septembre 2009


Il faut bien comprendre que ce qui scandalise le citoyen dans le concept de préférence nationale n’est pas la notion de national, mais bien la notion de préférence.

Certes, pour un citoyen la nation est détestable [on appartient à un pays par hasard, on a des parents qu'on n'a pas choisi, ce qui constituent  des crimes contre la libre attribution de ses sentiments à des objets ou des personnes – j'y reviens plus bas], mais est encore plus détestable le fait qu’on puisse faire des choix orientés vers ce qui nous ressemble.

Les progressistes ont jeté le rapport Obin au feu, comme toutes les autres enquêtes sociologiques qui prouvent que tout le monde, à commencer par les enfants, se sépare d’emblée de ce qui lui ressemble le moins pour se rapprocher de ce qui lui ressemble le plus. Seules la Culture et l’Éducation permettent d’inverser cette tendance. Pourtant, me direz-vous, puisque jamais on n’accorda autant d’importance à la Culture et à l’Éducation que sous l’âge progressiste [ce sont les ministères les plus précieux et les plus colossalement pharaoniques de la république, et même sans doute de toute l'Histoire de France], on devrait voir diminuer l’instinct au profit de l’ouverture à l’autre. C’est vrai, et c’est faux.

C’est vrai dans les milieux directement connectés à la machine d’État : on ne compte plus les initiatives pour les musiques métissées, les expositions trans-culturelles, les séries télévisées et le cinéma diversitaires, etc., parce que l’État s’est arrogé le monopole de la production artistique.
C’est faux sitôt que l’on s’éloigne de la sphère d’influence directe de la propagande Culture-Éducation, où le constat est implacable : la carte scolaire est l’objet de trafics et de trucages pour que les catégories sociales et ethniques se retrouvent entre elles ; et malgré les exhortations gouvernementales, les lieux culturels n’attirent pas la Diversité parce qu’elle n’y trouve pas ce qui lui ressemble.

Mais voilà où se situe toute l’imposture de la préférence nationale. Si la société déifie l’affect contre la raison [le sentimental justifie toutes les lois et toutes les définitions du progressisme, du mariage homosexuel à l'euthanasie en passant par le soutien aux clandestins, la légalisation des mères porteuses ou la quintuple nationalité], il est interdit d’orienter ses sentiments ailleurs que dans le champ des volontés de l’État. D’où le "défi du métissage" que Nicolas Sarkozy veut relever, d’où le dénigrement systématique de tout ce qui est franco-français, d’où l’attribution de qualificatifs délirants pour ce qui constituait la  "France d’avant" quand on écoute Radio France. Il est obligatoire d’aimer son lointain, il est interdit d’aimer son prochain.

La Nation, voilà belle lurette qu’elle n’existe plus pour quiconque puisqu’elle est un crime contre le libre-affect. Quant à la Préférence, elle n’est plus digne de respect puisque le réel désobéit à l’Éducation et à la Culture. Dans un tel contexte, la préférence nationale n’a pas la moindre pertinence politique, et pas la moindre honnêteté intellectuelle. Dieu et Diable des citoyens ne sont que bonshommes de paille.

Contre le soviétisme mental, il faut être punk : discriminez, bordel ! et aimez votre ascendance, puisque vous ne l’avez pas choisie !

L’autre jour, la plus baroque des Carnétistes et le plus exquis des Conservateurs m’ont raconté leur visite au musée de Cluny. J’ai répondu un truc du genre "Vous avez bien raison, la Bourgogne est une région magnifique". Sauf qu’en fait, le musée de Cluny n’est pas à Cluny mais à Paris. Je suis encore passé pour un gros bouseux de la campagne. Ouais, et bien je suis à peu près sûr que leur Cluny à eux se trouve le long d’un sale boulevard qui pue, avec un trottoir encombré de jeunes couples homosexuels à poussettes qui travaillent dans le show-biz et qui votent à gauche. Y savent pas que Cluny c’est un vrai endroit en vrai dans la vraie vie, que c’est pas loin de Tournus, et qu’on ne visite pas l’abbatiale Saint-Philibert en descendant au métro Tournus. J’vous emmerde, hé, patates.

Je pense à ça parce que Marie-Thé a visité Cluny, elle aussi [probablement en descendant au métro Cluny, puisqu'y paraît que Cluny ça se visite en métro, maintenant], et qu’elle écrit une note très émouvante sur son séjour parisien >>>.

Pendant ce temps-là, Alibekov est allé dans les Pyrénées, et je vous prie de croire qu’il est pas descendu au métro Pyrénées. Des homosexuels à poussettes, y en avait pas des masses >>>.

PlanDeDieu

ClocherDeLaCharite

Quand on distribue des cartes postales idéologico-publicitaires de ce genre, il faut s’attendre à se voir répondre avec ses propres armes. Encore une idée de Madame Plus !

Liberation

LiberationPape

Le moment le plus pénible d’une conférence, c’est la dernière demi-heure pendant laquelle le public pose des questions. Surtout si ledit public est massivement composé de lecteurs et de sympathisants du journal Libération >>>.

"M. Finkielkraut, ne pensez-vous pas que les Droits de l’Homme furent d’abord les Droits de l’Homme Bourgeois, puis les Droits de l’Homme Blanc, et que finalement ils sont devenus les Droits de l’Homme Sioniste ?"

"Pensez-vous, comme moi, qu’il faille inclure à la liste des Droits de l’Homme le droit opposable au logement et à l’alimentation pour tous ?"

"M. Finkielkraut, vous pointez toujours du doigt la burqa et l’islam, mais ne trouvez-vous pas qu’il existe des problèmes plus graves que cela, sachant qu’il y a de part le monde des millions de gens qui meurent de faim ?"

"Vous évoquiez le terreau chrétien qui fit émerger selon vous la notion de Droits de l’Homme ; puis-je vous demander comment cette hypothèse est recevable, sachant que la chrétienté c’est quand même l’Inquisition et les Croisades ?"

Pauvre Alain Finkielkraut. Je comprends qu’il ait cet air épuisé et abattu. Courage !

Ha ha, j’avais raison : l’absence de la Diversité dans les files d’attente des Journées du Patrimoine inquiète réellement nos "élites" >>>.

Je cite l’édito signé Gérard Collomb & Nadine Gelas [1] dans le programme de l’édition lyonnaise :
"L’accessibilité au plus grand nombre invite tout d’abord à associer ceux pour qui la culture est d’un accès difficile, les enfants, les personnes en situation de handicap, les représentants de la diversité. Cette année, plus que d’ordinaire, des visites adaptées sont proposées."

Alors comme ça, la culture est d’un accès difficile pour la Diversité, dixit le maire de Lyon.

Ah bon ? Les lieux culturels français sont explicitement interdits aux Noirs, aux Arabes, aux Asiatiques et aux Quechuas [et aux chiens même tenus en laisse] ? Les banlieues sont coupées du monde par des dizaines de murs de Berlin avec guérites et miradors ? Les théâtres, bibliothèques, jardins, et autres châteaux de la Loire ne sont ouverts qu’aux seuls agrégés d’araméen et aux archéologues dont le grec ancien est la langue maternelle ?

Les banlieues [car il ne faut se leurrer, 80% de la Diversité mentionnée par le ministère concerne la population des banlieues] ne reçoivent-elles pas des milliards d’euros à chaque nouveau plan banlieue ; aussitôt transformés en médiathèques rutilantes, en espaces citoyens d’échanges multipluriels de dialogue, en stages de formation au montage vidéo, en écoles de hip-hop,  en montage de pièces de théâtre antiraciste avec la troupe de comédiens "Compagnie Dix Vers Cités", en festivals des musiques métisses, en interventions artistiques au collège Pierre-Arditi guidées par une plasticienne à sarouel qui "expérimente de nouveaux supports et détourne les codes classiques", ou en milliers kilomètres de bus pour aller visiter le Jardin Machin et ses Installations Éphémères, la maison de M. Michu résistant communiste, le musée Trucmuche de la Déportation, ou, avec un peu plus de chance, un musée des Beaux-Arts ?

Il faut arrêter de nous prendre pour des cons. Si la Diversité boude les Journées du Patrimoine, ce n’est pas parce que la Culture leur serait refusée par on ne sait quelle "difficulté d’accès". Même le Musée des Arts Premiers à Paris a cru résoudre l’absence de Diversité dans son public en l’ouvrant gratuitement à tous les visiteurs – en vain ! La Diversité se fout éperdument de la Culture française, et nos "élites" cultureuses récoltent les fruits amers de ce qu’ils ont eux-même semés.

On ne cesse de raconter à nos chères banlieues que la France ne se définit que par des termes du genre "Pays des Droits de l’Homme, redistribution des richesses, Sécurité Sociale, lutte contre les inégalités", bref, toutes sortes de singeries criminelles qui discréditent de facto l’Histoire de la France au profit de son éternel présent défini par les mots "métis, divers, ouvert à tous". Dans le meilleur des cas, la France d’avant était peuplée de nazis qui brûlaient des hérétiques, bâtissaient des palais dorés en exploitant un peuple de pouilleux ignorants, et n’aimaient pas la richesse culturelle des étrangers. Dans le pire des cas, on découvre que la France des livres d’Histoire est un imposture, et qu’en réalité nous devons toute notre civilisation à la seule culture arabe. Dans ce jus complètement délirant où nous baignons, il apparaît évident que nos riantes banlieues n’ont pas de la France un image très admirable.

Comment voulez-vous donner envie à la Diversité de visiter un jardin de Le Nôtre ou une chapelle gothique fraîchement restaurée quand l’image de la Culture Française du passé est assimilée à une vieillerie de l’Âge Fasciste, et celle du présent leur apparaît sous les traits d’un "art" entièrement noyauté par le citoyennisme foireux des plasticiens subventionnés, des metteurs en scène qui "interrogent le rapport à l’autre dans une dénonciation des préjugés racistes", et des milliers de professeurs de l’Éducation Nationale qui en sont réduits à enseigner la grandeur du slam et du hip hop  pour acheter un peu de paix civile dans leurs classes ?

Pour que la Diversité daigne se déplacer aux Journées du Patrimoine, il faudrait  prendre le taureau par les cornes :
1. Soit on décide énergiquement d’associer la Diversité à l’Histoire de France : enseigner une véritable littérature, une véritable Histoire de l’Art, une véritable exigence dans la reconnaissance de l’esprit français et de ses valeurs, enseigner un authentique amour de la France – je dis bien de la France, pas de la République qui ne se borne qu’à deux seuls siècles d’existence.
2. Soit on décide énergiquement de faire entrer les tags, le hip hop, le R’n’B de Diam’s et toute la sous-culture banlieusarde dans le domaine de l’Art et du Patrimoine – ce qui ne fera grandir ni la Cuture, ni l’intérêt de la Diversité pour tout ce qui ne lui ressemble pas.

[1] Respectivement sénateur maire de Lyon et vice-présidente du Grand Lyon chargée des événements culturels.

PS : "La culture française serait inaccessible", c’est bien l’argument de fond des cinglés qui ont effacé des milliers de pages de texte dans les manuels scolaires au profit d’illustrations plus sympââs pour des auteurs plus sympââs – c’est-à-dire un peu moins morts –, et veulent réformer l’orthographe parce que s’est vraiemant tro conpliquer d’écrir franssé corectemen. Si ce n’est pas le summum du mépris, je ne sais pas comment ça s’appelle.

"Frappe tes mains, bouge ton corps
C’est comme ça que ça vient
Maillot de bain, maillot de corps
Ca nous va si bien

Je chante en français
Des années quatre-vingt
Je n’aime pas le passé
Mais c’était quand même bien."

Yelle – Amour du sol – 2007

+++

"J’me souviens
J’suis de la génération quatre-vingt
La génération des bons à rien
Celle qui s’est fait jaunir les dents

À l’époque
Y avait des groupes et des clips en toc
À la télé déjà Jacques Chirac
Et Sankukai et Goldorak

Je suis pas nostalgique
Mais je regrette rien
Avant c’était magique
Aujourd’hui c’est moins bien.
[Rhâ, ta gueule ! Ta gueule Pop Hip !]"

Stupeflip – Pop Hip’s Revenge – 2003

+++

"On était les tout nouveaux maîtres
D’un tout nouveau monde de plastique
On était sur notre planète
Où tout était électronique

On rêvait de vidéoclips
Avec des chevals blancs et des colombes en plastique
On faisait de la musique bizarre
Du genre manœuvres orchestrales dans le noir

A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A
Années quatre-vingt
A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A 
Années septante-dix

On appuyait sur tous les boutons
On fabriquait des nouveaux sons
On répétait dans un sous-sol
C’est vrai qu’on jouait comme des caves
[...]

A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A
Années quatre-vingt
A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A-A 
Années septante-dix"

Sttellla – Années 80 – 1998

TintinKontPwofitasyon

Il faut croire que ce constat commence à déranger sérieusement nos ministères : les Journées du Patrimoine sont très largement boudées par la Diversité, et ça fait mauvais genre. Cf ma note de l’an dernier >>>.

Sinon, comment expliquer cette exhortation aussi injonctive que multiplurielle et métissodiversitaire pour la prochaine édition des 19 et 20 septembre ?

Journées Du Patrimoine 2009

Allez voir l’écran d’accueil pour les Journées du Patrimoine 2009 >>>

Je suis tombé hier sur Arte Lounge, l’émission qui parodie Arte sans le faire exprès.

Le concept : une artiste canadienne germano-franco-anglophone noire invite des violonistes allemands, des chanteuses anglo-italiennes, des groupes pop berlinois, une accrobate nue et ficelée comme un saucisson Justin Bondage pour la touche cabaret arty porno-chic ; et tout cela se passe dans une salle de spectacle alternative berlinoise, devant un public sympa. Lounge, donc.

Objectif : démocratiser la Kultur pendant une soirée de performances artistiques diverses. Public décontracté, endroit décontracté. On n’a pas fait venir des artistes en frac, non. On a fait venir tel violoniste parce qu’il a une sale tête de rock star soigneusement ébouriffée et mal rasée. On a fait venir les Puppini Sisters, non pas parce que leur musique est rétro [beuârk], mais parce qu’elles racontent qu’elles sont des ex-punks ou des déserteuses de l’Âcâdêmîe de musique, et qu’elles ont adoré les Triplettes de Belleville [Belleville = quartier sympa = multiculturel = artistes de rue = brocantes citoyennes = ateliers reconvertis en lofts, etc]. Idem pour les autres. Rebelles-rebelles, quoi. On s’encanaille et on nique les bourgeois.

Comme c’est lounge et que ça-dépoussière-le-genre™, le public [bien sapé, bien coiffé, bien looké, bien friqué, branchouille à donf mais décontracté] applaudit, siffle, crie "ouuuaaaaais !!!" quand le Dr Müller et Hans Johannes Möllenmeister ont fini de jouer leur morceau minimalisto-déconstructiviste post-dodécaphonique, exactement comme s’il s’agissait d’Eric Clapton jouant "Layla" en unplugged. Parce que c’est cool, tu vois. On n’est pas dans les codes coincés. On peut crier ouaaaais et se taper un slam sur la foule pendant un solo d’Arnold Shönberg ; c’est un truc qui pulse, tu vois. C’est trop sympa. Rondo Venezziano ? Connais pas.

Bon, je n’ai pas suivi toute l’émission parce que c’était pénible et que j’ai zappé comme une brute, mais vous voyez bien le genre. On a beau vouloir jouer les démocrates, le jazz et la musique "classique" [disons plutôt musique savante pour être plus exact] resteront toujours à la seule portée des élites. On a beau vouloir démolir les codes bourgeois, ce n’est jamais dans les classes populaires qu’on s’identifiera à des classes sociales polyglottes qui voyagent en Eurostar tous les week-ends en parlant du dernier album d’Igor Stravinsky [il paraît qu'en concert c'est encore plus dingue que Mathias Malzieu]. Bref, tout cela véhicule un fort parfum de propagande où l’on sent pointer en permancence l’éloge du Grand Machin Européen plein de différences mais sans frontières.

On perçoit d’ailleurs là une nouvelle contradiction du bobo progressiste : l’abolition des frontières le placera devant un grand désarroi, puisque sa gloire et sa fierté viennent précisément du fait qu’il est un homme "qui traverse les frontières". Voyager de Brest à Moscou est intéressant dans la mesure où l’on franchit des douanes, des frontières, des espaces caractérisés par des cultures propres. Si toutes les frontières [y compris linguistiques] venaient à tomber entre Brest et Moscou, on perdrait beaucoup de choses, à commencer par le plaisir snob de voyager à l’étranger.

Parce ce que le bobo désire toujours pour autrui ce qu’il ne désire pas pour lui-même. Il veut habiter un quartier populaire et multiculturel, mais il ne veut surtout pas mettre ses enfants dans l’école du quartier. Il veut de l’Éducation à la Citoyenneté mais n’a pas forcément très envie de savoir que son fils sera homosexuel dès douze ans et fera le ramadan. Il veut régulariser tous les sans-papiers, mais pas qu’ils viennent squatter son loft. Il faut que les frontières tombent, mais il faut que la diversité culturelle subsiste. Il adore la libre circulation des biens et des personnes, mais a horreur de découvrir que les peuplades les plus isolées du monde ont des Nike aux pieds et boivent du Coca-Cola. Il veut du Shönberg et du body art austro-hongrois démocratisés et accessibles, mais uniquement en compagnie de ses semblables à lunettes carrées dans des endroits snobs, et diffusé avec sous-titrages sur une télévision chiante à un horaire impossible.

Les artistes-citoyens ont encore frappé. Dans leur éternelle quête du sympa, du convivial, du festif, du solidaire social et du ludico-nomade, ils ont trouvé The Anonymous Hugging Wall >>>.

À mi-chemin entre le free hug et le mur à bites, venez vous faire tripoter dans la rue par des inconnus tolérants et ouverts d’esprit. On ne sait pas encore s’il est en fibres hypoallergéniques issues de l’agriculture équitable, mais on est en droit de se demander à quel degré d’aliénation psycho-affective nous sommes tombés pour en arriver là.

AHW01

AHW02

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Notez l’étonnante parenté de cet objet avec celui-ci :

glove_box

- Ouais nan vas-y tu m’casses les couilles ! Mais j’t’emmerdes, va te faire foutre putain ! Ouais, ouais, ouais Karim y m’a dji qu’t’étais pas venu mais que ta cousine elle était là. Nan, vas-y-y arrête c’est bon, ma cousine elle vient si elle veut, j’temmerde ! Ouais, tu laisses ma cousine tranquille d’accord ? Nique ta mère, j’ai pas envie de te parler si tu m’dji des trucs sur ma cousine, c’est bon, arrête, j’t’emmerde ! Nan, nan, nan. Ouais. Nan, putain, nan. Mais putain va te faire enculer, j’viens si j’veux, tu vas pas commencer à m’casser les couilles, putain. T’arrêtes avec ma cousine okay, vas-y tu m’saoûle trop. Nan, nan, nan. Ouais. Ouais, exactement, j’viens si j’veux, c’est bon tu vas pas commencer. Ouais, j’tai dji qu’j’venais, mais j’sais pas si j’viens avec elle, c’est tout, tu vas pas me casser les couilles avec ça, c’est bon. Ouais chuis dans le tram, là. Nan, j’rentre chez moi, pourquoi ? Ouais bah t’as qu’à t’démerde, vas-y j’en ai trop marre. Ouais. Nan. Bah passque tu m’saoûles trop, t’es vraiment un enculé d’ta mère, j’rentre chez moi, c’est comme ça ! Ouais ! Putain j’t’emmerde sale bâtard, tu fais trop ta pute toute la soirée et là tu m’demandes de venir ? Y a trop pas moyen, tu vas te faire foutre. Ouais bah c’est ça, c’est pas moi la salope, en attendant ; c’est toi. Mais putain arrête ! Ouais allez c’est ça, va te faire enculer sale bâtard.

La conversation terminée, la demoiselle soupira un peu, échangea son téléphone pour un kit de maquillage miniature, et se mit en devoir d’inspecter la parfaite tenue de son mascara, de sa poudre matifiante et de sa coupe de cheveux. C’était impeccable.

- Je vous laisse patienter quelques instants ?
– Je vous laisse me suivre ?
– Je vous laisse vous installer ?
- Je vous laisse regarder la carte ?
– Je vous laisse choisir ?
– Je vous laisse voir avec ma collègue ?
- Je vous laisse régler au comptoir ?
– Je vous laisse insérer votre carte ?
– Je vous laisse taper votre code ?
– Je vous laisse reprendre votre carte ?

Vous allez me laisser tranquille, oui ?

Aujourd’hui, vous irez lire les nouvelles aventures d’Obélix chez l’Amiral Potiron, absolument irrésistibles.

Ensuite, vous constaterez l’à-propos de Il Sorpasso concernant nos amis les Frères Carambar.

Vous aimez les costumes traditionnels de nos terroirs ? Vous allez adorer Géraldine.

Après, si vous ne l’avez toujours pas fait, vous avez tout intérêt à filer chez Marie-Thé, avant que je ne vous botte le derrière, sales cancres.

Après visionnage de cette vidéo plutôt bien ficelée, vous extrapolerez le sujet traité à la question des mères-porteuses [intérêt strictement bourgeois, marchandisation,...].

Vous aller adorer la République Française du Subutex chez LBDD.

Enfin, vous irez signer la pétition contre l’infâme projet de l’IFCM.

France Inter, ce matin même à 8h15, bref exposé sur le contexte gabonais dans le cadre des élections présidentielles. Doctement, le chroniqueur explique l’irrationnalité des frontières du pays, en inadéquation avec la composition ethnique de cette région africaine, ce qui ne peut mener qu’à des conflits "doublement explosifs", c’est à dire à la fois ethniques et sociaux, au sein du pays.

De deux choses l’une :

1. Ou bien le chroniqueur est clairement en train de traiter les Gabonais de sales racistes incapables de pratiquer le Vivre-Ensemble avec la Diversité des ethnies [ce qui n'est pas très sympa, et j'espère bien qu'ils vont porter plainte pour diffamation] ;

2. Ou bien on se fout ouvertement de notre gueule, en reconnaissant explicitement que la cohabitation de la Diversité ethnique au sein d’un même territoire ne peut mener qu’à de dramatiques conflits. Et c’est un mec de France Inter qui vous le dit, pas vraiment suspect d’être d’extrême-droite. Auquel cas, j’aimerais qu’on m’explique pourquoi la Propagande [métissage, tolérance, multiculturalisme, diversité, etc.] cherche à nous présenter la réalité ethnique "hexagonale" [qui est, de fait, conflictuelle] sous le maquillage de la rhétorique sociale, voire à l’escamoter complètement.

Depuis la veille, la boucherie révolutionnaire fait rage dans les prisons de Paris. "Toute espèce de mesure modérée est inutile, déclare Danton. La colère du peuple est à son comble, il y aurait du danger à l’arrêter. Sa première fureur assouvie, on pourra lui faire entendre raison."

Le massacre touche principalement le clergé qu’on veut liquider, mais à peu près toutes les catégories de la population y passent : prêtres, aristocrates, voleurs, détenus pour dettes, filles publiques, artisans, manœuvres, jusqu’à des enfants.

À la prison de la Force, le matin du 3 septembre 1792, vers dix heures, la princesse de Lamballe est tirée de son cachot. Couchée, malade, elle était épouvantée des bruits qu’elle entendait.
– Levez-vous, madame, il faut aller à l’Abbaye, lui disent les deux gardes nationaux envoyés pour la chercher. La malheureuse répond par ses mots ingénus :
– Prison pour prison, j’aime autant celle-ci.
On la presse. Tremblante, la tête perdue, elle s’habille et suit les gardes.

Qui êtes-vous ? lui demande Hébert, accoudé à sa table.
– Marie-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, murmure-t-elle, et s’évanouit.

On l’assied, on lui fait reprendre ses sens et l’interrogatoire continue. Il y a dans les juges, il y a dans la foule qui l’entoure des hommes qui, payés par le duc de Penthièvre, son beau-père, voudraient la sauver. On lui demande ce qu’elle connaît des complots de la cour.
Elle balbutie :
– Je n’ai connu aucun complot.
– Faites serment d’aimer la liberté et l’égalité ; jurez haine au roi, à la reine, à la royauté.
La menue, timide créature qui, abritée en Angleterre, n’est revenue en France que pour partager les dangers de la reine, sa maîtresse et son amie, se redresse dans sa robe froissée.
– Je ferai facilement le premier serment, je ne puis faire le second, qui n’est pas dans mon cœur.
– Jurez donc, lui souffle quelqu’un, ou vous êtes morte.
Elle ne répond pas, se détourne et cache son visage dans ses mains.

Hébert alors, levant sa tête sèche et dure, prononce le mot fatal :
– Élargissez madame.

Deux hommes la prennent par les bras et l’entraînent dans la cour.  Ils lui recommandent de crier "Vive la Nation !" quand le guichet s’ouvrira. Le guichet s’ouvre. Devant l’amas des cadavres dont la plupart sont déjà dépouillés, elle ne peut que crier :
– Fi ! l’horreur !

Un jeune homme, un garçon perruquier, dit-on, soit par maladresse, soit avec intention, lui fait sauter son bonnet d’un coup de pique et ses longs cheveux se répandent sur ses épaules.

Quelques-uns prétendent qu’elle avait caché dans sa coiffure un billet de la reine et que le bonnet s’envolant, sa riche chevelure se dénouant, le billet tomba entre les mains des meurtriers. D’autres racontent que le fer de la pique lui avait effleuré le front, et que le sang coulait. L’une ou l’autre cause excite la fureur de la meute.

Un sabre s’abat sur son cou. Elle est percée de plusieurs coups de piques. On la dévêt entièrement. Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d’une borne, livrée aux actes de barbarie dégoûtante de la foule.  Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur. Sa tête est promenée au bout d’une pique, son corps est traîné par les jambes sur des kilomètres jusqu’à la prison du temple. Là, sous les fenêtres de la cellule de la famille royale, ses assassins agitent un lambeau de sa chemise ensanglantée et brandissent la tête de la princesse. Son cadavre mutilé est ensuite promené à travers les rues, deux jours durant.

PrincesseDeLamballe

Éric Besson souhaite un débat sur le droit de vote des étrangers.
Jean-François Copé souhaite un débat sur l’homoparentalité.
Nicolas Sarkozy souhaite un débat sur le travail dominical.

SteamboatWillie01

Ci-dessus, Pat Hibulaire souhaitant un débat avec Mickey Mouse pour régler le problème de la discipline à bord du Steamboat Willie.

I am terrified of all things,
Frightened of the dark,
I am.
You are taller than a mountain,
Deeper than the sea,
You are.

Hold me, Hold me,
Take me with you ’cause I’m lonely.

I was closer to you back then,
I was happier,
I was.
You are fading further from me,
Why don’t you come home to me?

Hold me, Hold me,
Take me with you ’cause I’m lonely.

I am,
I am
Cold.

Hold Me.

Hold me, Hold me,
Take me with you ’cause I’m lonely.
Hold me, Hold me,
Take me with you ’cause I’m lonely.
Hold me, Hold me.

[Weezer – "Hold  me" – Make Believe]

+++

La vie est à mon goût d’une amertume extrême,
Est-ce vivre, Seigneur, que de vivre sans vous ?
Si l’amour que je sens est doux,
Le terme de l’attente, hélas ! n’est pas de même,
Ce poids rude et pesant m’empêche de courir,
Et toujours loin de ce que j’aime,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

[...]

Absente de mon Dieu, je languis triste et sombre,
Qu’est-ce que je puis voir, où je ne le vois pas ?
Ma vie est un affreux trépas :
Mon jour est une nuit et ma lumière une ombre
La source de mes maux sans lui ne peut tarir ;
Lassée d’en voir croître le nombre ;
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

[Cantique de Sainte Thérèse]

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