec une méga cheminée qui devait être l’âme de la maison.
Un peu par inadvertance, simplement parce que j’avais un plan carré, j’avais fait un truc assez marrant, avec une sorte de loggia d’artiste ou de plaisance au dernier étage, de grandes pièces distribuées assez simplement, enfin, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais une baraque largement vivable (et si on imaginait en plus un point de vue en hauteur sur un paysage méditerranéen, avec les cyprès qui ondulent nonchalamment et un ciel azur parfait, on était pas loin du bonheur terrestre).
Au début, malgré la faiblesse de la maquette (ce n’était vraiment pas mon fort), les deux profs ont apprécié, disant que çà faisait Palladio. Forcément, j’étais flatté. Mais immédiatement, ils se sont mis à trouver des problèmes, à dire qu’il fallait que je me lâche (textuellement, ça restera gravé dans ma mémoire à vie). Et là, un des profs saisit la maquette qui m’avait coûté une nuit blanche pas possible, et se met à dire que lui, il préfèrerais profiter du paysage, plutôt que de subir ces murs qui occultent la vue (j’avais pourtant collé de belles baies, larges et hautes), et pourquoi pas faire quelque chose comme ça, dit-il en arrachant négligemment les deux murs extérieurs du salon et de la cuisine.
Si, si, à son sens, il fallait se poser la question de savoir s’il n’était pas préférable d’avoir l’impression d’être dehors quelle que soit notre humeur et l’époque de l’année, malgré la grande loggia (deux tiers du dernier étage et ouverte sur trois cotés) sous le toit. En hiver, il fallait subir la vision de la neige, de la nuit qui tombe tôt et de la faible lumière, des arbres morts, et être victime en été de l’assommante lourdeur solaire de certains jours, de son éclat aveuglant, être exposé à sa chaleur épuisante, et en toute saison renoncer à son intimité. Renoncer au foyer, comme refuge de l’homme, comme cocon sacré où s’éloigner du monde, ou retrouver quelque chose du ventre maternel.
Je pense que c’est à ce moment que j’ai tout à fait réalisé que je ne pouvais vivre parmi ces gens-là.
Jeudi 29 septembre 2011 at 10:56
Ambiorix et Fromage :
C’est du belge, la photo 1 très Magritte. Via Nantes avec l’éléphant articulé.
Les 2 -3-11-14 : Peter Klasen ?
5-6-7 : De Chirico ?
13 : Basquiat !!!
Représentations urbaines évoquant le minéral, le métal, le froid, l’injonction, l’inhumain.
Jeudi 29 septembre 2011 at 1:41
Merci.
Jeudi 29 septembre 2011 at 4:13
Fromage,
vous dite n’avoir pas grand chose à nous raconter, mais les Modernes, eux, ne manquent pas d’idées géniales. Vous avez probablement entendu parler de l’initiative de la BBC de remplacer les références BC (Before Christ) et AD (Anno Domini) dans les dates par des expression qui ne risqueraient pas de choquer les pauvres auditeurs non-chrétiens :
http://www.telegraph.co.uk/news/religion/8787311/BBC-drops-Anno-Domini-and-Before-Christ-to-avoid-offending-non-Christians.html
Mais bon, on reste en 2011 quand même, donc la référence 0 de la chronologie reste la naissance du Christ. Et si on leur proposer de ressortir du congélo le calendrier républicain ?
Jeudi 29 septembre 2011 at 4:15
Pardon, je ne m’étais pas relu :
“Vous dites…”
“…des expressions…”
“…on leur proposait…”
C’est moche.
Vendredi 30 septembre 2011 at 5:24
7eme photo: architecture moderne pas si moche que ça…
Franchement depuis une petite dizaine d’années, on commence à faire des trucs vraiment chouettes: couleurs, formes, choix des matériaux.
Je suis d’accord qu’on a eu et qu’on a toujours une vague de laideur idéologiquement voulue, mais certains architectes retrouvent leur liberté créatrice, et c’est pas plus mal.
Vendredi 30 septembre 2011 at 8:17
Sonia, vous m’étonnez.
Vendredi 30 septembre 2011 at 10:18
C’est pas des batiments de Rudy Riccioti la cinquieme photo? Il me semble reconnaitre sa manie des “ouvertures ornementales”. Sur d’autres batiments il me semble que c’est peut etre plus reussi… Il a fait des trucs trés theatral, et assez poetique sur un batiment dans le sud : des especes de tronc d’arbre en beton soutenant une immense dalle. Il a aussi ecrit avec un talent indeniable des pamphlets dont un contre les normes HQE, totalement jubilatoire. J’irai jusqu’a dire qu’il y a des relents de bleu d’auvergne..
Vendredi 30 septembre 2011 at 11:14
Assez d’accord avec Sonia, les horreurs architecturales datent des années 70, de l’aubaine des cités de banlieue à construire n’importe comment sur deux-trois concepts corbusiens vite baclés.
Il y a de l’amélioration avec la nouvelle génération d’architectes.
Le problème me semble plutôt dans les normes écologiques, si bien que des éco-quartiers surgissent, aussi baclés que les cités des années 70. Les mots magiques sont : CO2, photovoltaïque, poêle à granulés, matériaux durables recyclables et équitables, basse consommation, label bbc, fiscalité verte.
Vendredi 30 septembre 2011 at 1:03
@ Bandoneon
allez voir ce qu’en dit Riccioti des normes HQE..
Vendredi 30 septembre 2011 at 1:45
Je reconnais Euralille et ses quatre tours-cheminées (je rappelle que le but de l’architecte était bien de faire ressembler son truc à un paquebot). Y a aussi LAM juste avant, réservoir à art contemporain, où l’on retrouve le même public qu’au tri postal…
Samedi 1 octobre 2011 at 8:07
Personnellement, et pour avoir eu le nez dedans, je soutiens que les architectes forment une caste dont on peut se passer. Principalement parce que ce sont des lâches. Ils ont laissé apparaître une dichotomie monstrueuse entre la grosse construction publique, les chantiers où ils peuvent s’éclater et faire leurs conneries, et la petite construction banale, non spectaculaire, à pas cher, pour tout le monde. Ils ont quasiment délaissé les “vrais gens”, les abandonnant à Bouygues, à maisons Phénix et autres. Tout a été fait pour éradiquer la construction vernaculaire, mais personne ne s’est jamais vraiment soucié de la remplacer par quelque chose qui au moins justifie ce sacrifice.
L’architecte est devenu un artiste, surtout depuis, qu’en gros, il est incompétent à élaborer chaque aspect du projet (les calculs sont confiés à des bureaux d’ingénieurs, évidement). Son orgueil gonfle à mesure de son incapacité, et il se sent forcé de mettre sa touche là où elle n’aurait pas lieu d’être. Il part dans des délires conceptuels qui forment la partie inutile du projet, et se déleste des formalités chiantes auprès de mecs qui n’ont pas leur mot à dire. Un peu comme certains designers, qui créent une forme, puis la balancent aux techniciens en leur disant: “Vas-y, fabrique moi ça!”.
A mon sens, la formation d’architecte devrait se faire comme le compagnonnage des temps anciens, en passant par trois stades: apprenti (ce serait ouvrier, pour bouffer la pénibilité, comprendre le prix et le sens du travail), compagnon (en tant qu’ingénieur dénué de tout droit de création, occupé au calcul), et seulement enfin maitre, qui serait le stade ultime, l’architecte, le compas aux branches croisées avec celles de l’équerre (et pas dessus l’équerre), la technicité et la créativité, l’esprit et la matière réconciliés. Sans ça, les architectes resteront des artistes infatués.
Samedi 1 octobre 2011 at 10:19
Gotfried,
je suis tout à fait d’accord avec vous sur la formation en trois phases des architectes. On en sait quelques choses…
Toutefois, cela n’empeche pas que certaines constructions modernes soient belles. J’ai en tete un college, par exemple, dont des batiments r+1 s’échelonnent sur un terrain pentu donnant une impression de petit village, dont l’entrée majestueuse ne jure pas, mais invite fièrement les élèves au respect. J’ai aussi certains petits immeubles sociaux avec des toitures décalées, des petits balcons colorés posés de façon à ce que les gens soient en parfaite intimité, sans voir ce qu’il y a dans l’assiette du voisin. Des ouvertures assymétriques sans ennui. Des salles de sport originales bien loin du dock rectangulaire gris et insipide.
De plus tous les architectes ne sont pas des artistes infatués, il y a de tout…actuellement on travaille avec un gars qui effectivement demande au maçon de lui dessiner un escalier pour l’intégrer dans le batiment existant, mais il reste conscient de ses limites.
Samedi 1 octobre 2011 at 12:33
@ Gotfried
C’est marrant on a beaucoup de choses en commun sur le parcours ( j’ai fait 5 ans d’études de graphisme dont deux premières années en tronc commun avec les sections archi, et je suis maintenant maçon depuis presque une dizaine d’années. J’ai pratiqué mon métier de graphiste on va dire… allez, huit mois… ). En plus dans ma famille le papa, le tonton, la mama, ils sont TOUS architectes…. c’est dire si je suis dans le bain.
Complètement d’accord avec vous sur l’impression générale des architectes et comme vous je suis maoïste : tous les archis devraient passer leur permis brouette pendant au moins 2 ans avec tous les corps de métiers. Et la pelle et la pioche pour leur faire savoir ce que c’est que bobo le dos et bien dormir la nuit. Ça éviterait pas mal de déconvenues à tout le monde et beaucoup d’entre eux passeraient un peu moins pour des cons lors des réunions de chantiers. On est parfaitement d’accord, passons.
Il n’en demeure pas moins vrai que le rôle de l’architecte n’en reste pas moins essentiel. D’abord ce que nous disons ici est surtout valable pour les architectes d’aujourd’hui, les jeunes. Quand vous avez devant vous un architecte des Bâtiments de France, en général c’est une autre musique avec quelqu’un qui est parfaitement à son affaire et qui jugera d’un gratté d’enduit ou d’un fruit d’aplomb du premier coup d’œil. Maintenant il est vrai que ce dernier cas est assez particulier et concerne surtout l’ancien, le MH. Pour ce qui est du reste et pour faire rapide je nuancerai simplement : intéressons-nous à des architectes comme Barragan et son héritier Legoretta, Glenn Murcutt et tous ceux qui sont venus avec lui : l’architecture australienne actuelle à laquelle beaucoup de bâtiments de qualité doivent tant.
PS : Et votre description de votre cour avec vos profs m’a bien fait rire : on s’y croirait..
Dimanche 2 octobre 2011 at 8:01
pour vous Gotfried, j’ai relevé ce morceau de R. Ricciotti, je pense qu’il vous plaira…
“Imbécillité terroriste des débats entre les architectes à propos de l’éloge de l’ordinaire érigé au rang de jihad contre l’appétit de beauté et aboutissant à une épuration historique du désir de forme et de sens. Les cours de doctrine des mollahs des écoles d’architectures ont participé pour beaucoup à cette guerre sainte et préparé le terrain à cette période de terreur HQE*: passage à tabac des pulsions esthétiques, égoisme collectif, vieillissement de l’imaginaire politique, effacement du désir de novation, anthropologie de la lacheté.”
mais vous voyez que certains architectes sont conscients et denoncent ce que vous execrez.
Dimanche 2 octobre 2011 at 9:36
Griffon,
(image 3) …« une Aire de Stationnement avec conteneur eco-responsable qui..hummm..tout dans la suggestion et le non-dit, cache certainement une pissotière avec pastilles bleue « Senteurs du Sud ».
Une yourte en béton et 3 containers de tri sélectif. La yourte est tendance, tellement tendance qu’ils en mettent dans les campings***, il y a dorénavant « yourte and breakfast ».
La yourte est éco-responsable et sans racines, elle témoigne de votre désir de métissage culturel et de votre engagement pour la planète…
Tant pis s’il y a une aire d’autoroute ou un immeuble collectif hors champ, tout est dans le symbole.
Dimanche 2 octobre 2011 at 12:38
@Sonia
Il me semble que vous avez faites un contre-sens. Ricciotti semble dire, en gros, qu’on bride la créativité. Moi je dis au contraire que tout est fait pour ériger la branlette intellectuelle comme l’aboutissement ultime de l’art de l’architecte. Et de mon expérience personnelle, je n’ai pas tellement eu l’impression qu’il y avait débat, au contraire, c’était plutôt assez unanime. Le simple terme de “pulsion esthétique” me semble assez parlant, on croirait lire la prose d’un génial artiste incompris, comme le monde moderne en produit par dizaines de milliers. Ce genre d’expression, à mon sens, n’a pas sa place dans la bouche ou sous la plume d’un architecte.
Il faut comprendre la puissance symbolique du compas et de l’équerre entre-croisés, qui est le symbole du compagnonnage, caractérisant les maîtres. L’architecte n’est pas caractérisé par la créativité, mais par la sagesse, une forme de vision supérieure. Cela s’est perdu peu à peu depuis les bâtisseurs de cathédrales, au fur et à mesure que l’architecture est devenue une carrière, pour finir par devenir une institution bourgeoise dont toute la science se limitait à réfléchir à comment charger le plus possible en éléments antiques les façades parisiennes. Une décadence en remplaçant une autre, la bourgeoisie s’est mise à faire de l’ “avant-garde”.
Menfin, ça m’énerve de m’énerver, moi je suis bien parmi les ouvriers auvergnats, qui sont simples sans malice, et je suis bien content d’avoir quitté le monde des pédants et des vaniteux inutiles. Dans le monde où je vis, en dehors du boulot, les patrons, les meilleurs ouvriers de France, les petits artisans, les ouvriers discutent à un pied d’égalité, car il y a du respect et peu de vanité. Il y a des querelles, mais pas de mépris. Je suis maintenant hors de porté de la négativité de ce monde pourri de l’architecture que je ne regrette aucunement, et loin de la capitale et de ses parfums capiteux qui en cachent l’odeur de merde. Moi, j’ai les montagnes, les volcans, les forêts et les plaines pour paysage maintenant, et le bois, le fer et le feu pour métier.
Dimanche 2 octobre 2011 at 8:08
Sans rien y connaître au métier ni au milieu de l’architecture, je suis tout à fait d’accord avec l’idée générale selon laquelle la formation devrait se faire progressivement et au mérite.
Commencer en bas, et monter peu à peu, en s’orientant d’année en année vers les domaines d’activité et/ou les niveaux de responsabilité appropriés à chacun.
Après plus de 6 ans d’études, je me suis retrouvé à bosser sur des chaînes de production, à expliquer à des gusses dont c’était le métier depuis 40 ans que du jour au lendemain on allait bouleverser leur vie.
Il aurait été totalement légitime qu’un d’eux me passe dans la presse 5000 tonnes…
Le pire : dans les ateliers, il y a des lignes jaunes que je n’avais pas le droit de franchir, ce n’était pas dans mes qualif (alors que le premier intérimaire venu pouvait, lui). Un mec a failli crever sous mes yeux, je n’avais pas le droit de bouger. Et gueuler ne sert à rien, dans le bordel des machines.
Pourquoi ? Parce que j’ai été assez couillon pour m’endetter sur 10 ans pour me payer des diplômes.
Tout envoyé balader. Suis allé sonner à la première boîte d’intérim croisée. N’ont RIEN compris quand je leur ai montré mon cv, et que je leur demandais le premier boulot sans qualif qu’ils avaient.
J’ai fait près de 2 ans chez eux ; je n’ai JAMAIS manqué de travail. (Pour quelqu’un qui VEUT bosser et qui n’a pas peur d’y mettre les mains, ya du boulot…)
Commencé par ramasser la merde, et finit par des missions exceptionnelles (toujours sans qualif officielle…) : ma plus belle : 3 mois à faire de la charpente sur le toit du château de Versailles.
Maintenant, je vis dans un trou paumé, et je trais ma vache. (Entre autres, hein. Beaucoup d’autres.)
Quand j’ai un coup de blues, que je trouve la vie ben dure -et elle l’est parfois, j’appelle mes potes, l’un ingénieur projet chez Airbus, l’autre manager chez Veolia, ou bien responsable communication chantiers chez Bouygues Construction, etc, certains à près de 4kE / mois à moins de 30 ans (on est dans l’industrie, pas dans la finance, hein). Et je vais de suite beaucoup mieux. Et eux m’envient.
Sonia nous parlait du blog “Amoyquechault”, l’autre jour. Voilà tout ce que j’ai fui : une vie mesquine, alcoolisée, sans but, trop facile, où la seule souffrance est de ne même pas souffrir pour de vrai. Il écrit bien, le bougre !
D’ailleurs, s’il me lit, ce mystérieux blogueur, il peut quitter sa ville et venir me rejoindre : j’ai du boulot pour lui.
Pas payé, le boulot.
Lundi 3 octobre 2011 at 12:19
C’est le rendez-vous des “je-fous-tout-en-l-air” pour retrouver des vraies valeurs. On est bien d’accord la-dessus…
Par contre, je ne crois pas que la bonne solution soit la fuite radicale, mais l’observation détachée du monde qui nous entoure pour y voir le mal comme le bien. C’est à ce niveau que se situe une bonne nuance!!…sinon, on risque fort de tomber dans l’aigreur du sentiment d’avoir rater sa vie.
Si les ingenieurs d’airbus envient les “maçons de la Creuse”, c’est par pure convenance sociale, en soi ils n’en ont rien à faire et vous diront toujours un truc du genre “t’as bien de la chance, mais c’est pas pour moi, je suis trop nul pour traire une vache ou planter un clou”, avec ce petit air condescendant. Si notre société était à ce point clairvoyante, alors la vie serait belle et y aurait pas de crise.
A vous entendre, Gotfried et Pmalo, on comprend aussi que vous n’avez pas encore charge de famille avec 8 becs piaillants et affamés! Travailler gratuitement, à part dans un monastère, n’est pas vraiment un modèle à suivre pour le commun des mortels. L’indépendance financière est aussi la voie de la liberté, qui peut s’appliquer à tous les échelons de la société. Le travail gratuit en communauté me parait extremement dangereux dans l’aliénation physique puis psychologique! mais bon, c’est comme ça, vu de l’exterieur sans beaucoup d’info.
Pour en revenir à Ricciotti, il parle de brider la créativité dans le sens de la soumission aux normes HQE. D’ailleurs vous le disiez vous-memes: il fallait faire tomber les murs! donc on n’a pas accepté votre créativité, mais on bride la créativité dans un schéma nouveau de transparence qui est une nouvelle idéologie.
S’interesser à des belles architectures n’est pas forcement graviter dans un milieu pédant et vaniteux! Laissons le milieu et attachons-nous au beau.
Comme vous disait Johny, il est maçon indépendant, et en dehors de chantiers-client, il construit aussi pour son propre compte et dans ce cas, on cherche à construire des choses belles, nouvelles, écologiques, adaptées à l’environnement et non pas du rentable vite fait mal fait. C’est pourquoi on s’interesse à certains architectes qui ont de bonnes idées, parce que quoiqu’on en dise, certains ont vraiment du talent et un savoir-faire qui ne s’invente pas.
On peut tout autant admirer une piscine de ranch au Mexique par Barragan, qu’un certain faré javanais !
Pour A moy que chault, Pmalo, apres avoir pensé comme vous qu’il doit etre bien déprimé, je pense qu’au contraire, il denonce ce qu’il voit autour de lui de manière détachée et avec un humour qui nous pousse au mépris d’un certain milieu, sans pour autant le fuir, mais en s’y plongeant pour le ridiculiser. Il a une place de critique humoristique pas inutile qui deplait à beaucoup par sa justesse.
Lundi 3 octobre 2011 at 1:20
Si avoir huit becs piaillants et affamés à nourrir justifie toutes les prostitutions, il ne faut pas s’étonner qu’on en soit arrivé là. A la limite, ce serait même une apologie de la contraception, voire de l’avortement, que vous nous faîtes-là. L’indépendance financière est un faux concept, ne pas manquer d’argent n’est pas être indépendant, c’est ne pas en avoir besoin qui est une indépendance. On aimerait bien croire les conneries selon quoi notre travail créé de la valeur ajoutée, mais la réalité c’est que la rémunération n’est qu’un contrat d’échange: travail contre argent. L’argent n’est pas créé par le travail, puisqu’il y a un monopole d’émission réservé aux banques. L’indépendance financière, telle qu’usuellement conçue, est en fait une situation caractérisée par une dépendance financière tolérable (je gagne plus que je ne paye).
Cela dit, moi j’ai encore beau jeu de critiquer, par rapport à PMalo. Je vis du pognon inutile des gens, à faire en France et “artisanalement” des objets qui se font en Chine pour bien moins cher, et tout cela en m’appuyant sur le confort qu’offre le four et le moteur électrique, la facilité d’emploi de l’acier laminé sortant des aciéries industrielles, employant régulièrement des matériaux exotiques importés par avion ou cargo, et vendant sur internet. Rien à voir avec la cohérence d’un petit paysan, agriculteur éleveur quasiment autonome.
Lundi 3 octobre 2011 at 4:54
Très tarkovskienne, la photo de la poupée dans l’eau…
bav.
Lundi 3 octobre 2011 at 9:04
Gotfried,
frustration et immaturite sont peut-etre les excuses à votre propos tout-a-fait “sympathique”…
concernant votre cours d’economique à 2 balles, je vais juste vous expliquer un petit truc que vous n’avez apparemment pas developper depuis votre CE2: l’independance financiere. Elle ne consiste pas à gagner plus que ce que l’on depense, c’est simplement un calcul de bon sens, mais à etre maitre chez soi, c’est-a-dire à etre proprietaire de tous ses biens sans aucun recours aux banquiers. Pour ce qui est de la planche à billets, elle ne sert qu’a enrichir les banques pour permettre de preter aux etats afin d’etre remboursés des interets d’emprunt. Par contre le travail, lui, cree vraiment de la richesse et devrait meme suffire à faire tourner un pays.
Amusez-vous avec vos jolis couteaux auvergnats, et detendez-vous.
Tiens, je me demande qui paye les acces internet, electricite et tutti quanti de votre ami pmalo qui ne touche pas a l’argent…juste indirectement n’est-ce-pas? quelle hypocrisie!
Mardi 4 octobre 2011 at 12:10
@ Griffon: “- Heureusement que l’éléphant est là!!”
Et encore ! Il est peut être homosexuel et seul militant transgenre dans sa savane natale !
Mardi 4 octobre 2011 at 12:19
Sonia, je vous demande qui change (directement ou indirectement, je m’en tamponne) les couches de vos marmots ?
Non.
Ne me parlez pas d’hypocrisie, je vous prie. Je ne touche pas un centime pour mon travail* , vous voudriez qu’en plus on me refuse le reste ?
Vous comprendrez que je ne souhaite en dire plus, cela m’obligerait à détailler davantage ma situation personnelle, or ce n’est ni le lieu ni le sujet.
Mais faites attention : il est des mots qui blessent.
*Travail qui non seulement ne détruit que si peu, mais crée de la VRAIE richesse -vous aurez compris qu’on ne parle pas là d’ “agriculture conventionnelle”, vous m’avez l’air assez au courant donc je vous passe les détails.
Mardi 4 octobre 2011 at 12:41
@PMalo
Tient, encore un bac +5 qui se tape sur les doigts aprés avoir compris certains trucs… Pas mal, pas mal, l’époque est pas si moche…
“Parce que j’ai été assez couillon pour m’endetter sur 10 ans pour me payer des diplômes.”
C’est effectivement balot. Et moi qui ne me suis jamais fait autant de fric qu’avec mon CAP de maçon… Alleeeez, je provoque, je cabotine… Mais c’est vrai : il ne faut pas avoir de complexe vis a vis de la thune. Elle est juste un moyen, essentiel pour son independance (combien de “décroissant” vont aller prendre un pret au credit agricole pour leur “retour à la terre”… pour vous expliquer qu’ils “sortent du systeme”…J’y vois beaucoup plus qu’une contradiction.) Si l’on ne veux pas recourire au pret, forme contemporaine du servage aux pharaons de ce temps, objectivement bien plus aliénante que les cliché des esclaves qui construisaient les pyramides, on y coupe pas : faut aller au charbon. Et ramasser suffisament d’oseille pour pouvoir reprendre à Cesar le bout de terre qu’il a escroqué à nos ancetres.
“Il écrit bien, le bougre !”
Amoyquechault n’ecris pas seulement bien, il ecrit surtout juste et c’est simplement jubilatoire… J’adore le coup du cendrier dans un de ses derniers billets “La parole et le geste”… Ca a du vous plaire aussi, non?? Je le trouve un peu penible quant il nous étale sa misere affective, mais il faut reconnaitre que meme alors les ronces ont de beaux fruits et que meme sur ses tas de fumiers les plus immondes poussent de biens belles fleurs. Peut etre sera t’il totalement credible lorsqu’il ira se faire trouer la peau chez les Karens ou qu’il se jettera dans un égout a St Germain. Mais pour ce qui semble etre un amateur (au sens de “qui aime” ) des troisiemes voies il me semble qu’il comprendra qu’il suffit peut etre de planter du blé sur trois hectares et de faire “huits becs piaillant et affamé” à celle qu’il aime pour s’endormir du someil du juste. Ce qui ne l’empechera pas un jour d’aller se faire trouer la peau si le coeur lui en dit.
“D’ailleurs, s’il me lit, ce mystérieux blogueur, il peut quitter sa ville et venir me rejoindre : j’ai du boulot pour lui.”
Hi! hi! je suis sur qu’il sera seduit… faites gaffe, il carbure pas à la Vittel.
Mardi 4 octobre 2011 at 8:57
Pmalo,
mon intention n’etait pas de vous blesser ni de vous juger. J’ai du mal m’exprimer, car je ne faisais que repondre à Gotfried sur l’apologie de son systeme du sans argent, selon lui le seul et unique qui soit valable, tout en vous prenant pour exemple. J’ai juste voulu lui faire comprendre que cette vision est hypocrite car vous utilisez de l’argent indirectement, à juste titre certes, mais on ne peut vivre dans cette societe sans argent, c’est pure utopie. Qu’on ne vienne donc pas me dire que le fait qu’on utilise l’argent pour payer ses factures soit une motivation au génocide! Le jour où l’on pourra s’acheter une maison avec des semi-remorques de patates, on en reparlera…
Par ailleurs votre situation ne regarde que vous, mais je doute qu’elle puisse s’appliquer à une famille. Mon but n’est pas de parler de situations exceptionnelles, mais de solutions applicables à tout un chacun.
Ps: Pour les couches des marmots, c’est toujours du direct, tout comme les soucis et les obligations, les responsabilités et les projets…blague!
Mercredi 5 octobre 2011 at 10:01
Surréaliste. Vous avez vos blogs : pourquoi venez-vous régler vos comptes chez Fromage ?
Mercredi 5 octobre 2011 at 12:53
On se démène pour rendre ce blog vivant, et en plus on se fait engueuler ??
F+ devrait nous remercier.
Et puis, je n’ai pas de blog.
Mercredi 5 octobre 2011 at 7:48
Ca chicore dans tous les coins!
Mercredi 5 octobre 2011 at 9:15
pfffff…… encore des amateurs de caressage de sens de poils… Et j’ai meme pas été méchant.. T’as raison Pmalo : gueule et bouffe le gentil Bandoneon. Puis faudrait faire un blog : on appellerait ca “le Parking”… Dés que ca chie chez fromage : hop, sur le Parking…
Mercredi 5 octobre 2011 at 10:03
Johny, “castagne sur le parking” ? Le parking design photographié par F+ en 2, celui avec le tire-bouchon géant bien kitsch ?
“caressage de sens de poils” ? Et hop, un petit coup d’encensoir à F+ :
Stop ! Pas plus ! Tu brilles trop ! (Rien que pour em**** la Nadine de Causeur qui n’aime pas)
En ajoutant que l’expression s’applique habituellement par ironie à une parole banale.
Exemple :
Si on vous dit : « Dés que ca chie chez fromage : hop, sur le Parking… »
Vous répondez : « Stop ! Pas plus ! Tu brilles trop ! »
Vous lui coupez la chique. Essayez, ça marche à tout coup..
Jeudi 6 octobre 2011 at 8:30
Cher Johny,
nous allons pouvoir continuer à bavasser ici, entre gens civilisés. Le parking grouille de branlos.
Merci Bandonéon pour la diversion.
Jeudi 6 octobre 2011 at 8:57
Et bien continuons, puisqu’en fait et contrairement aux allégations du sieur Bandoneon, tout se passait fort bien… Alors? Le cendrier d’Amoyquechault? Les emprunts contractés au CA?
Jeudi 6 octobre 2011 at 10:46
Excusez-moi, vers le commentaire 45, il me semblait que la discussion prenait un tour plus personnel en s’éloignant des photos, de l’architecture, de l’environnement urbain. Maintenant que j’ai vu les dingues du parking, ma remarque me semble, en effet, inconvenante.
Vendredi 7 octobre 2011 at 4:00
De rien, de rien… mais qu’on ne vous y reprenne plus…
Dimanche 9 octobre 2011 at 10:59
Tiens, voilà que je lis sur le blog de l’autre dont nous causions : “Plus que quatre mois à tenir, pas le moment de gâcher 8 ans d’hypocrisie sociale… ”
Aurait-il pris une décision ?
A-t-il entendu mon invitation ?
Mardi 11 octobre 2011 at 8:16
T’as pas suivi bonhomme….. il ouvre un bar a Rome avec des potes… t’aurais été cherché le cendrier comme je t’avais dit t’aurais tilté.
Je t’avais dit qu’il carburait pas à la Vittel.
En plus, tient, pour que ta desillusion soit totale :
“Contre sa volonté, contre ses aspirations, contre ses lectures, contre ses rêves, il restait un indécrottable urbain qui ressentait plus de poésie dans la contemplation d’une fenêtre éclairée à 3 heures du matin au milieu de la façade d’un immeuble immense et assoupi que dans l’observation des étoiles. Si le grouillement de la masse l’écoeurait et lui devenait presque physiquement intolérable, les ombres se faufilant la nuit entre deux faisceaux de réverbères lui étaient familières et précieuses. Il aimait la lourde impassibilité des immeubles haussmaniens raccompagnant les amoureux vers le nid de leurs éphémères amours, il aimait le visage vaincu des solitaires regagnant leur douloureuse demeure et jetant des regards haineux et las aux couples croisés, il aimait les improbables intrigues qu’il imaginait se nouer dans les cabines téléphoniques utilisées à une heure si tardive, il aimait ce gigantesque ronflement de tant de gens paisibles et confiants, attendant sans horreur ni dégoût une nouvelle matinée, il aimait les corps tragiques et pouilleux recroquevillés sous les porches, qui lui rappelaient fort à propos ce qu’étaient les vraies misères, il aimait les ponts dont il ne se jetterait jamais, les imbéciles enseignes lumineuses qui l’assistaient dans le roulage de sa cigarette et les feuilles glissant sur le bitume qui n’étaient ni beaucoup plus égarées ni beaucoup plus inutiles que lui… ”
C’est bizzare, c’est pas la premiere fois qu’il parait “repondre”…. J’ai d’autres exemples en tete, mais bon, c’est beaucoup moins cordial, beaucoup plus saignant, ca va se terminer sur le parking avec certaines personnes d’ici et d’ailleurs… C’est pas chretien toussa…. MOUAHAHHAAAA
Mardi 11 octobre 2011 at 9:51
“il ouvre un bar a Rome avec des potes”
C’est toujours mieux qu’ouvrir un bar à putes avec des Roms.
Je ne suis plus là.
Mardi 11 octobre 2011 at 10:16
Ah! mais j’ai pas dit qu’il n’y avais pas de putes. Je soupconne d’ailleurs l’interresse d’un certain respect à l’endroit de ces personnes, ne vous déplaise. Quand aux Roms, il aurait tort de leur interdire sont estaminet : ils jouent trés bien du violon et la musique en general (ce qui n’est pas à negliger pour les tenanciers de ces etablissements) et, les connaissants, je pense qu’il s’entendrait fort bien avec eux. Maintenant je ne le connais peut etre pas assez, lui, vous en savez peut etre plus…
Mardi 11 octobre 2011 at 2:57
Oui, Johny, j’ai vu.
Je suis déçu déçu déçu.
Mardi 11 octobre 2011 at 8:52
rhoooo…. faut pas… il fallait le lire mieux pour voir que de toute facon c’etait grillé. Vous avez lu tout ces textes? A mon humble avis je vous donne pas 10 min de discussion pour qu’il ramasse un cendrier ou que vous partiez sur un sermon facon pere Malo…
A part ca? Vous avez piteusement laché notre conversation cordiale sur les apports caché de la thune a notre liberation individuelle…
Je suis déçu déçu déçu.
Mardi 11 octobre 2011 at 10:08
rhooo… faut pas.
Non, j’ai pas tout lu ; mais j’ai quand même réussi à y passer un bon bout de nuit, scotché. J’aime beaucoup, et y retourne maintenant très régulièrement depuis deux-trois semaines.
Quant à ma capacité à faire des sermons, cela ne le concerne pas : ce n’est pas un blog d’idées, il n’y a pas ou peu de théories, juste des tranches de vie étalées sans complaisance. Des faits, rien que des faits, et les faits n’ont ni tort ni raison, ils sont. Je les goûte avec un plaisir mêlé d’effroi tels qu’ils nous sont présentés.
Notre discussion ? J’ai un peu perdu le fil à cause de ce petit importun inopportun et ses histoires de parkinge.