mars 2009


"Il est grand temps de moraliser ces pratiques. La propagation mondiale du fléau –et dont les populations les plus démunies sont toujours les victimes privilégiées– ne saurait trouver une solution sans une certaine rééducation des échanges entre partenaires, une régulation des modes de consommation, une invitation à changer les comportements motivée par l’esprit de solidarité et d’humanisation des rapports humains."

Ces déclarations de Benoît XVI à propos du préservatif et de l’épidémie de Sida ont suscité l’indignation et la colère de la classe politique de gauche.

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"Il est grand temps de moraliser ces pratiques. La propagation mondiale du fléau –et dont les populations les plus démunies sont toujours les victimes privilégiées– ne saurait trouver une solution sans une certaine rééducation des échanges entre partenaires, une régulation des modes de consommation, une invitation à changer les comportements motivée par l’esprit de solidarité et d’humanisation des rapports humains."

L’ensemble de la classe politique de gauche a généreusement applaudi cette déclaration de Dominique Strauss-Kahn à propos de la crise financière mondiale et du capitalisme sauvage.

Haha, excellent !

preservatif

Tout est dit !
Merci à l’illustrateur Tesson

En attendant mon compte-rendu du concert des Wampas, je vous livre juste le coup du vigile sur le parking.

Le vigile, avec son blouson Sécurité 2000 et sa lampe de poche, nous barre la route :
- Vous allez où comme ça ?
- On retourne se mettre au chaud dans notre voiture. Nos potes qui ont nos places ne seront pas là avant un bon moment. On se les gèle dehors.
- Niet.
- Oh allez, soyez chic, on va choper la crève !
- C’est niet. On veut voir personne sur le parking. Sécurité. Je vois bien que vous avez pas l’air de malfrats, mais c’est la même règle pour tout le monde. Personne sur le parking.

[On discute, on plaisante, on fait des blagues à la con, on négocie en rigolant. Le gars se décoince.]

- Bon… Vous avez pas des têtes de truands ; à titre èxcèptionnèl je vais vous faire une fleur. Mais je vous le dis tout net : si ce soir c’était concert de rap, je vous aurais JAMAIS laissé passer. Sécurité avant tout.
- Merci m’sieur !

Ca donne vachement envie de recontrer le public d’un concert de rap le soir sur un parking.

Dépêche AFP – 24.03.2009 - Dernier discours de Benoît XVI
"L’Église catholique [...] seule détentrice [...] de la Vérité, [...] compte riposter [...] violemment [...] contre les ennemis du véritable [...] pâté en croûte [...] aux morilles."

L’industrie agro-alimentaire s’est dite scandalisée par ces propos, et prête à mobiliser autour d’elle toutes les forces du progrès pour contrer les assauts de l’obscurantisme. Le syndicat des restaurateurs n’est pas en reste, appelant à la démission de Benoît XVI dont l’avis est jugé "totalement illégitime en matière de charcuterie". Nadine Morano a décidé d’organiser sur le parvis de Notre-Dame un grand pique-nique festif et citoyen à base de pâté en croûte aux morilles écoresponsable pour exprimer son désaccord avec le souverain pontife. Dalil Boubakeur s’est indigné, jugeant ces propos "discriminatoires à l’encontre des convictions alimentaires partagées par les musulmans de France". Interrogé ce matin par Marc-Olivier Fogiel, Bernard Henri-Lévy n’a pas hésité à en appeler à la désobéissance civile face au retour des heures les plus sombres de notre Histoire. Dans le courant de l’après-midi, la blogosphère ultra-catholique prenait la défense du Pape en arborant un logo à l’effigie du maréchal Pétain.

C’est le moment idéal de vous faire [re-]découvrir ce chef-d’œuvre des Monty Python : Every sperm is sacred !

La vidéo n’est pas de très bonne qualité, mais c’est la seule que j’ai pu trouver comportant les sous-titres en français. Si vous êtes bons en anglais et n’avez pas besoin de sous-titres, cliquez là >>>.

Les gars de la presse n’ont vraiment honte de rien. Au moment où Benoît XVI répète en Afrique qu’on ne rigole pas avec la vertu, fâchant les progressistes, voilà qu’on entend les journalistes regretter le temps de Jean-Paul II, de sa douceur, de sa modernité, de sa plus grande ouverture d’esprit…

J’hallucine. Je n’ai tout de même pas rêvé cette époque encore très récente où l’on entendait le charroi incessant des tombereaux d’insultes à l’adresse du Vatican sous le règne de Jean-Paul II… Souvenez-vous de ces centaines de caricatures le figurant sous les traits d’un vieillard sénile fustigeant vertement l’usage du préservatif. Rassurez-moi, ai-je été victime d’un trouble de la perception ? Suis-je le seul à ne pas me souvenir que du Monde à Canal+ en passant par Radio France, tout le monde chantait la louange du bon Jean-Paul ? Aurais-je fantasmé la horde des hyènes qui guettaient chaque signe de son agonie pour fondre sur son cadavre pendant des années de traque malsaine ? Suis-je le seul à avoir eu la nausée quand j’ai entendu ces mêmes hyènes embusquées derrière leurs téléscopes à infrarouge et leurs microphones à longue portée nous annoncer la "grande dignité" qui accompagna sa mort derrière les volets de la place Saint-Pierre ? Bande de connards, vous gardez autant d’ardeur à vomir sur l’un que sur l’autre ; ne venez pas nous pipeauter le coup de la nostalgie du bon vieux temps.

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Il est d’usage de dire que la contraception est la solution au problème de l’avortement ; il est d’usage de dire que le préservatif est la solution au problème des épidémies de MST. Ce sont des raisonnement biaisés. Les faits ne mentent pas, et la causalité est directe : l’encouragement à la contraception encourage en toute logique un certain dérèglement des mœurs [on entend le public huer et siffler], faisant culminer le nombre de grossesses interrompues vers des chiffres astronomiques évoquant franchement une forme d’abattage humain de masse. Selon cette même logique, l’encouragement à l’usage du préservatif encourage naturellement un sentiment d’immunité ou d’inocuité de son comportement sexuel, faisant grossir le nombre des malades contaminés…

L’Église est très claire : répondre au Sida par le préservatif, c’est clairement abandonner la quête de la sainteté, et reconnaître victorieux l’ennemi de l’Amour véritable, lequel s’incarne dans l’idéal familial [monogamie, fidélité, fécondité,...]. L’Église ne répond pas au Mal en ripostant avec les armes du Mal, elle répond en envoyant les escouades du services de déminage : miséricorde, humilité, fidélité, moralité,…

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Ce raisonnement de la surenchère des moyens est un fléau moderne qui ne touche pas seulement les questions morales ou ecclésiales. On peut en trouver des équivalents un peu partout dans la crise civilisationnelle que nous traversons.

Ainsi, contre l’échec scolaire et la baisse du niveau, les modernes appellent de leurs vœux toujours plus de moyens. Or quiconque réfléchit un peu comprend que la crise scolaire ne concerne pas les outils du savoir et leur financement, mais une profonde dévalorisation de l’autorité qui sépare le Maître de l’Élève, le Savoir de l’Ignorance.

Ainsi, contre le danger des comportements juvéniles toujours plus radicaux, les modernes ne jurent que par la Prévention, la Cellule Psychologique, les Campagnes d’Information, les publicités pour les Bonnes Pratiques, ce genre de conneries. Cette riposte massive produit des effets doublement pervers : premièrement ils n’atténuent en rien la volonté des jeunes de transgresser une loi toujours plus abrupte ; et deuxièmement, l’image de l’autorité en tant que figure paternelle mute en une gigantesque abstraction maternelle totalitaire.

L’art de la Riposte Moderne se constate à l’infini dans notre quotidien. La solution à la pauvreté, c’est encore plus d’impôts. La solution aux dangers de la route, c’est encore plus de gilets jaunes. La solution à la tristesse des gens, c’est encore plus de consommation. La solution au problèmes de l’immigration, c’est encore plus de régularisation. La solution au trou de la Sécu, c’est encore plus de Sécu. La solution aux usines qui ferment, c’est encore plus de fiscalité. La solution au chômage, c’est encore plus d’aide aux chômeurs.

Tant qu’on n’aura pas compris l’art du déminage, on n’avancera pas. Et même, on s’engluera davantage dans notre propre mélasse. Mais pour être un bon démineur, encore faut-il oser nommer une mine une mine. Et c’est pas gagné quand on sait que, pour certains, la famille est un problème, la fidélité est un problème, la vertu elle-même est un problème.

La HALDE vient de nommer une commission d’étude pour le démantèlement des monuments aux morts de la première guerre mondiale d’ici à 2018. Les conclusions du rapport sont attendues pour la fin de l’année 2011. Extraits du communiqué officiel :

"La Commission d’Étude travaillera selon quatre axes de réflexion, afin d’opérer la nécessaire mise à jour de l’identité nationale dans une Europe moderne où les combats de premier ordre ne concernent plus la défense des frontières nationales mais la lutte contre le racisme, contre les préjugés, pour l’égalité et la diversité.

Premier axe : Le constat de l’actualité
La Commission d’Étude constate la désaffection des Français pour les commémorations de la Grande Guerre. Les défilés militaires, le patriotisme et les drapeaux tricolores n’emportent plus l’enthousiasme que connaissaient les générations précédentes, pour qui ces évènements historiques étaient liés à l’histoire familiale et aux souvenirs proches. La signification de la date du 11 novembre 1918 est de plus en plus largement ignorée chez les jeunes générations, notamment celles issues de la diversité.

Deuxième axe : La Nation, la France, la République
Le couple franco-allemand est le noyau de l’Union Européenne, dans laquelle les questions nationales tiennent désormais une place secondaire. Dans ce contexte, les monuments aux morts figurent une représentation caduque de la République, où la différence culturelle est représentée comme une ennemie à combattre. Dans le cadre de l’amitié franco-allemande, il paraît opportun de s’interroger sur la permanence de ces symboles de préférence nationale et de discrimination culturelle.

Troisième axe : Représentativité et identité
La France d’aujourd’hui, toujours plus riche de sa diversité, se reconnaît de moins en moins comme partie prenante de cette Histoire. Les patronymes gravés sur les stèles commémoratives ne reflètent pas la réalité de la République du XXIème siècle ouverte sur le monde. La permanence du souvenir de la Grande Guerre, censée autrefois souder la communauté des citoyens, est de nos jours un facteur diviseur et discriminant, aggravant le sentiment d’exclusion des citoyens récemment arrivés en France, pouvant donner l’impression de mettre en cause la légitimité de leur présence, et confortant les nostalgiques du patriotisme dans l’entretien de revendications nationalistes.

Quatrième axe : Vers une reconversion citoyenne
La Commission d’Étude travaillera sur une éventuelle reconversion des monuments aux morts. Les victimes du racisme ou de l’homophobie pourraient par exemple remplacer ces symboles belliqueux. Des monuments pour célébrer la Paix ou la Diversité pourraient également prendre leur place, à l’instar du Mur de la Paix qui existe actuellement à Paris.

La HALDE rendra son rapport public en novembre 2011."

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Un patrimoine en péril !

Dans la boutique Optic Conglomérat International on vous propose de jolis modèles de lunettes. Oui, mais chez Gérard Dugenou Opticien ils ont aussi de jolis modèles en rayon. Comment départager les services offerts par les deux enseignes ?

Le choix est simple : chez Optic Conglomérat International vous avez été accueilli par un vendeur à cravate moche dans un décor franchisé étudié par une boîte de marketing à la con, et c’est une star de la variété qui en fait la pub à la télé ; alors que chez Gérard Dugenou, vous avez été accueilli dans un décor chic et sobre par la fille du patron, laquelle ressemble à une top-model ukrainienne habillée par le Comptoir des Cotonniers [ou par Tara Jarmon], et dont la politesse est exquise.

Chez Optic Conglomérat International, on vous fourre de force vos lunettes sur le nez, on vous écrase le cartilage et on vous griffe les oreilles. Et vous êtes obligés de repasser derrière le vendeur pour remettre vos lunettes en bonne place. Svetlana Dugenoutovskaïa – car c’est sans doute son nom–, elle, vous les tendra du bout des doigts pour que vous puissiez vous-mêmes les poser et les ajuster de la façon la plus confortable !

Chez Optic Conglomérat International, on vous demandera toutes vos coordonnées personnelles pour créer une "fiche client" dans l’intranet de la multinationale. Vous aurez des étiquettes avec des codes-barres, des points-cadeaux à cumuler, des offres spéciales valables sur tous les modèles dotés d’une pastille rouge, vous recevrez des newsletters et des offres exclusives pour la Saint-Valentin dans la limite des stocks disponibles et dans les magasins participant à l’opération – l’horreur. Chez Irina Dugenouïevska – car c’est sans doute son nom –, on ne vous demandera que votre carte bleue ou votre chéquier, et vous raccompagnera vers la porte avec une courtoisie exemplaire.

Vous achèterez vos lunettes chez Olga Dugenouchenko – car c’est sans doute son nom –, et recommanderez l’adresse à vos amis. Tant pis si vous payez un peu plus cher, la défense de la civilisation n’a pas de prix.

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Tenez, pourquoi croyez-vous que je me fais coiffer et tailler la barbe par Nathalie rue de la Bourse, plutôt que par Kévina de chez Hair Mondial Holding© qui officie dans le quartier piétonnier entre un Marionnaud, un H&M, un Naturisme & Découverte et un Zara ? Parce que Nathalie est belle comme le jour, qu’elle fait un boulot impeccable, qu’elle ne fait pas poireauter ses clients au son d’ Europe 2, et que sa boutique n’est pas aménagée selon les codes d’une charte graphique commune à tous les Hair Mondial Holding© ! En sus, vous pouvez être certain que Nathalie n’arborera pas ces décolorations de mèches compliquées et affreuses que Kévina prend un malin plaisir à harmoniser avec ses kilos de maquillage pour se trouver chic.

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J’adore acheter ma viande sur le Quai Saint-Antoine, dans cette caravane verte et blanche dont j’ai oublié le nom, mais dont je n’ai pas oublié la marchande ! Elle est gentille comme tout, elle a un sourire merveilleux sur une bouille ravissante, elle a toujours un mot d’esprit plein de retenue et d’élégance. Ses fromages sont délicieux, ses côtes de porc sont fondantes, son pâté de campagne est absolument exquis. Oui, c’est un peu plus cher, mais quel délice de commercer avec des gens comme ça ! Son confrère d’en face – qui vend les meilleurs fromages du monde – est tout aussi beau et charmant, même si un étrange voile de mélancolie passe toujours au fond de ses yeux bleu-gris. Alors bon, vous ne me ferez plus avaler les steaks trop mous ou trop durs du MarchéPrix, pas plus que les infâmes fromages industriels sous plastiques que la pub nous vend à grands renforts d’authenticité photoshopée à mort. Oui, c’est sans doute un peu plus cher au marché Saint-Antoine, mais il faut savoir faire honneur au savoir-faire des artisans, au plaisir de la vie, et aux bouteilles de derrière les fagots.

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Les marchandes de fleurs de la Place de la République sont très gentilles, mais celles qui bossent à côté du Sofitel font mieux : certes elles ont beaucoup moins de choix, mais la sélection est toujours d’un goût irréprochable, et elles savent vous faire un somptueux feu d’artifice avec trois pétales et demi ! Place de la République, elles ont des gros doigts, des doudounes affreuses et des tabliers verts super moches. À côté du Sofitel elles ont un tablier noir super classe et des mains de fées. D’ailleurs c’est bien simple, de toute évidence elles n’ont pas été recrutées sur CV mais sur le podium d’un défilé de mode. Okay c’est plus cher, mais vous payez les services d’un personnel courtois, élégant, soigné et soigneux ! Vous comprendrez que je préfère largement faire le détour par le Sofitel…

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Tenez, je vous avais raconté une fois pourquoi je n’aimais pas le cinéma Pathé : une fois qu’on vous a fait entrer dans la salle par le hall plein de moquettes et d’escalators qui brillent, vous êtes priés de foutre le camp après la séance par un escalier de secours minuscule et dégueulasse [suivez les panneaux lumineux verts "Issue de secours"], et vous finissez par vous retrouver dans la petite rue sombre derrière le cinoche ! Trop sympa ! Préférez un autre endroit, une salle où personne ne vous fera chier avec ses exhalaisons envahissantes de pop-corn et son intolérable boucan de sachets-fraîcheur froissés ; et où vous aurez le droit de repasser par le hall pour sortir ! On n’est pas du bétail, putain !

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Discriminez, bordel ! Le monde civilisé a besoin de vous pour éradiquer l’idéologie du fluo ! À dossier égal, préférez les gens beaux, bien habillés, bien coiffés et bien élevés ! Jugez à la tête du client ! Soyez emplis de préjugés et fiez-vous à votre première impression ! Postez un videur intolérant à la porte d’entrée de votre ciboulot ! Fuyez les gens qui portent un sweat à capuche sous leur veste pour avoir l’air cool ! Fuyez les hommes à cravates roses, les gominés à gourmettes, les pétasses à escarpins plaqués or, les connasses cramées aux UV !  Contrôlez au faciès, nom de Dieu ! N’ouvrez pas de compte en banque chez un gars qui porte une cravate Droopy ! Ne remettez plus les pieds dans les endroits cool où l’on vous tutoie vulgairement comme des gens cool ! Le jour où un service privé offrira les mêmes prestations que La Poste, vous y courrez pour échapper aux cohortes fonctionnaires habillées comme des sacs à patates ! Discriminez, que je vous dis !

J’ai rêvé de Patrick Bruel. Je le voyais à la télévision, passant d’émission de variété en émission de variété, parlant de l’Église catholique. Il la condamnait de façon ferme, systématique et répétitive à chaque nouvelle émission, arguant des affaires de pédophilie qu’elle traînait comme autant de casseroles. Alors je lui répondais ceci : on ne parle que de pédophilie quand on parle de l’Église catholique ; mais est-ce que moi, quand je parle de Musique, je parle de Patrick Bruel ?

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J’ai vraiment besoin de vacances.

Voilà. On nous promet un joli capharnaüm.

Où l’on constate que la voie du progrès n’est que le retour à un âge primaire, à l’innocence bestiale qu’on tient pour un sort enviable. On est du genre qu’on veut. On est les parents de qui on veut. On vit la sexualité qu’on veut. On vit en compagnie de qui on veut. On butine qui on veut. On croit en ce qu’on veut. On se débarrasse de qui on veut quand ça prend trop de place dans son planning. On est d’où on veut et on retournera où les quatre vents disperseront ses cendres. On meurt au jour qu’on veut dans les conditions qu’on veut.  Tous les raisonnements se valent. Dehors les "croyances" et les "principes", dehors les "hiérarchies" et les "discriminations". La vie est un creux où l’on vaque par hasard.

Rira bien qui rira le dernier, quand les armées du string transgenre et du godemichet recontreront celles de la burqa polygame et du cimeterre. Le néant androgyne contre le néant misogyne. La stérilité volontaire contre l’attentat suicide. Le totalitarisme de Big Mother contre la haine des hommes libres. L’imbécillité contre le crétinisme, l’obscurité contre l’obscurantisme, la déculturation joyeuse contre le fanatisme heureux, le matérialisme contre l’idôlatrie, la mort contre la mort.

La sainteté est une imposture pour les premiers, un simple mode d’emploi pour les seconds. Mais pour nous elle est un héroïsme, c’est à dire la voie qui fait honneur à notre plus grande valeur : la liberté. Aménagez vos catacombes, on y retourne bientôt. Voyez grand : elles serviront d’école [car toute instruction véritable est désormais devenue indésirable], d’hôpital [car toute obstruction à l'hédonisme est désormais soignée par la mort], et d’abri pour la cour des miracles du XXIème siècle.

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Il me souvient d’avoir un jour visionné une courte vidéo, filmée par un téléphone portable au cœur d’une foule compacte et hystérique, quelque part au Moyen-Orient. Un essaim d’hommes en furie était en train de massacrer une femme à coups de poings, de pierres, de pieds, de tout ce qui tombait sous la main. La malheureuse – j’ignore son crime – hurlait parmi les hurlements, s’effondrait rouée, piétinée, déchiquetée.
Puis, alors qu’elle gisait morte ou agonisante dans son vêtement déchiré de toutes parts, des mains se précipitèrent pour couvrir une fesse ou une jambe qui dépassait. Ce qui était blasphématoire pour cette meute sanguinaire ne résidait absolument pas dans la mise à mort sauvage d’une femme ; c’était soudain l’impudeur provocante d’une fesse. Il était soudain choquant qu’on pût voir une fesse, et c’était cela qui était inadmissible pour ces justiciers vertueux.

Comment ne pas y voir l’image exactement inverse de nos Modernes, qui défendent bec et ongles le droit, et même le devoir, d’exhiber ses fesses, au prix des 220.000 enfants qui finissent chaque année à la poubelle ? La pudeur de ceux-là ne s’offusque pourtant pas de ce chiffre littéralement sanguinaire. Il est bien plus choquant, n’est-ce pas, de voir quelques extrémistes intégristes prier devant une clinique et refuser l’exhibition obligatoire gagnée par l’implacable libération des mœurs.

Un Grenelle de l’environnement, un Grenelle de la mer, un Grenelle de la diversité ou un Grenelle de la téléphonie… Comme on n’arrête pas le progrès et qu’on se lasse trop vite de tous ces petits Grenelle médiatico-médiatiques, je vous propose un nouveau cycle de congrès : un Yalta de l’euthanasie, un Nuremberg du nautisme de plaisance, un Maastricht de la monoparentalité, un Potsdam du pot d’échappement catalytique, un Blum-Byrnes de l’agroalimentaire lyophilisé, un Évian de la protection des pandas, un Chambord du stylo à bille, un Plan Marshall du théâtre de rue, un Aix-la-Chapelle du logement social, un Briand-Kellogg de l’homophobie, une Longue Marche pour la laïcité, ou encore un Pacte d’Acier de l’échec scolaire.

nuremberg

Ci-dessus : On ne dialogue efficacement qu’en rassemblant le maximum de partenaires sociaux.

Publicité sur un forum [capture d'écran].

holywar

Je suis vexé. Je peaufine un brouillon d’article depuis des semaines, et je découvre que quelqu’un d’autre a déjà exprimé précisément et efficacement ma pensée sur le sujet en une seule phrase.

"Serf, ce peuple bâtissait des cathédrales ; émancipé, il ne construit que des horreurs."
Cioran

Je remercie le blog Nihilisme actif pour cette découverte, par l’entremise de l’ami Flavius Aetius [lequel a eu la bonne idée de fonder une nouvelle académie de méritants >>>].

Mon brouillon tâchera de faire mieux que Cioran, mais faut rêver non plus. Voire, il finira à la poubelle.

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