février 2009


Lisons ensemble l’article de Wikipedia consacré à la marque Banania :
"Le slogan historique de la marque était jusqu’en 1977 « Y’a bon Banania » prononcé par un tirailleur sénégalais. Selon la légende, ce slogan proviendrait d’un tirailleur sénégalais blessé au front et embauché dans l’usine de Courbevoie. Goûtant le produit, il aurait déclaré en moyadit « Y’a bon ». Depuis les années 1970, certaines critiques considèrent ce slogan comme porteur des stéréotypes racistes qui ont nourri la caricature du Noir de l’époque (sourire niais, amis des enfants donc grand enfant et incapable de s’exprimer correctement dans une langue française qu’il se doit de manier)."
En effet, un collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais, associé au MRAP, avait récemment plaidé cette cause devant la Justice, jugeant le slogan "dévalorisant pour les Noirs", et appelant au banissement du fameux slogan.

La même critique est généralement émise à l’égard de l’album Tintin au Congo, où l’on conteste le fait que Milou – un chien – s’exprime dans un français parfait tandis que cette faculté est refusée aux Noirs, jugés incapables de parler autrement qu’en ce qu’on appelait autrefois "du petit nègre". "Toi pas partir! Toi y en a venir avec nous chez les Babaoro’m! " Nous étions en 1930.

Pour ma part, j’en appelle au Conseil d’État pour interdire tout reportage sur la Guadeloupe, ceux-ci donnant par les mêmes procédés linguistiques une "mauvaise image des Noirs", pétrie de "clichés colonialistes". Je vous invite à lire les revendications officielles du LKP liées aux manifestations "Kont’ la pwofitasyon" qui se déroulent en "Gwadloup", lesquelles en appellent à une voie politique "kapab konstwi on sosyété nèf ki dwet kapab prévwa manjé, édikasyon, konésans, santé, kaz, travay é respé."

 

Ahahahahah, les Frères Carambar ont encore frappé fort hier soir à Lyon>>>. Et vous savez quoi ? J’y étais ! Infiltré comme un espion ! Une taupe !

Je me suis retrouvé au milieu d’une bande de gens tous impeccablement déguisés en fonctionnaires. Pour les uns, c’était la décontraction du type Fonctionnaire des PTT [gilet informe sur chemise sans couleur, collier de barbe un brin négligée, ou moustache de moustachu pour les plus branchés] ; pour les autres, c’était plus classe [cravate vert-éteint du type Chef de service à la DDE ou Responsable syndical du Lycée Jean-Jacques-Goldman sur une chemise au ton bleu-gris-mauve]. Ces dames resplendissaient dans leurs costumes traditionnels de Prof de l’Éduc’ Nat’ cinquantenaires [coloration rouge feu ratée sur une coupe de cheveux la moins féminine possible, lunettes fantaisie mauves ou vertes, châle moche et bigarré sur les épaules]. Çà et là, quelques sommités administrativo-politiques se répartissaient dans la salle, aisément reconnaissables à leur élégante démarche dite d’élu local à cravate d’élu local.

Toute cette assemblée de citoyens citoyens avait trouvé un lieu de rendez-vous à la hauteur de cette pompe : l’Espace Citoyen de la Mairie du VIIIème.

Figure 1. Façade de la Mairie.
Admirez la mise en lumière du bâtiment. Vous avez capté la métaphore poétique ? Bleu-blanc-rouge ! Trop fort, hein ? Voilà ce qu’on appelle des beaux rideaux !

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Figure 2. L’entrée de la salle.
Attention, la métaphore poétique est plus difficile à trouver.

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Et oui, c’est la transparence ! Bientôt vous serez incollables sur l’art de déchiffrer l’architecture officielle !

Bon, mais que se racontait tout ce petit monde ? Eh bien qu’on ourdit un complot visant à anéantir totalement l’Éducation Nationale. MM. Darcos et Sarkozy sont en réalité aux ordres de conspirateurs tapis dans l’ombre. Grâce à une enquête rondement menée et dont les conclusions nous étaient exposées, il s’avère que Sarkozy se plie en réalité à toutes les  exigences du Vatican sans sourciller, que Darcos est un réformiste acharné complètement hors-contrôle, que le ministère est infiltré par le Club de l’Horloge, et que ce dernier est infiltré par l’Opus Dei. Et une nébuleuse d’associations lefévristo-libertariano-frontistes [Sos-Éducation, Créer son école,...] promeuvent la séparation de l’École et de l’État, autant dire un insoutenable blasphème.

En gros, on se scandalisait à qui mieux mieux qu’on puisse user en France de sa liberté pour envoyer ses enfants dans une autre école que celle de l’État, tout en attribuant à ces social-traîtres des affinités idéologiques analysées avec autant de subtilité qu’en emploierait Christophe Maé pour expliquer l’art de la Contre-Réforme. Égalité, okay. Fraternité, okay. Mais bon, pour la Liberté, faut pas non plus en profiter pour discréditer le formidable travail du Mammouth, ce genre d’infidélité à notre bonne république a vite fait de vous transformer ipso facto un membre de la Bête Immonde dont les Heures sont encore Sombres dans le Ventre de son Histoire Féconde, enfin un truc dans le genre. Bref, tous les curés du monde n’atteindront jamais la hauteur de vue d’un instituteur sans Dieu, c’est ça qu’il fallait retenir.

Ah, une ou deux braves dames s’inquiétaient tout de même de la pression islamiste radicale franchement majoritaire au sein des établissements scolaires de banlieue ["un vrai danger pour la laïcitéééé !"], mais bon, tout ça c’est social, c’est la misère, c’est l’intolérance. Avec des sous ça ira mieux.

Voilà. Deux heures de rire jaune qui me confirment – une fois de plus – qu’il est hors de question que je confie un jour mes gosses à ces tarés obnubilés par un seul but : faire des enfants de parfaits citoyens. Excusez-moi, j’ai envie que mes enfants apprenent à lire et à devenir des hommes cultivés et libres. J’ai encore le droit ?

Je vois parfois passer d’étranges papelards sur mon bureau. L’autre jour, c’était un courrier exigeant qu’on efface le mot "Cuisine" dans je-ne-sais-quel formulaire à la con, au profit de la mention "Unité de Production Alimentaire".

Il y a donc des gens payés pour la destruction de l’intelligence. Bon, je vous laisse, je vais aller chercher une bière dans mon Unité de Fabrication du Froid Domestique. Et en fermant la porte derrière vous, n’oubliez pas d’éteindre le Complexe Électrique d’Émission Photonique qui pend à votre plafond.

On rigole, on rigole, mais on voit où nous mènent de pareils tordus : tout droit dans le "Projet Parental", la "Réduction embryonnaire" ou le "Vivre-ensemble". Détruire le Verbe, c’est annihilier le vivant.

Encore un excellent texte à lire chez LBDD. >>>

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Comment prouver la convergence d’intérêt des progressistes et des capitalistes ? En considérant l’immense ouvrage de bétonnage de la France mené entre les années 50 et les années 80. En vertu de la Charte d’Athènes signée par les protagonistes de l’architecture moderne – tous affiliés ou apparentés au Parti Communiste – la réponse urbanistique de l’après-guerre devait tenir en ces termes : Architecture pour les masses = Fonctionnel + Rentable.

Concrètement, que s’est-il passé dans le milieu de l’architecture ? Les grandes et moyennes agences se sont ruées dans le filon, par conviction progressiste sincère. Plans d’urbanisme gigantesques, villes à reconstruire après la guerre, nouvelles théories à appliquer ; il y avait du pain sur la planche, et de quoi soulever l’enthousiasme pour qui croyait à l’avènement d’une nouvelle société sur ces préceptes plus ou moins explicitement collectivistes. Pourtant ces belles âmes pleines d’humanisme furent les premières également à considérer que le facteur humain ou environnemental ne souffrirait aucun particularisme, et l’on édifia des kilomètres cubes de logments – des silos à peuple, comme disait un de mes profs d’histoire de l’art – selon une méthode rigoureusement répétitive de reproduction des mêmes plans pour tous les projets. Au sein d’une même agence d’architecture, on dessinait les mêmes appartements pour Toulon, pour Lille ou pour Mulhouse. Voire, on se refilait des plans-types – fonctionnels+rentables, n’est-ce pas – d’une agence à l’autre. On n’appelait pas encore cela du copier-coller, mais c’était exactement le procédé. Les machines de reproduction tournaient à plein régime, les crayons finissaient même par transpercer les papiers calques usés d’avoir servi mille projets similaires à la chaîne.

On était progressiste, et on découvrait que cette vertu appliquée au monde réel donnait sans vergogne des fruits strictement productivistes. L’esthétique ? L’esthétique est un précepte bourgeois, la beauté naît du réalisme. En l’occurence le réalisme des coffrages du béton brut, signature d’un monde machinisé dans la joie, et que l’on doit accepter comme tel. Le chantier des barres de logements consistait à aligner des éléments de béton standard le long d’un chemin de grue ; la construction avançait selon une progression standardisée, travée par travée, étage par étage. La longueur de ses machins pouvait aussi bien être infinie, selon la longueur du chemin de grue. [Alors, les progressistes, on critique toujours les cadences infernales ?]

Il est évident que la magouille allait bon train dans le réseau infernal des architectes, des promoteurs immobiliers, des décideurs politiques, et des marchands de béton. Les maires communistes s’entendaient à merveille avec les multinationales du ciment. Les architectes humanistes trouvaient toujours des arrangements avec les marchands de mètres carrés sans foi ni loi.

À peine germé, le fruit a pourri. Que voulez-vous qu’on fasse de bon avec des capitalistes et des progressistes, frères ennemis mais frères quand même, puisqu’ils ne sont que des techniciens du vivant ?

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Photos : Vénissieux en 1900 / Vénissieux en 2000

Patrick Lozès à propos de la crise guadeloupéenne :
"La demande d’une plus grande justice sociale et économique formulée par les habitants des DOM rencontre la demande de toutes les minorités visibles en France. Ces minorités ne demandent pas la charité mais la justice !"

Au même moment, Emmaüs publie un communiqué de presse :
"L’interpellation le 16 février 2009 d’un sans-papier accueilli par la communauté de Marseille Pointe-Rouge s’est transformée  le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté. Ainsi,  sur décision du parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs  aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, un responsable de la communauté a été mis en garde à vue.
[...]
Depuis 60 ans, Emmaüs accueille des personnes en souffrance non pas par charité, mais par solidarité, pour que ces dernières par leur travail et la vie en communauté en devenant compagnon, puissent retrouver leur dignité."

C’est fou comme la charité fout la trouille aux progressistes. Les premiers parce qu’une justice conçue sans charité permet de légiférer sur n’importe quoi au mépris du bon sens, à commencer par la reconnaissance qu’on doit témoigner aux gens qui se cassent le cul pour les autres. Le statut de minorité autorise ainsi une considération particulière, et même supérieure au statut de la majorité – sans oublier qu’une minorité, selon Lozès, ne se mesure pas selon une vérité arithmétique, mais selon une charge idéologique [voir ma note d'hier], ce qui nous fait évacuer toute intelligence au profit de l’émotivité plus ou moins tribale [ultracommunautaire] et plus ou moins vindicative.

La charité fout la trouille aux seconds parce qu’ils ont assimilé le Progrès pour tout chemin vers le Salut, les Droits de l’homme pour tout Décalogue, la Tolérance pour tout Évangile, les Citoyens du Monde pour tout Enfants de Dieu, la nationalité française pour tout baptême et toute dignité. J’exagère à peine. Or la charité ne dispense pas de respecter les us, les coutumes, les nationalités, les législations locales, les lois internationales, etc. Seules les théocraties confondent les châtiments d’ordre divin et les châtiments d’ordre terrestre. Le défaut des progressistes, c’est de prendre l’Internationale des Gentils Sans Frontières pour l’avènement du règne de Dieu. L’existence des frontières est une injustice, donc un péché. La charité fout la trouille parce qu’elle n’oblige pas seulement à regarder en bas, mais aussi vers le haut. Elle exhorte à agir librement et héroïquement. Être solidaire, c’est plus simple : c’est une question de vivre-ensemble, de redistribution des richesses, et de régularisation des titres de séjour. La solidarité se pratique d’autant plus facilement qu’il est d’usage de  compatir davantage pour les antipodes que pour le pas de sa porte. Est-il charitable d’encourager le déracinement et la paupérisation des gens en difficulté ? Notre prochain n’est-il pas aussi celui qui nous est proche ? La solidarité nous dispense de ces questions : donnons des sous et des papiers, notre âme sera sauvée.

Patrick Lozès s’exprime :

"Quelles pourraient donc être les solutions de long terme à la crise aux Antilles ?
Les solutions que le CRAN propose pour les minorités visibles de France sont bien sûr applicables aux Antilles.
Nous demandons la mise en place d’une « affirmative action » à la française pour compenser les discriminations, et ce en ayant pour horizon, l’égalité républicaine.
C’est une politique qui s’adresse aux minorités alors que les noirs et les indiens sont majoritaires aux Antilles me direz-vous ?
La minorité n’est pas une notion démographique. C’est une notion politique. Une notion de pouvoir."

Les mathématiques ne sont pas une notion objective. La somme de 2+2 est égale à 4 si vous raisonnez comme des enculés de bourgeois racistes. L’affirmative action soutient que la somme de 2+2 dépend du résultat nécessaire à la capitulation du camp adverse.
2+2=9 en vertu du credo antiraciste.

Source >>>

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