C’est un fait bien connu de toutes nos Caroline Fourest, l’Occident judéo-chrétien est une civilisation particulièrement détestable à cause de l’ignoble sexisme qui y a cours. Nous vivons sous un climat de domination machiste digne d’une préhistoire d’image d’Épinal. Les autres civilisations possèdent des traditions millénaires bien plus humanistes et bien plus égalitaires, et dont nous ferions bien de nous inspirer. Madame Plus vient de nous dégoter un magnifique reportage publié dans Libération. Extrait :

« Des dizaines de milliers d’enfants sont kidnappés chaque année, estime Cheng Zhu. D’après les chiffres officiels, il y en aurait eu «seulement» 4 700 l’an dernier. Mais les statistiques sont faussées. «Même le gouvernement central doute beaucoup des chiffres livrés par les bureaux de police des provinces. Dire la vérité pourrait nuire à l’avancement des policiers», explique Zhang Zhiwei, un ancien juge devenu avocat. Il conseille le gouvernement sur les questions de kidnapping, dont il est l’un des meilleurs experts.

Le commerce d’enfants est ancré dans certaines traditions chinoises, que la politique de l’enfant unique et l’absence totale de filet social dans les zones rurales ont renforcées, expose-t-il. La préférence des paysans pour les garçons – gagne-pain de la famille et garant de la retraite – n’est que la plus connue. Dans le Henan, le Shanxi et le Shaanxi – trois provinces voisines dans l’est de la Chine -, les couples adoptent des filles en bas âge destinées à épouser le fils de la famille ; en attendant les noces, celles-ci servent de bonnes à tout faire. Cette tradition du tongyangxi (enfant élevé pour le mariage) connaît un regain de popularité en raison du déficit de femmes dans les campagnes. Cette disproportion des sexes résulte des taux élevés d’avortements sélectifs et d’infanticides féminins. L’exode massif vers les villes des brus potentielles accentue encore le problème. »

Lire l’article en entier >>>
[C'est un ordre.]

Puisque je ne suis pas à un sarcasme près à l’endroit de nos bien-pensants, je m’amuse encore du titre choisi par la rédac’ de Libération : « Le chemin de croix« . Comme une sorte de double aveu sur ce que représente le chemin de croix : d’une part c’est bien la preuve que notre sémantique et notre langage sont imprégnés de chrétienté jusqu’à la moëlle et que cette expression décrit bien ce qui est considéré par tous comme un sommet de douleur infligé aux innocents et aux petits ; d’autre part c’est un autre signe qui prouve combien la quête d’une dignité égale entre hommes et femmes est un idéal universel, et que le christianisme s’efforce, plus que toute autre spiritualité, de réaliser. N’en déplaise aux prêtres de l’Église laïciste et aux harpies du féminisme castrateur.

Il est d’ailleurs amusant de remarquer que ceux qui travaillent à l’effritement des carcans moisis de la chrétienté, notamment son modèle familial réactionnaire, rêvent également d’une société où, grâce au prometteur supermarché mondial de la Gestation Pour Autrui, la femme redeviendrait une pondeuse commercialisant la chair humaine triée sur le volet… Aimer autrui, la belle affaire. Si c’est pour faire disparaître l’image du Christ dans le visage de l’Autre, nous ouvrons des autoroutes à toutes les tyrannies, toutes les inégalités, et tous les commerces. Or on ne peut pas vouloir les fruits du christianisme tout en conspuant et l’arbre et la sève. Se scandaliser d’une tradition de kidnapping et de rabaissement systématique du genre féminin sans comprendre qu’il s’agit d’une révolte spécifiquement chrétienne, c’est faire la moitié du travail. Au boulot !

About these ads