février 2009


Lisons ensemble l’article de Wikipedia consacré à la marque Banania :
"Le slogan historique de la marque était jusqu’en 1977 « Y’a bon Banania » prononcé par un tirailleur sénégalais. Selon la légende, ce slogan proviendrait d’un tirailleur sénégalais blessé au front et embauché dans l’usine de Courbevoie. Goûtant le produit, il aurait déclaré en moyadit « Y’a bon ». Depuis les années 1970, certaines critiques considèrent ce slogan comme porteur des stéréotypes racistes qui ont nourri la caricature du Noir de l’époque (sourire niais, amis des enfants donc grand enfant et incapable de s’exprimer correctement dans une langue française qu’il se doit de manier)."
En effet, un collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais, associé au MRAP, avait récemment plaidé cette cause devant la Justice, jugeant le slogan "dévalorisant pour les Noirs", et appelant au banissement du fameux slogan.

La même critique est généralement émise à l’égard de l’album Tintin au Congo, où l’on conteste le fait que Milou – un chien – s’exprime dans un français parfait tandis que cette faculté est refusée aux Noirs, jugés incapables de parler autrement qu’en ce qu’on appelait autrefois "du petit nègre". "Toi pas partir! Toi y en a venir avec nous chez les Babaoro’m! " Nous étions en 1930.

Pour ma part, j’en appelle au Conseil d’État pour interdire tout reportage sur la Guadeloupe, ceux-ci donnant par les mêmes procédés linguistiques une "mauvaise image des Noirs", pétrie de "clichés colonialistes". Je vous invite à lire les revendications officielles du LKP liées aux manifestations "Kont’ la pwofitasyon" qui se déroulent en "Gwadloup", lesquelles en appellent à une voie politique "kapab konstwi on sosyété nèf ki dwet kapab prévwa manjé, édikasyon, konésans, santé, kaz, travay é respé."

 

Ahahahahah, les Frères Carambar ont encore frappé fort hier soir à Lyon>>>. Et vous savez quoi ? J’y étais ! Infiltré comme un espion ! Une taupe !

Je me suis retrouvé au milieu d’une bande de gens tous impeccablement déguisés en fonctionnaires. Pour les uns, c’était la décontraction du type Fonctionnaire des PTT [gilet informe sur chemise sans couleur, collier de barbe un brin négligée, ou moustache de moustachu pour les plus branchés] ; pour les autres, c’était plus classe [cravate vert-éteint du type Chef de service à la DDE ou Responsable syndical du Lycée Jean-Jacques-Goldman sur une chemise au ton bleu-gris-mauve]. Ces dames resplendissaient dans leurs costumes traditionnels de Prof de l’Éduc’ Nat’ cinquantenaires [coloration rouge feu ratée sur une coupe de cheveux la moins féminine possible, lunettes fantaisie mauves ou vertes, châle moche et bigarré sur les épaules]. Çà et là, quelques sommités administrativo-politiques se répartissaient dans la salle, aisément reconnaissables à leur élégante démarche dite d’élu local à cravate d’élu local.

Toute cette assemblée de citoyens citoyens avait trouvé un lieu de rendez-vous à la hauteur de cette pompe : l’Espace Citoyen de la Mairie du VIIIème.

Figure 1. Façade de la Mairie.
Admirez la mise en lumière du bâtiment. Vous avez capté la métaphore poétique ? Bleu-blanc-rouge ! Trop fort, hein ? Voilà ce qu’on appelle des beaux rideaux !

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Figure 2. L’entrée de la salle.
Attention, la métaphore poétique est plus difficile à trouver.

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Et oui, c’est la transparence ! Bientôt vous serez incollables sur l’art de déchiffrer l’architecture officielle !

Bon, mais que se racontait tout ce petit monde ? Eh bien qu’on ourdit un complot visant à anéantir totalement l’Éducation Nationale. MM. Darcos et Sarkozy sont en réalité aux ordres de conspirateurs tapis dans l’ombre. Grâce à une enquête rondement menée et dont les conclusions nous étaient exposées, il s’avère que Sarkozy se plie en réalité à toutes les  exigences du Vatican sans sourciller, que Darcos est un réformiste acharné complètement hors-contrôle, que le ministère est infiltré par le Club de l’Horloge, et que ce dernier est infiltré par l’Opus Dei. Et une nébuleuse d’associations lefévristo-libertariano-frontistes [Sos-Éducation, Créer son école,...] promeuvent la séparation de l’École et de l’État, autant dire un insoutenable blasphème.

En gros, on se scandalisait à qui mieux mieux qu’on puisse user en France de sa liberté pour envoyer ses enfants dans une autre école que celle de l’État, tout en attribuant à ces social-traîtres des affinités idéologiques analysées avec autant de subtilité qu’en emploierait Christophe Maé pour expliquer l’art de la Contre-Réforme. Égalité, okay. Fraternité, okay. Mais bon, pour la Liberté, faut pas non plus en profiter pour discréditer le formidable travail du Mammouth, ce genre d’infidélité à notre bonne république a vite fait de vous transformer ipso facto un membre de la Bête Immonde dont les Heures sont encore Sombres dans le Ventre de son Histoire Féconde, enfin un truc dans le genre. Bref, tous les curés du monde n’atteindront jamais la hauteur de vue d’un instituteur sans Dieu, c’est ça qu’il fallait retenir.

Ah, une ou deux braves dames s’inquiétaient tout de même de la pression islamiste radicale franchement majoritaire au sein des établissements scolaires de banlieue ["un vrai danger pour la laïcitéééé !"], mais bon, tout ça c’est social, c’est la misère, c’est l’intolérance. Avec des sous ça ira mieux.

Voilà. Deux heures de rire jaune qui me confirment – une fois de plus – qu’il est hors de question que je confie un jour mes gosses à ces tarés obnubilés par un seul but : faire des enfants de parfaits citoyens. Excusez-moi, j’ai envie que mes enfants apprenent à lire et à devenir des hommes cultivés et libres. J’ai encore le droit ?

Je vois parfois passer d’étranges papelards sur mon bureau. L’autre jour, c’était un courrier exigeant qu’on efface le mot "Cuisine" dans je-ne-sais-quel formulaire à la con, au profit de la mention "Unité de Production Alimentaire".

Il y a donc des gens payés pour la destruction de l’intelligence. Bon, je vous laisse, je vais aller chercher une bière dans mon Unité de Fabrication du Froid Domestique. Et en fermant la porte derrière vous, n’oubliez pas d’éteindre le Complexe Électrique d’Émission Photonique qui pend à votre plafond.

On rigole, on rigole, mais on voit où nous mènent de pareils tordus : tout droit dans le "Projet Parental", la "Réduction embryonnaire" ou le "Vivre-ensemble". Détruire le Verbe, c’est annihilier le vivant.

Encore un excellent texte à lire chez LBDD. >>>

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Comment prouver la convergence d’intérêt des progressistes et des capitalistes ? En considérant l’immense ouvrage de bétonnage de la France mené entre les années 50 et les années 80. En vertu de la Charte d’Athènes signée par les protagonistes de l’architecture moderne – tous affiliés ou apparentés au Parti Communiste – la réponse urbanistique de l’après-guerre devait tenir en ces termes : Architecture pour les masses = Fonctionnel + Rentable.

Concrètement, que s’est-il passé dans le milieu de l’architecture ? Les grandes et moyennes agences se sont ruées dans le filon, par conviction progressiste sincère. Plans d’urbanisme gigantesques, villes à reconstruire après la guerre, nouvelles théories à appliquer ; il y avait du pain sur la planche, et de quoi soulever l’enthousiasme pour qui croyait à l’avènement d’une nouvelle société sur ces préceptes plus ou moins explicitement collectivistes. Pourtant ces belles âmes pleines d’humanisme furent les premières également à considérer que le facteur humain ou environnemental ne souffrirait aucun particularisme, et l’on édifia des kilomètres cubes de logments – des silos à peuple, comme disait un de mes profs d’histoire de l’art – selon une méthode rigoureusement répétitive de reproduction des mêmes plans pour tous les projets. Au sein d’une même agence d’architecture, on dessinait les mêmes appartements pour Toulon, pour Lille ou pour Mulhouse. Voire, on se refilait des plans-types – fonctionnels+rentables, n’est-ce pas – d’une agence à l’autre. On n’appelait pas encore cela du copier-coller, mais c’était exactement le procédé. Les machines de reproduction tournaient à plein régime, les crayons finissaient même par transpercer les papiers calques usés d’avoir servi mille projets similaires à la chaîne.

On était progressiste, et on découvrait que cette vertu appliquée au monde réel donnait sans vergogne des fruits strictement productivistes. L’esthétique ? L’esthétique est un précepte bourgeois, la beauté naît du réalisme. En l’occurence le réalisme des coffrages du béton brut, signature d’un monde machinisé dans la joie, et que l’on doit accepter comme tel. Le chantier des barres de logements consistait à aligner des éléments de béton standard le long d’un chemin de grue ; la construction avançait selon une progression standardisée, travée par travée, étage par étage. La longueur de ses machins pouvait aussi bien être infinie, selon la longueur du chemin de grue. [Alors, les progressistes, on critique toujours les cadences infernales ?]

Il est évident que la magouille allait bon train dans le réseau infernal des architectes, des promoteurs immobiliers, des décideurs politiques, et des marchands de béton. Les maires communistes s’entendaient à merveille avec les multinationales du ciment. Les architectes humanistes trouvaient toujours des arrangements avec les marchands de mètres carrés sans foi ni loi.

À peine germé, le fruit a pourri. Que voulez-vous qu’on fasse de bon avec des capitalistes et des progressistes, frères ennemis mais frères quand même, puisqu’ils ne sont que des techniciens du vivant ?

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Photos : Vénissieux en 1900 / Vénissieux en 2000

Patrick Lozès à propos de la crise guadeloupéenne :
"La demande d’une plus grande justice sociale et économique formulée par les habitants des DOM rencontre la demande de toutes les minorités visibles en France. Ces minorités ne demandent pas la charité mais la justice !"

Au même moment, Emmaüs publie un communiqué de presse :
"L’interpellation le 16 février 2009 d’un sans-papier accueilli par la communauté de Marseille Pointe-Rouge s’est transformée  le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté. Ainsi,  sur décision du parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs  aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, un responsable de la communauté a été mis en garde à vue.
[...]
Depuis 60 ans, Emmaüs accueille des personnes en souffrance non pas par charité, mais par solidarité, pour que ces dernières par leur travail et la vie en communauté en devenant compagnon, puissent retrouver leur dignité."

C’est fou comme la charité fout la trouille aux progressistes. Les premiers parce qu’une justice conçue sans charité permet de légiférer sur n’importe quoi au mépris du bon sens, à commencer par la reconnaissance qu’on doit témoigner aux gens qui se cassent le cul pour les autres. Le statut de minorité autorise ainsi une considération particulière, et même supérieure au statut de la majorité – sans oublier qu’une minorité, selon Lozès, ne se mesure pas selon une vérité arithmétique, mais selon une charge idéologique [voir ma note d'hier], ce qui nous fait évacuer toute intelligence au profit de l’émotivité plus ou moins tribale [ultracommunautaire] et plus ou moins vindicative.

La charité fout la trouille aux seconds parce qu’ils ont assimilé le Progrès pour tout chemin vers le Salut, les Droits de l’homme pour tout Décalogue, la Tolérance pour tout Évangile, les Citoyens du Monde pour tout Enfants de Dieu, la nationalité française pour tout baptême et toute dignité. J’exagère à peine. Or la charité ne dispense pas de respecter les us, les coutumes, les nationalités, les législations locales, les lois internationales, etc. Seules les théocraties confondent les châtiments d’ordre divin et les châtiments d’ordre terrestre. Le défaut des progressistes, c’est de prendre l’Internationale des Gentils Sans Frontières pour l’avènement du règne de Dieu. L’existence des frontières est une injustice, donc un péché. La charité fout la trouille parce qu’elle n’oblige pas seulement à regarder en bas, mais aussi vers le haut. Elle exhorte à agir librement et héroïquement. Être solidaire, c’est plus simple : c’est une question de vivre-ensemble, de redistribution des richesses, et de régularisation des titres de séjour. La solidarité se pratique d’autant plus facilement qu’il est d’usage de  compatir davantage pour les antipodes que pour le pas de sa porte. Est-il charitable d’encourager le déracinement et la paupérisation des gens en difficulté ? Notre prochain n’est-il pas aussi celui qui nous est proche ? La solidarité nous dispense de ces questions : donnons des sous et des papiers, notre âme sera sauvée.

Patrick Lozès s’exprime :

"Quelles pourraient donc être les solutions de long terme à la crise aux Antilles ?
Les solutions que le CRAN propose pour les minorités visibles de France sont bien sûr applicables aux Antilles.
Nous demandons la mise en place d’une « affirmative action » à la française pour compenser les discriminations, et ce en ayant pour horizon, l’égalité républicaine.
C’est une politique qui s’adresse aux minorités alors que les noirs et les indiens sont majoritaires aux Antilles me direz-vous ?
La minorité n’est pas une notion démographique. C’est une notion politique. Une notion de pouvoir."

Les mathématiques ne sont pas une notion objective. La somme de 2+2 est égale à 4 si vous raisonnez comme des enculés de bourgeois racistes. L’affirmative action soutient que la somme de 2+2 dépend du résultat nécessaire à la capitulation du camp adverse.
2+2=9 en vertu du credo antiraciste.

Source >>>

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1- Il n’y a pas d’immigration, voyons. C’est un fantasme réactionnaire, un pantin manipulé par l’extrême-droite pour attirer les braves gens vers leurs urnes. Si certains voient des Noirs et des Arabes partout, c’est leur problème. Nous, c’est très simple, nous ne les voyons pas.

2- Comment ça il y a une "immigration importante, voire massive" ? Jamais de la vie. Okay on admet qu’il y a bel et bien quelques immigrés en France, et en particulier dans certaines banlieues de la région parisienne ou marseillaise, mais soyons raisonnables il n’y a rien d’inquiétant. D’ailleurs on ne donne pas la nationalité française comme ça, aussi facilement. Les Français sont chez eux en France.

3- Bon, on veut bien admettre qu’il y ait une immigration massive, mais n’est-ce pas une chance pour la France ? En revanche ne tombons pas dans la stigmatisation des immigrés en considérant leur pratique de l’Islam comme inquiétante. Parce que nous vivons dans un pays laïc, nous n’avons pas à juger les pratiques religieuses des gens, a fortiori si elles ne concernent que quelques dizaines de clampins, loin des Champs-Élysées et du Café de Flore.

4- Il faut qu’on vous dise, on vous a menti : en effet l’islamisation radicale de la population immigrée est un fait avéré, et nous allons bien entendu y mettre bon ordre. On est dans un pays laïc, merde. Quelques éducateurs de quartier feront ce travail sans peine. Au boulot.

5- N’écoutez pas ces oiseaux de malheur qui condamnent nos "éducateurs de rue", nos "associations de quartiers" et autres "médiateurs citoyens" ! Ils veulent vous faire croire qu’ils ne font qu’agraver la sécession des "quartiers sensibles" ; or ils font tout leur possible pour que ces cités participent activement à la vie de la République et s’intègrent à notre société. Et ça marche ! Regardez toutes ces bibliothèques et ces ateliers citoyens ! La créativité par les tags, la poésie du rap et la chorégrahie hip-hop, voilà le renouveau culturel français !

6- Bon, on vous accorde ce point, on vous a encore menti : les cités sont en effet noyautées par des caïds, vivent hors de toute loi française, les flics n’y rentrent plus sans se faire tabasser, on y trafique tout et n’importe quoi, toutes les femmes y vivent voilées, et ce sont les écoles et les bibliothèques qui brûlent à la première émeute. Mais c’est à cause de la discrimination à l’embauche ! Aux discours de haine de l’extrême-droite ! À l’ascenseur social qui est bloqué ! Aux profits du grand patronat voyou ! Au racisme viscéral des Français ! Au modèle culturel qu’on veut leur imposer et qui ne leur ressemble pas !

7- Ah, on a oublié de vous dire : en réalité l’Islam n’est pas un problème : il est la solution !! L’Islam n’est-il pas une religion formidable, pleine de valeurs démocratiques, remplies à ras-bord de droits-de-l’homme, et si dispensatrice de tolérance ? Notre société n’autorise-t-elle pas la diversité des croyances ? Et le vivre-ensemble n’est-il pas un bel objectif ? Nous pouvons dès lors accomplir notre si beau rêve : la société multiculturelle, grâce à l’Islam ! Mais attention hein, nous serons fermes et intransigeants sur la séparation de l’Église et de l’État.

8- Vous êtes trop cons ! L’État est bel et bien séparé de l’Église, mais existe-t-il le moindre document qui stipule la séparation de l’Islam et de l’État ? Non !!! Alors il n’y a aucune raison de refuser des financements pour les mosquées, la formation des imams, les associations crypto-terroristes, les institutions antiracistes, les képis d’officiers de la République ornés du croissant islamique, les écoles coraniques et les madrasas, les festivals de musique orientale et de "saveurs d’ailleurs" ! Hé, vous n’allez pas commencer à râler, la France n’est pas un bien réservé à un seul peuple élu soit-disant là depuis plus longtemps que les autres ! Bande d’égoïstes, la France est à tout le monde ! Regardez, tous les supermarchés ont investi dans les produits "halal", et les banques sont en train de faire la même chose. Les cantines scolaires n’ont-elles pas cessé de servir du porc ? Il faut mettre un terme à cette vieille France moisie un peu trop blanche. Comme disait l’autre, "c’est pâle et ça n’a pas l’air bien frais". Comme disait encore un autre : "la nationalité est un concept discriminant et bête".

9- Puisque le dimanche n’est plus un jour férié grâce à M. Sarkozy, il faut bien instaurer une pause dans le rythme de travail hebdomadaire. Quel meilleur choix que celui du vendredi, puisque les musulmans sont ceux dont la pratique religieuse est la plus suivie ? Il n’y a plus guère que 70.000 chrétiens qui se rendent à l’église le dimanche, alors que 32,8 millions de musulmans se rendent à la mosquée le vendredi. Prenons acte de ce grand progrès et agissons à la faveur du plus grand nombre, puisque nous sommes une démocratie exemplaire. D’ailleurs, les congés de la Pentecôte et de l’Ascension seront supprimés, à la faveur de la fête de l’Aïd, ainsi que d’une nouvelle semaine de vacances pour que les bons Français puissent faire le pélerinage de la Mecque.

10- Citoyens, la France ne tolèrera plus ces dérives amorales ! Nous n’avons que trop supporté les Gay-Prides et les lois pour l’homoparentalité ! Quant à la polygamie, il faut que cesse cette immense hypocrisie législative ! Nous vous appelons à vous prononcer par la voie des urnes : êtes-vous pour ou contre le modèe familial musulman, à l’exception de tout autre ?

11- Allak Akbar mes frères, la France a choisi la Voie de l’Inifinie Miséricorde à 99,9% : désormais les enfants élevé par des couples homosexuels seront retirés de la garde de leurs parents, et les personnes coupables d’homosexualité seront jetées en prison. Je profite de cette allocution pour en appeler à la destruction de tout ce qui détourne notre société vertueuse de la Vraie Sagesse d’Allah. Les rockers [décadents et effeminés] subiront un lourd châtiment. Les soi-disant philosophes athées et apostats seront priés de se convertir, de se taire ou de s’exiler. Ma collaboratice à la culture Mme Marie-George Buffet se chargera d’une nouvelle campagne d’alphabétisation des filles. MM. Schweitzer et Attali, suite à la pression populaire hostile à la présence de Juifs au sein du Gouvernement, ont pris leur retraite. Ils seront remplacé par Mohammed Besancenot, secondé par Bilal Ribéry qui a une bonne connaissance du terrain. La France gagnera sa place parmi les élus et les martyrs ! Inch’ Allah !

On dit en s’enthousiasmant "C’est Byzance !"
On ne dit jamais "C’est Istanbul !"
C’est le progrès.

Tenez, vous croyez qu’on arriverait à vous vendre un Presidential Cheese ou une pizza Présidente ? Bah non. Ce qui fait rêver, c’est le Royal Cheese et la pizza Reine. On ne s’en fout pas présidentiellement, mais royalement !
C’est le progrès.

On n’attrape pas les gens en leur proposant une "Super quinzaine de prix égalitaires – Waouh !" ou en leur refourgant un destockage massif à prix démocratiques, c’est évident. En revanche, on est certain d’avoir du succès en leur offrant des "Séjours Privilèges", des "Ventes privées", des "Tarifs exclusifs" et des "Conditions exceptionnelles".
C’est le progrès.

Cliquez ici >>>

Nous vivons sur un immense champ de ruines. Quel gâchis.

Prenez-vous la clef de la voiture, ou les clefs de la voiture ?
Montez-vous l’escalier, ou bien les escaliers ?
Déroulez-vous le plan de votre maison, ou bien les plans de votre maison ?
Vous déshabillez-vous au vestiaire ou dans les vestiaires ?

Dixit eBay, j’ai un bon profil de commerçant.

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Cliquez là >>>.
C’est un ordre.

[Merci à Juliusjuliu.]

Lu dans le journal LyonPlus du 3 février 2009.
Page 18 : Spectacles.

"HÉROS MODERNE
Le metteur en scène Philippe Adrien a trouvé dans l’actualité sociale la plus récente la matière pour réactualiser un classique du XVIIe : son adaptation du Don Quichotte de Cervantès reprend la bannière portée par l’association "Les enfants de Don Quichotte" via des images de Sans Domicile Fixe projetées en fond de scène pendant toute la pièce. Il a aussi confié le rôle principal à Bruno Netter, un comédien aveugle chargé d’incarner ce héros spécialiste des causes perdues.
Demain à 20h30 au Toboggan de Décines."

Il y a encore des gens qui savent écrire et prononcer "Moderne" sans s’écrouler de rire. C’est admirable. Et ces gens veulent encore plus de moderne, croyez-moi. Ils aiment ça. Sincèrement. Le site web du théâtre nous apprend qu’à la fin de la représentation, une rencontre avec les artistes est organisée. Haha, je vois déjà les imbéciles sourire béatement et prendre des airs de contrition citoyenne. "Ces visages de SDF, qu’ils sont beaux !" "Oui, mais en même temps il ne faut pas oublier que ce sont des nécessiteux avant tout." "Oui, ils manquent de pouvoir d’achat. Mais que fait Sarkozy ?" "Alors comme ça vous êtes aveugle, c’est incroyable !" "Quelle audace, mais en même temps quel engagement citoyen !" "Je trouve formidable qu’on puisse rencontrer les acteurs après la pièce, ça rend vraiment le théâââtre plus humain, plus social, il y a un vrai contact des gens, tu vois, j’veux dire c’est pas de l’art déconnecté du réel, tu vois."
Putain, c’est triste un Moderne. Pauvre Cervantès, recyclé en héraut du citoyennisme festivo-antifachiste.

Forte récompense à qui me trouve un moyen de visionner en ligne le sketch "MD Productions" de M. Manatane [Poelvoorde] !!!

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Vendredi.
Concert des Real McKenzies. Sur la scène, une bande de bardes en kilts venus du Canada, réconciliant les chansons à boire venues du fond des âges et le défouloir électrique de la vague néopunk américaine. Dans la salle, des jeunes cons agités, des vieux briscards, des keupons à crêtes, des skins patibulaires, des petits bourges en polo, des anars crados, des quadragénaires chic parachutés là par un grand mystère, et une proportion de filles en tous genres assez impressionnante pour ce type de manifestations. Mixité étonnante.
Que penser de ces bougres de rockeurs dont l’art de l’entertainment est terriblement américain, dont la prestation musicale est – en dépit de l’omniprésente cornemuse – terriblement américaine, et dont l’authenticité écossaise ne se résume finalement qu’à la seule ascendance familiale de Paul McKenzie, leader du groupe, et à quelques refrains empruntés au folklore du Vieux Monde ? Survivance authentique de la tradition du monde celtique ? Ou imposture touristique, à l’instar de ces Quechuas qui se déguisent en Sioux pour jouer "My heart will go on" à la flûte de pan dans tous les centres piétonniers des métropoles européennes ? Difficile de trancher.
Quoi qu’il en soit, grâce à une efficacité musicale sans faille, le plaisir du concert fut réellement sincère, et je n’ai pas manqué de remercier le Paul McKenzie en question pour ce bon moment. Lequel m’a répondu d’un fier et réjoui "Well I’m really glad you enjoyed it !" en plongeant son regard droit dans le mien et en me broyant la main droite.

Samedi.
Cinoche : Walkyrie, de Bryan Singer. Intéressant pour l’éclairage historique et la mise en scène plutôt efficace, même si ce n’est pas le film du siècle.
Après les Américains qui rejouent l’Écosse, les Américains qui rejouent l’Allemagne. Les Américains sont des gens vivants, les Européens sont des morts. L’Amérique ne construit pas seulement sa mythologie propre, petit à petit. Elle est aussi capable de mobiliser et de fortifier l’ensemble de l’Histoire occidentale pour actualiser en permanence son besoin vital d’héroïsme. Car les Américains sont capables de célébrer la vertu de l’héroïsme même si celui-ci doit se solder par un échec. En l’occurence, l’échec d’un attentat – et même d’un coup d’État – contre Hitler. Je repense au fabuleux discours que John McCain prononça le jour de son éviction face à Barack Obama : "We never quit. We never hide from History. We make History". Notre camp n’est pas victorieux, mais nous sommes des hommes debouts et magnanimes.
Le Vieux Monde croit que les Monuments aux Morts sont tristes et belliqueux, alors ils font le Mur de la Paix. Le Mur de la Paix, niais et bien-pensant, clame que toute guerre est détestable, et chante les âmes qui n’iront jamais mourir pour rien. Les Américains, comme à travers Walkyrie, continuent d’élever des Monuments aux Morts pour glorifier ceux qui n’ont jamais abdiqué de la Liberté et de l’esprit de sacrifice.

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Le Mur de la Paix à Paris.

Samedi. [suite]
Un petit groupe de néo-hippies brandit des pancartes sur une place du centre-ville. Ils affichent le nombre d’animaux tués chaque jour pour nourrir l’humanité et contestent le bien-fondé de ce "massacre". L’un d’eux va même jusqu’à brandir ce slogan : "Abolissons la viande".
Ouais, c’est ça. Abolissons les vagues de la mer. Abolissons la photosynthèse. Abolissons les trous du gruyère. Abolissons le nord magnétique. Abolissons la dérive des continents. Abolissons les bulles du savon et le lichen qui pousse sur les rochers. Abolissons la pluie, le verglas et la méchanceté.

Dimanche.
Exposition "Repartir à zéro" au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
Rétrospective de la très courte période 1945-1949, durant laquelle l’art se trouva aux prises avec un profond nihilisme. On ressort de cette exposition sans la moindre nourriture spirituelle. Tout n’y est que quête de l’absence, négation de la culture et du savoir-faire, déconstruction de toute technique, babillage volontaire, écriture automatique, désincarnation, essais, balbutiements, tentative, dé-figuration et défiguration. Point de sens, point d’homme, seule reste une immense solitude grise et névrosée, admiratrice de l’état sauvage, de la désolation psychiatrique, de l’intuition, de l’errance intellectuelle, de l’idolâtrie ou encore d’une sorte de pensée magique vaguement cathartique.
Cette exposition est un document précieux à défaut d’être un éblouissement. C’est une photographie du dernier grand champ de ruines modernes, après lesquelles repoussera le Nouveau Monde de la guerre froide. On verra les uns déchanter de leur idéal révolutionnaire communiste, on verra la liberté des autres happée par la spéculation et le culte de la marchandise.

Dimanche. [suite]
Ai eu le temps d’apercevoir quelques secondes d’un documentaire sociologique à la télévision. Une femme syndicaliste [ce détail a son importance] exposait son cas à son conseiller en réinsertion homosexuel ; elle lui expliquait qu’elle voulait refaire sa vie en Thaïlande où elle n’a jamais foutu les pieds, mais que des amis là-bas étaient disposés à lui filer un coup de main pour y ouvrir un restaurant. D’où lui venait tant d’optimisme ? De son propre aveu, elle comptait sur la main d’œuvre locale, peu encline à chipoter sur les horaires ou les salaires, bref – je la cite – docile.
Ca pourrait être une nouvelle de Houellebecq ou une chanson de Muray, mais c’est juste le réel moderne, filmé sans trucage.

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