octobre 2010


Je ne vous l’ai jamais dit, mais je suis ultra fan de "Weird Al" Yankovic. Parodiste de génie, Yankovic adore détourner les tubes, composer des chansons débiles "à la manière de" avec un prodigieux talent de faussaire, ou encore jouer à la sauce polka les grands succès de la FM. Révélé en 1981 avec une reprise de Queen jouée avec trois notes d’accordéon [Another one rides the bus] et internationalement reconnu maître du genre avec le Bad de Michael Jackson revu et corrigé par ses soins [Fat], il n’a cessé de pondre une litanie d’albums délicieusement cons et dotés d’une maîtrise musicale discrètement époustouflante. L’œuvre est hyper prolifique, et s’accompagne de nombreux clips qui ajoutent au plaisir.

 Je vous en propose trois en guise de menu découverte : le premier s’appelle Amish Paradise, le second Smells Like Nirvana, et le troisième Skipper Dan. Ce dernier tranche avec l’esprit de déconnade qui habite généralement ses chansons, pour délivrer une inhabituelle mélancolie un peu houellebecquienne ; on y reconnaît plus ou moins un gimmick à la Weezer en intro, mais c’est une composition originale, avec un texte très touchant.

Les paroles de Amish Paradise >>>

Les paroles de Smells Like Nirvana >>>

Les paroles de Skipper Dan >>>

"Les Golden Blog Awards ne prennent pas en compte les candidatures de blogueurs exprimant tout propos, idée et expression de valeur qui soit aux antipodes des valeurs républicaines, démocratiques et laïques, et notamment toute tribune à propos communautariste, identitaire et extrémiste, ou à propos portant plus généralement atteinte à la paix, la sécurité et la sûreté publique.

Afin de prévenir les débordements, nous sommes au regret de ne plus accepter en compétition les blogs caractère politique."

Effectivement : >>>
Du coup : >>>

En d’autres termes : il est obligatoire d’aimer le régime, la police, et le temps présent. Je prends bonne note. Comme quoi, les trucs où il faut voter, ça se révèle toujours une grosse arnaque.

J’ai traversé à pied un petit bout de presqu’île hier, entre Perrache et Bellecour. Il y avait du grabuge sur la Place Ampère, on entendait des clameurs, il y avait des policiers partout et des badauds atroupés dans les rues adjacentes. Un hélicoptère survolait le quartier. Ambiance nerveuse et tendue. Je ne me suis pas arrêté. Les gens étaient à leurs balcons, ou regroupés sur les trottoirs. J’ai vu des manifestants se mettre à courir soudainement, sans doute pour échapper à une dispersion de foule. J’ai vu un épicier baisser son rideau. J’ai vu les riverains furieux interpeller les troupes de flics qui passaient, les accusant de n’avoir pas levé le petit doigt quand les vandales se sont répandus dans le quartier il y a quelques jours. J’ai vu des jeunes traîner rue Auguste Comte, testant tous les porches d’immeubles, au cas où l’un d’eux, mal fermé, cèderait à une simple poussée.
Plus tard j’ai appris que c’était les Identitaires qui manifestaient leur colère dans la rue Victor Hugo, reprochant eux aussi à la police de ne pas faire leur travail. J’ai également appris que certains jeunes sont parfois venus de loin, en ayant pris soin d’emporter des cailloux dans leur sac à dos.

De mon temps, quand on avait 18 ans, on se faisait spontanément appeler "jeune homme" ou "monsieur", et on laissait derrière soi les années d’enfance où l’on était un "garçon". Hormis les garçons de cafés – aujourd’hui serveurs – on n’appelait aucun adulte "garçon". Ce joli lexique se perd : on est encore un garçon jusqu’à 27 ans. À ce rythme là je présume qu’à 62 ans on sera bientôt un jeune entrepreneur plein d’entrain.

"Les condamnations continuent de tomber en comparution immédiate pour les fauteurs de trouble.
Pour la seule journée de jeudi, ce sont douze jeunes qui ont été jugés devant le tribunal correctionnel de Lyon : onze garçons âgés de 18 à 27 ans et une ado de 18 ans.
Tous avaient été arrêtés mardi lors des violents affrontements dans le centre-ville. Les peines prononcées vont de un mois de prison avec sursis à trois mois ferme."
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Un grand merci à La Chouette pour le dessin en exclusivité.

Dans notre grand désarroi, frottons-nous les mains. Plus grande sera l’exaspération des Français, plus profonde sera la prochaine mutation politique. Préparez-vous à vous passer d’urnes, de campagnes électorales, et de dialogues élaborés dans le consensus d’une concertation autour d’une table ronde réunissant les partenaires sociaux en vue d’obtenir un accord.

Photo prise ce soir par votre serviteur dans la rue Victor Hugo, théâtre de dévastations hallucinantes.

Lisez attentivement le rapport de LyonMag :

Violences urbaines : la rue Victor Hugo pillée et dévastée.

Ce sont des scènes à peine imaginables qui se sont déroulées pendant près de 5 heures. Au plus fort du mouvement, jusqu’à 1 300 casseurs étaient rassemblés sur la place Bellecour, encerclés par les policiers, les CRS et les gendarmes mobiles. Ils se sont déchaînés rue Victor Hugo.

Sous les assauts de gaz lacrymogène, les casseurs ont dévasté tout ce qui se trouvait sur leur chemin de repli : voitures, mobilier urbain, mais surtout des commerces. La rue Victor Hugo n’a aujourd’hui plus la même allure avec une trentaine de vitrines détruites. Emilie est la responsable du magasin de jeu vidéo Micromania. Elle nous raconte ce qu’elle a vécu. « C’était du pillage. J’ai pris des coups. J’en ai donné aussi pour que les casseurs ne rentrent pas. C’était une vraie scène de pillage.  Il n’y avait pas un policier à l’horizon. Cela a duré un quart d’heure, durant lequel on s’est fait éclater le magasin de tous les côtés. Chaque vitrine, chaque porte…» explique-t-elle.

Une maroquinerie et un magasin de chaussures littéralement pillés, une bijouterie détruite, des éclats de verre qui jonche toute la rue. Alexis est venu prêter main forte pendant ce coup dur. Lui aussi est commerçant et il va rester fermé.
 « Toute la rue va être fermée, pendant un minimum d’une semaine. Ce n’est plus possible. Voyez l’état des magasins de la rue ! C’est n’importe quoi. En trois jours, la violence a décuplé. Ils ont brûlé, cassé, volé. Certains magasins se sont fait piller leurs réserves. Certaines commerçantes ont même été menacées de viols. Ils ont dit : si on rentre, on vous viole. Des mecs de quinze piges… » tempete-t-il.
 Les miroiteries, qui sont déjà à l’oeuvre, vont l’être pendant plusieurs jours pour réhabiliter l’une des rues les plus passantes de Lyon.

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1. Le patriarche orthodoxe russe Kirill a déploré la laïcisation de l’Europe occidentale qui privilégie les droits de l’Homme aux valeurs religieuses, lors d’une rencontre mercredi avec le président allemand Christian Wulff.

"Je suis effrayé par ce qui se passe dans certains pays notamment en Europe Occidentale" où l’on dit qu’il "faut supprimer les croix des écoles, écarter la religion de la vie publique au nom des droits de l’Homme", a déclaré Kirill cité par l’agence Interfax.
"Je suis convaincu que la civilisation moderne fait les mêmes erreurs que l’Union soviétique", où "l’athéisme était une idéologie officielle", a poursuivi le patriarche. "Cela ne fait pas de différence au nom de quoi vous le faites. Au final le signal est le même : liquider, démonter la conscience religieuse", a-t-il souligné.

Après des décennies d’athéisme imposé par le régime soviétique, l’Eglise orthodoxe russe est en renaissance depuis la disparition de l’URSS.

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2. Let the distraught partners of terminally ill who commit suicide die too, says Dignitas boss.

The founder of controversial Swiss clinic Dignitas has said a person whose terminally ill partner commits suicide should also be given help to die – even if they are perfectly healthy. Ludwig Minelli wants the deadly drug that is prescribed to his clients to be made available to the partners of those suffering from dementia. At present Swiss law states it is legal to assist only those with a terminal illness.

He said: "A change in the law is required to give dementia sufferers and their families more opportunities. The partner should be allowed to have a prescription for these drugs even when they are not terminally ill. In such cases the partners are often a similar age and one does not want to remain without the other."

The human rights lawyer spoke following the case last week in Switzerland of a 64-year-old man who strangled his wife of 30 years who suffered from Alzheimer’s disease. He described it as "an act of desperation". Zurich public prosecutor Andreas Brunner rejected Mr Minelli’s proposal to widen the legislation. He said: "In my view, no change in the law should be sought."

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3. Un couple canadien a demandé à la mère enceinte de leur enfant d’avorter lorsqu’ils ont appris que celui-ci était probablement atteint de trisomie 21. La mère porteuse était toutefois déterminée à mener la grossesse à terme. Cela a provoqué des questions épineuses au sujet du contrat qu’ils ont passé. Aucun des trois n’avaient envisagé ce scénario avant la grossesse.

Devant ce cas, le Pr. Juliet Guichon, spécialisé en bioéthique à l’université de Calgary, interroge : "des règles commerciales devraient-elles s’appliquer à la conception d’enfants ? [...] C’est comme mettre un terme à la chaîne de production [en constatant] : ‘oh, oh, il y a un défaut’. Cela a un sens dans un scénario de production mais c’est beaucoup plus problématique dans le domaine de la reproduction".

Jusqu’à présent, il apparaît qu’aucun contrat de gestation pour autrui n’a encore été contesté devant une cour canadienne, les transactions s’effectuant dans une sorte de no man’s land légal. Dans trois cas toutefois, les mères porteuses ont gardé l’enfant et l’élèvent après que les couples canadiens demandeurs ont divorcé et fait marche arrière dans leur projet d’enfant.
Selon Juliet Guichon, il est probable que la justice ne voudrait pas traiter de tels contrats mais préfèrerait plutôt établir une loi sur la famille qui exigerait que les parents biologiques soutiennent leur enfant.

Dans certaines juridictions américaines, des parents peuvent poursuivre en justice la mère porteuse pour récupérer leur argent si celle-ci insiste pour poursuivre sa grossesse contre leur gré.

Larry Kahn, avocat spécialisé dans la reproduction assistée, explique qu’habituellement, dans ces affaires, les parents sont déliés de leur responsabilité quand un handicap est décelé ou si la mère porteuse refuse d’avorter. Il doute que l’Etat s’engage pour réguler ces conflits. Le Dr Ken Seethram, qui a présenté cette affaire lors d’une conférence de la Société canadienne de fertilité et d’andrologie, pense quant à lui que le gouvernement fédéral finira par mettre en place des règles.

Le Pr. Françoise Baylis, bioéthicienne à Dalhousie University,  montre combien la vie humaine peut devenir une matière première dans de ces échanges : "l’enfant est vu comme un produit par les parents demandeurs, et dans ce cas particulier, comme un produit inférieur, à cause de sa maladie génétique".

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4. L’exposition "Our Body" est illégale. La Cour de cassation estime que l’exhibition de cadavres humains à des fins commerciales est indécente.

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Ces récents faits d’actualités ont un point essentiel en commun : tous touchent au problème fondamental de l’Espérance insultée au nom des Droits de l’Homme. Or tous ces Droits de l’Homme se confondent dans le droit à la mort. La vie n’est pas conforme à mon désir, je m’estime donc indigne de vivre, je veux le Droit au suicide. Je veux le droit opposable à l’enfant, j’en fait l’objet d’un contrat de rémunération avec une pondeuse, l’enfant n’est pas conforme à mon désir, je veux qu’il meure avant terme. Tout le monde danse joyeusement la farandole autour de la Mort. Mais soudain, exposer des cadavres humains devient indécent. La mort, d’accord, mais la mort propre.

La question des Droits de l’Homme est une imposture idéologique dès qu’on la déracine de son terreau chrétien. Je ne cesse de le répéter sur ces pages : l’humanisme, c’est le christianisme empaillé. Les Droits de l’Homme ne signifient rien en eux-êmes. Ils n’ont de sens et de pertinence que s’ils acceptent d’être liés à la transcendance chrétienne.

À quoi bon défendre la dignité de l’homme si l’on considère qu’être trisomique ou atteint d’une maladie grave est considéré comme indigne d’être en vie ? Défendre la vie de tout être humain, quel qu’il soit, et sa dignité en tant que telle, est une spécificité chrétienne. Ôtez le christianisme, vous avez aussitôt l’euthanasie, l’eugénisme, la marchandisation de l’être humain [vivant ou mort], toujours au nom des Droits de l’Homme. Ce n’est pas de la spéculation : les exemples ci-dessus sont des faits, irréductiblement réels. Ils sont la réalisation d’un monde obsédé par le désir et la mort.

C’est comme "les valeurs de la république" : ôtez à la république son substrat chrétien [quête du Bien Commun, présupposé que l'élu est un serviteur et non un maître, ordonner la richesse dans un esprit de charité, etc.], vous obtenez aussitôt le totalitarisme, la dictature du relativisme, la déculturation générale au nom de la diversité des opinions et du respect de la différence, voire la théocratie. Pour faire une digression sur un autre sujet, l’exemple du voile islamique est tout à fait caractéristique : il y a quelques années le tchador était un archaïsme moral inacceptable "sur le territoire de la république" ou "au pays des Droits de l’Homme", c’est maintenant au nom des mêmes valeurs de la république et du même pays des Droits de l’Homme qu’il est devenu interdit de critiquer cette marque de la diversité des cultures et des croyances – c’est une richesse, répétez après moi. La polygamie est en train de suivre le même chemin. Et quel sens peut bien avoir le "mariage homosexuel" si l’on refuse de se pencher sur les fondements de l’institution du mariage tel que nous le connaissons ? Si nous finissons par vivre dans un pays cautionnant ET le mariage homosexuel ET le mariage polygame [les deux sont déjà tolérés dans les faits], qu’est-ce qui pourra empêcher trois hommes ou trois femmes de contracter un mariage homosexuel ? Finalement, l’héroïsme aujourd’hui consiste à n’avoir pas peur de la vie.

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I am not afraid of life
Of the poor man’s struggle
Of the killer’s knife
I am not afraid of life
Of an insane rage
Of the minimum wage
I am not afraid of life

I am not afraid of life
I am not afraid of life

But I see an old lady with a shopping bag
And I wonder is life a drag

I am not afraid of pain
But it hurts so bad
I feel so mad
No one see the truth
There’s nothing to gain
A life goes down the drain
Don’t want to die at an early age

I am not afraid of life
I am not afraid of life

But I see a street crazy shivering with cold
Is it a crime to be old

There’s the threat of the nuclear bomb
We know it’s wrong
We know it’s wrong
Is there a chance for peace
Will the fighting ever cease
Mankind’s almost out of luck
A maniac could blow us up

I am not afraid of life
I am not afraid of life

But I get down on my knees and I pray
Is there hope for the world today

The Ramones

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PS : Et j’ai oublié de citer Attali qui, une fois encore, a récemment exprimé son désir d’en finir avec les personnes atteintes de maladies graves pour le bien de l’économie.

Souvenez-vous, il y a un an exactement, un malencontreux saut de bloc dans le système d’algorithmes m’avait écarté du Top 10 des Big Buzz Blogs Awards décernés par le site LePost.fr >>>, m’éloignant une fois encore de la célébrité internationale. Qu’à cela ne tienne, je viens tout juste de proposer ma candidature aux Golden Blog Awards 2010. Je vous invite donc à cliquer comme des brutes pour donner votre vote au MoisiBlog, en vous rendant sur cette page >>>.

Et si ça ne marche toujours pas, je tenterai le Great Platinum Award 2011, le Wordwide Best Silver Blog Prize 2012, la European Blog Parade Rallye Competition Cup 2013, le Golden d’Or du Platinum Buzz Big Bang Boom Bongo Bong Blog de l’Internet 2014, et puis le Greatest Blogosphere Amazing Diamond Supreme Ultimate Prize Award Wonderful DeLuxe 2015.

J’offre des postes de ministres et de conseillers spéciaux à tous ceux qui m’aident à faire tomber le régime.

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Edit : suite au grabuge qui règne sur le site des Golden Blog Awards, mon blog s’est soudainement et mystérieusement retrouvé dans la catégorie "Lifestyle". Pourquoi pas…

"Il y a un devoir, quand d’autres s’abreuvent de droits". Levons un verre au prometteur Traveller - Famine - Party.

Et levons-en un autre pour honorer la mémoire de la géniale Police du Monde Parodique, supprimée sans sommation et sans explication par son hébergeur.

Longue vie à la réacosphère !

Imaginez que vous puissiez, chaque semaine, rencontrer les personnalités qui forment la toile de fond politique, sociale, artistique de votre temps.
Imaginez que chaque semaine soit pour vous l’occasion de dialoguer longuement avec des élus, des stars de la chanson, des acteurs, des réalisateurs, des ministres, toutes sortes de personnalités qui sont au premier plan de l’actualité française, voire internationale.
Imaginez-vous soudain empli de la faculté d’étendre considérablement le réseau de vos connaissances, jusqu’à atteindre l’intime cercle des VIP, et même jusqu’à l’intégrer en permanence.

Quelle fantastique chance est la vôtre ! Il est évident que la fréquentation de tant d’émincences – même anecdotiques comme un élu local sous les feux de l’actu, même périssables comme un fulgurant chanteur de tube de l’été – ne peut que provoquer en vous une incroyable et inédite exigence intellectuelle. À force de fréquenter des hommes politiques, il vous vient nécessairement un jugement plus aigu sur la question. À force de fréquenter des chanteurs, vous devenez plus connaisseur en la matière. À force de fréquenter des comédiens, vous apprenez vite à distinguer un cabotin d’un génie.

Forcément, vous en arrivez à identifier de plus en plus clairement qui sont les imposteurs de la presse, qui sont les cuistres du cinéma, qui sont les sots de la politique, qui sont les nullards de la musique, qui sont les couillons du sport. Et forcément, vous en arrivez à identifier de plus en plus clairement qui sont les authentiques génies de la chanson, qui sont les vrais acteurs qui portent le feu sur terre, qui sont les hommes qui méritent vraiment d’œuvrer au sein d’un gouvernement, qui sont les intellectuels qui ont réellement des choses à dire sur le monde, qui sont les véritables héros du monde moderne. Vous voilà entouré des centaines de personnalités que le siècle estime, et comme vous n’êtes pas la moitié d’un imbécile, vous en tirez de précieux enseignements.

Votre vie est peuplée de centaines de Roland Magdane, de Xavier Bertrand, de Bernard-Henri Lévy, de Guillaume Canet, de Luc Besson, de Jean Rochefort, de Patrick Bruel, de Dominique Strauss-Kahn, de Calogéro, de Miou-Miou, de Jean-Paul Rappeneau, de Laurent Fignon, de Cali, de François Bayrou, de Thierry Lhermitte, de François Hollande, de Luc Ferry, de Laure Manaudou, de Gipsy Kings, de Yannick Noah, de Gaël Monfils, de Christophe Maé, de Jeanne Moreau, de Johnny Hallyday, de Frédéric Mitterrand, de Gérard Miller, de Marina Foïs, et autres Lorie.

Avec un tel défilé, on ne vous la fait plus. Vos jugements s’affinent. Vous ne vous laissez plus avoir par les escrocs, vous ne vous laissez plus impressionner par les imbéciles, vous n’avez plus envie voir votre tapis rouge se dérouler pour les beaux yeux des glorioles d’opérette, Richard Cocciante ou Noël Mamère. Vous n’avez plus envie que de conversations sensées, constructives, éclairantes.

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Mon raisonnement semble évident ; pourtant, comment expliquer l’inaltérable sourire de Michel Drucker ? Comment ce type peut-il rester aussi étanche aux personnalités qu’il côtoie ? Comment fait-il pour n’être rien d’autre qu’un sourire télégénique ? Comment fait-il pour vivre comme si ses milliers d’invités ne lui avaient strictement rien appris de la condition humaine, de la chose politique ou de la chose artistique ? Comment peut-on être sincèrement ravi de recevoir un Cali ou un Patrick Fiori quand on a pu côtoyer de près des Gainsbourg ou des Jean Yanne ?

Je n’ai qu’une seule conclusion a en tirer : Michel Drucker n’existe pas.

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous connaissez le refrain : ce que l’idéologie interdit, le Marché l’autorise. J’ai reçu ce matin cette honteuse apologie du privilège, contraire à tous les principes égalitaires de la république. Je suis scan-da-li-sé.

Le prochain gauchiste qui me dit qu’il vomit les drapeaux et les cohortes qui marchent au pas en chantant, je lui fous une claque dans la gueule.

En regardant je-ne-sais-quel journal télévisé hier soir [ne me demandez pas sur quelle chaîne c'était, ils se ressemblent tous], j’ai appris que Bertrand Cantat avait fait apparition devant son public, après avoir été – je cite – "privé de scène".
Privé de scène ? Oh le pauvre chou, il a été privé de scène ? Mais c’est monstrueux ! Et privé de dessert aussi, non ? Ça tue sa compagne à coups de torgnoles, et c’est privé de scène ? Le monde est vraiment trop z’injuste.

Juste après, la même blondasse nous apprend pourquoi il a été privé de scène : parce qu’il est "responsable de la mort de Marie Trintignant". Il n’est donc pas coupable, il est – je cite – responsable. Il l’a juste battu à mort, mais on ne va pas dire "assassin". C’est trop méchant de dire ça. Il est responsable de la mort de quelqu’un. C’est pas tout à fait de sa faute. Il n’a été qu’un rouage du sort. Je pense que la famille et les amis de Marie Trintignant ont apprécié ce délicat vocabulaire. Je vous rappelle que Bertrand Cantat, le pauvre chou, la vie est trop dure, n’a purgé que la moitié de sa peine. Condamné à huit ans en 2003, il a bénéficié de la libération conditionnelle dès 2007.

C’est dur d’être un rebelle en 2010 : même le journal de 20h est fan de vous.

"Le progrès social consiste à repeindre chaque printemps en vert les feuilles d’un arbre dont les racines sont mortes."
Jean Yanne

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