Partout où la police est accueillie à coups de pierres et d’armes à feu, partout où les pompiers se font caillasser, partout où les médecins se font agresser à répétition, partout où Darty en est réduit à livrer ses clients dans des camionnettes banalisées à six heures du matin, partout où l’enseignement des professeurs [piscine, biologie, histoire, français, etc.] est récusé par des parents ou des grands frères en colère, partout où la mort d’un "jeune" en plein exercice de l’illégalité avérée convoque la solidarité de centaines de "proches", partout où les mariages forcés sont monnaie courante, partout où l’idéologie du bled prend le pas sur l’idéologie de l’intégration, partout où l’on nique la France et les céfrans, partout où les mairies et les bibliothèques se font incendier, en tout lieu qualifié de "zone sensible" ou de "zone de non-droit", partout où la guerre contre les flics est ouvertement et officiellement déclarée par la caillera, partout où les voitures brûlent par paquets de douze, partout où l’on entend dire à droite qu’il faut "envoyer l’armée", partout où l’on entend dire à gauche qu’il faut "relancer un nouveau plan-banlieue de quinze milliards d’euros pour lutter contre l’exclusion et remettre en marche l’ascenseur social", il existe un remède radical.

Ce remède, le voici : Je préconise une identification très claire et très précise des zones revendiquées par la population comme étant celles où ils sont "chez eux" et où toute intrusion d’inconnus est contrôlée par les grands frères du tiékar. Dans toutes ces aires géographiques, je préconise un retrait total et définitif de la police, des pompiers, des médecins, des livraisons Darty et des professeurs de l’Éduc Nat. Je préconise l’abandon total et définitif de toute application du Code Civil, de toute perception fiscale, de toute aide sociale. Je préconise une souveraineté entière et intégrale des populations au sein des territoires ainsi circonscrits. Je propose un abandon d’hectares entiers de cités à travers toute la France. Dans ces territoires, règnera la loi de leur choix. N’importe laquelle ; peu importe puisqu’ils y seront souverains, que ces morceaux de territoire seront autonomes, totalement déconnectés de la France. Reste qui veut, part qui veut ; puis, une fois son camp choisi, on établit les nouvelles frontières.

Enfin détachés de l’oppression policière et de ses multiples injustices racistes, enfin soulagés du voisinage de céfrans colonialistes et intolérants, enfin libres de pratiquer l’éducation et la médecine de leur choix, enfin coupés des institutions françaises qui discriminent au code postal ou au faciès, enfin libres de pratiquer le mariage comme ils l’entendent, enfin libres de vivre dans le "chez-nous" sans avoir à se protéger du harcèlement des contrôles d’identité, enfin libres de circuler en mini-moto la nuit à 140 km/h sans casque et sans phares dans les rues de la cité sans subir la répression inique, enfin libres de porter tous types de tchador ou de burqa sans se faire regarder de travers par des sales souchiens ennemis de la culture de l’Autre, enfin dispensés de rédiger des constats de sales céfrans en cas d’accident au bord de l’autoroute, il ne fait aucun doute que ces centaines de territoires s’épanouiront, que plus aucune voiture n’y brûlera, que la paix y garantira la prospérité, notamment grâce aux droits de douane particuliers ou aux activités économiques spécifiques que la fiscalité française ne pourra pas brider. On y entendra des chants d’amour, il y poussera des fleurs, on y dansera la farandole, et tout le monde sera content.

Bien entendu, ce chapelet de micro-États donnera des idées à toutes les communautés du pays. S’il suffit d’exercer trente ans de voyoucratie ininterrompue pour faire céder le gouvernement, à Dieu ne plaise, allons-y gaiement. Il n’y a pas de raison d’accorder l’indépendance à un Montfermeil, à un Villiers-le-Bel ou à un Trappes si c’est pour la refuser à un Pays Basque ou à une Corse – voire à une Bretagne – qui n’attendent que ça depuis bien plus longtemps. Ce serait magnifique. Il faudrait bien entendu compter sur quelques régions où les gaulois se seront soulevés de la même façon contre la république, indivisible n’est-ce pas, et où régnerait encore d’autres types de gouvernements autonomes.

J’imagine une dislocation bien fumante, avec des vrais morceaux de guerre civile dedans, casques bleus et charniers garantis. Un bourbier bien puant, fruit de la sociologie de l’excuse, de l’utopie de l’homme métis, de la religion socialiste, du délire droitdelhommiste, de quarante ans de déni de réel. Un lendemain radieux, rouge vif, tiersmondisé jusqu’à la moelle. La féodalité + le wifi. Les conditions idéales pour le retour du Roi.

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