janvier 2009


letroudeballedesactrices

Merci à l’ami Artemus pour la trouvaille !

Oren Lavie – Her morning elegance.

Comment font des grévistes à banderoles pour se rendre à une manif dans un centre-ville amputé de ses transports en communs ? Ils se rendent chez Hertz pour louer une voiture.

C’est fou comme cet échantillon restitue avec une exactitude déconcertante toute l’essence de la France moderne.

D’autre part, vous êtes priés de cliquer sur ce lien >>>.

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Moi ce que je remarque dans « l’affaire Karoutchi », c’est combien tout cela est divertissant. De leurs propres aveux, plusieurs personnalités politiques ayant fait leur « coming out » ont agi de façon calculée. Pour s’attirer le bruissement médiatique, pour s’attirer les bonnes grâces des prêtres du Sympa, pour avoir l’air cool au milieu du chiant. Car la politique c’est chiant. C’est des mecs avec des cravates bleues qui portent des gros dossiers jaunes sous le bras, on les voit traverser des cours d’hôtels particuliers entre une voiture à vitres teintées et un perron XVIIIème sous les flashes des photographes de presse, ils font « blablabla » dans un hémicycle, parfois ils y font « houuuuu » en s’invectivant les uns les autres [dans ces cas-là ça passe au zapping], ils disent des choses pas très drôles.

Enfin bref, on comprend surtout que Karoutchi n’avait pas prévu que cela se sache maintenant. Il voulait attendre un moment propice, un moment stratégique où des choses chiantes engageraient des enjeux électoraux, et il serait apparu de façon soudaine au cœur de la campagne électorale, dans un halo de Sympa en forme de mandorle, et les gens – qui préfèrent s’identifier au Sympa plutôt qu’au Chiant – auraient donné leur voix pour sa candidature. Qu’il annonce à la terre entière qu’il est homosexuel n’est pas franchement d’une classe folle [si je puis me permettre], mais qu’il ait encore le culot de nous dire que l’intérêt de cette déclaration entrait dans une planification carriériste, c’est franchement minable. Et je ne vous parle pas de la complicité des media, lesquels auraient sauté sur l’occasion pour saturer Karoutchi de sollicitations Sympas et nous divertir absolument du réel.

C’est cynique, un Bisounours. C’est glaçant de calcul et de machiavélisme.

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La nouvelle voiture officielle du Président de la République.

Après avoir dévolu un ministère pour l’Identité Nationale [mars 2007], après avoir exprimé la volonté d’inscrire le patrimoine gastronomique français au répertoire de l’Unesco [février 2008], Nicolas Sarkozy souhaite aujourd’hui [janvier 2009] la création d’un grand musée de l’Histoire de France.

Comment expliquer le caractère profondément funèbre de tout cela ? Comment poser des mots clairs sur la mise à mort de tout ce que M. Sarkozy touche du doigt, comme une sort d’anti-Midas ? Comment faire comprendre que tous ces actes procèdent d’une même cohérence, d’une même volonté d’anéantissement du vivant au profit de l’embaumement ?

 Je vais prendre une comparaison. À partir du moment où vous écrivez une loi stipulant que le mariage unit un homme et une femme, vous révélez la mort programmée de l’institution du mariage, pour cette raison que les choses ne vont plus de soi. Personne ne s’est jamais demandé s’il était pertinent de parler du concept d‘hétérosexualité pour définir le mariage. Pas plus qu’on n’écrit aujourd’hui de loi stipulant que la bonne ingestion d’un steak au poivre passe par la mise en mouvement de ses mâchoires, ou que pour actionner une poignée de porte il faut étendre le bras vers celle-ci. Ces choses sont évidentes. Si elles n’apparaissent plus évidentes, c’est que le sens nous en est devenu pronfondément, ontologiquement étranger. Soit par une extinction/mutation des habitudes culturelles et des représentations du monde, soit par dysfonctionnement psychiatrique. Peut-être aussi d’un subtil mélange des deux.

Recourir à l’institution d’un ministère pour travailler à l’identification de l’Identité Nationale est au mieux un travail de thanatopracteur, au pire un commerce spirite. C’est la signature de l’acte de décès de la Nationalité. Cela signifie que l’appartenance au destin national n’est pas une exigence ordinaire partagée par tous ; et même que la proportion de personnes ne la partageant pas est devenu si significatif qu’il engendre la préoccupation en plus haut lieu. Le ministère de l’Identité Nationale n’est donc pas la solution à la déliquescence de la cohésion du peuple français, il est l’implacable aveu de l’échec à la réanimer. Rien de plus que de l’agitation.

Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances, estime que la France fonce tout droit vers l’apartheid et la guerre civile. Il n’a pas tort, mais cela fait un moment qu’on le sait et qu’on tire la sonnette d’alarme. Ce n’est pas nouveau. Et je ne comprends pas pourquoi les autorités républicaines s’en inquiètent puisqu’elles ont toujours désiré cet état de fait. Les uns parce qu’ils voulaient trouver des révolutionnaires de substitution pour poursuivre la lutte des classes faute de troupes prolétaires « de souche » motivées, les autres parce qu’ils pensaient que tous les individus de la terre voulaient et pouvaient devenir français par la simple obtention d’une autorisation de séjour ou d’une carte d’électeur, d’autres encore parce qu’ils croyaient en la coexistence heureuse de gens qui n’ont rien à se dire, voire que tout oppose sinon l’assignation à la redistribution des richesses dans le territoire de la République, etc… Comment voulez-vous réunir les conditions d’une même convergence des valeurs et des aspirations ? On ne fabrique pas de communauté pacifique quand on ne se reconnaît pas de semblables autour de soi. Un peuple n’est pas une somme de faits positifs enregistrés dans un espace administratif donné. C’est de la définition de sociologue soviétique, ça.

Pour s’épargner de souffrir la présence d’individus trop différents, indésirables, voire malveillants ; pour se protéger des conflits internes qui ruinent l’existence et le bien commun, tous les organismes vivants évolués font usage du territoire, c’est à dire de limites au-delà desquelles on abandonne toute vélléité de contrôle. On reconnaît à l’autre la légitimité d’un autre espace. Et on fait du sien ce qu’on veut. Il est d’usage de dire que les frontières provoquent des conflits et des injustices, on oublie de dire qu’elles sont aussi la garantie d’une paix réciproque en réunissant les communautés distinctes entre elles, de part et d’autre d’une ligne. C’est ainsi qu’en Allemagne on parle allemand d’un bout à l’autre de l’Allemagne et qu’on y mange des choses spécifiquement allemandes, c’est ainsi qu’en Pologne on parle polonais d’un bout à l’autre de la Pologne et qu’on y mange des choses spécifiquement polonaises, et qu’une simple ligne sur une carte autorise l’existence de deux Histoires distinctes. C’est élémentaire. Or on nous promet un monde sans frontières, on nous promet donc un monde où les conflits entre Argentins et Boliviens concerneront forcément les Inuits, les Italiens, les Coréens et les Australiens. Ah mais non, nous répond-on, puisque dans ce monde sans frontières il n’y a plus de nations sinon des citoyens du monde. Le réel prouve que les choses ne marchent pas ainsi, que des exilés de troisième génération continuent de vivre dans une revendication identitaire étrangère à la patrie d’adoption ; et que des « français de papiers » se sentent puissament concernés jusque dans leur chair par le destin d’Israëliens ou de Palestiniens, ou par l’évolution de l’équipe de football portuguaise, bien qu’ils soient tous installés en France depuis de longues années.

Combien de fois ai-je entendu dire que les bonnes pizzérias sont celles tenues par de véritables italiens ? On ne peut s’empêcher de préférer la pizzéria « Chez Luigi » à la pizzéria « Chez le Père Gérard ». De trouver que la crêperie « Chez Boubacar Traoré » sera toujours moins authentique que celle de « Chez Yvonnic Le Guilloudec ». Les identités sont profondément ancrées dans la nature des gens et dans les schémas de représentation. Si un jour j’apprends que le tenancier du kebab s’appelle Jean-Guillaume Edouard Foutredieu de la Yaourtière, vous ne m’empêcherez pas d’avoir un réflexe de surprise. Et si je vais faire un séjour dans un Club Med au Sénégal, vous ne m’empêcherez pas non plus d’être surpris – et même déçu – si je découvre que tout le personnel est chinois. Récemment, je consultais un catalogue de tourisme pour un pays scandinave, et bien au mépris du culte de la Représentativité de la Diversité, toutes les photos nous montraient des hommes et des femmes blonds. Ne suis-je pas navré de découvrir que ceux qui chantent les tubes d’Édith Piaf à l’accordéon dans le métro sont tous Roumains ? Et qu’il n’y a plus guère que les Roumains pour connaître par cœur le répertoire so french d’Édith Piaf ? C’est comme ça, on ne dissout pas les caractères humains dans l’utopie de la « citoyenneté mondiale ». On attribue des authenticités indélébiles aux gens, même si ça paraît idiot ou infondé. Boubacar Traoré fait peut-être les meilleures crêpes du monde, les cars de touristes afflueront toujours en masse dans la taule d’Yvonic Le Guilloudec parce qu’il porte la barbe du Capitaine Haddock et le pull d’Éric Tabarly, et que le portrait de sa grand-mère en coiffe traditonnelle trône dans la salle. Ahmed Benzaoui a beau être né en France de parents français et de grands-parents naturalisés français, il ne peut s’empêcher de trouver que la cause palestinienne ou algérienne est plus importante à ses yeux que la cause européenne. Il n’a pas envie d’appartenir au Pays des Droits de l’Homme, et de prendre de la distance par rapport à ses racines. Et quelles nouvelles racines faire pousser dans un pays qu’on a sciemment voulu désincarné depuis 1793 ? Un positiviste dirait qu’Ahmed Benzaoui a le choix de prendre parti pour l’une ou l’autre des causes grâce à la liberté d’expression garantie par la République et à l’enseignement reçu à l’école publique, mais la réalité prouve qu’on s’attache toujours davantage à ceux qui nous ressemblent. C’est ainsi. Même si parfois cette ressemblance est complètement illusoire, j’en conviens. Ce n’est ni bien ni mal, c’est une vérité anthropologique avec laquelle il faut composer, c’est tout. Les messieurs et les demoiselles épousent les gens avec lesquels ils se trouvent des affinités, parce qu’ils savent plus ou moins consciemment qu’on ne bâtit rien sur le désaccord permanent. Ou alors l’un accepte de vivre dans la soumission à l’autre pour sauver le ménage – c’est à dire le sacrifice à l’intérêt supérieur –, pour le meilleur et pour le pire. Mais on n’épouse personne dans l’optique de vivre chacun de son côté.

Les ghettos ne se forment pas seulement pour des raisons d’exclusion et de discrimination qu’il faut réprouver, ils se forment aussi parce que les gens aiment se retrouver entre eux et jouir d’un mode de vie qui leur resssemble, à l’exclusion de tout autre. Les gens qui habitent les « quartiers sensibles » disent devant les caméras qu’ils vivent dans des conditions difficiles, mais ils sont ravis de trouver dans leur espace des boucheries halal, des salons de coiffure aménagés spécialement pour les femmes voilées, des pâtisseries orientales dans toutes les boulangeries, des piscines aux horaires aménagés, etc. sans être regardés de travers par des braves gens pour qui la burqa est une barbarie et qui ne savent pas prononcer correctement leurs noms et prénoms derrière les guichets de la Poste, et sans subir une plainte des voisins parce qu’ils font la fête toute la nuit à cause du ramadan. Souvenez-vous de ces émeutiers de banlieue qui réclamaient pour leur quartier que le personnel des transports en commun leur ressemble ! C’était il y a un an ou deux, et plus personne n’en a parlé depuis. Ce genre de phénomène devrait susciter un maximum de gamberge chez les sociologues, les politiciens, les journalistes, les antiracistes, mais on a acheté la paix civile en fournissant au dit quartier des chauffeurs de bus discriminés au faciès [oui, mais positivement discriminés hein, c'est à dire beaucoup moins gaulois que les précédents, pour mettre les pieds dans le plat] pour ne plus que les autres se fassent agresser, pour que le phénomène disolement dans le Même soit entretenu. Avec la bénédiction des progressistes multiculturels. Et M. Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances, c’est à dire « citoyen expert de ce qui le concerne » [Ségolène Royal], fronce les sourcils devant le spectre de l’apartheid ?

M. Sarkozy est aux yeux de certains un vilain fachiste élu avec les voix du FN, décidé à éradiquer la racaille, déportant les immigrés clandestins par millions, chassant les égorgeurs de moutons de baignoires, etc., mais la réalité est son exact contraire : son train de vie n’est guère celui d’un homme conservateur [hop je divorce, hop j'épouse une nightclubbeuse, hop je me fais photographier par un amateur de la jet-set devant le drapeau européen, hop je t'invite une palanquée de ministres de gauche dans le Gouvernement] ; la criminalité n’a pas régressé d’un iota [certes il y a trois-cent quarante flics par mètre carré autour des radars et des horodateurs, mais il n'y a plus personne pour vous défendre contre le viol, le racket, le braquage ou les bandes de "casseurs"] ; la France a gagné trois millions d’habitants en sept ans [avec une natalité inférieure au taux de renouvellement] ; le CFCM avec ses dizaines de permis de construire se porte à merveille, merci ; et les statistiques ethniques – c’est à dire l’hyperdiscrimination que dénonce M. Sabeg – ont un avenir grandiose tout tracé grâce aux idéologies antiracistes et à la Halde.

Mais revenons à nos moutons. Le patrimoine gastronomique inscrit à l’Unesco.

Clairement, c’est un acte de muséification, qui prouve que M. Sarkozy ne se sent absolument pas concerné par la gastronomie française. Il la considère comme un objet étranger à lui-même ; son inscription à l’inventaire du Patrimoine révèle combien M. Sarkozy en est le touriste.

Idem le Musée de l’Histoire de France. Ouvre-t-on un « Musée de l’Ipod » ? Non, on en fera un quand l’usage de l’Ipod sera caduc et pour bonne part indéchiffrable, définitivement étranger à nos usages. On fait des musées de la charrue ou de la locomotive à vapeur, parce que tout cela nous apparaît pittoresque. Et bien pour M. Sarkozy, l’Histoire de France est pittoresque. Elle n’est pas constitutive de son être et du sens qu’il met dans son action politique, il en est encore le touriste.

J’ai voté pour Ségolène Royal, par nihilisme. Mais je ne pensais pas que Nicolas Sarkozy puisse mettre à exécution une plus grande entreprise de mise à mort générale, avec une efficacité d’autant plus redoutable qu’elle avance sous les dehors crédibles d’une réhabilitation de la France, de son identité nationale, de sa cuisine, de son Histoire.

1967, autorisation de la pilule contraceptive. 1974, regroupement familial. 1975, légalisation de l’avortement. Une génération plus tard, l’Histoire de France entre au musée.

Chapitre un.

En Grande-Bretagne, les scientifiques ont obtenu l’autorisation de traiter les patients souffrant d’accidents vasculaires cérébraux [AVC] avec des injections de cellules souches provenant de fœtus avortés qui devaient jusque-là être incinérés. En injectant dans le cerveau des patients des cellules souches de fœtus âgés de douze semaines, les experts pensent que les cellules endommagées lors d’un AVC pourraient se régénérer et permettre aux malades de recouvrer l’ensemble de leur mobilité et de leurs facultés mentales. L’essai de deux ans, qui démarrera l’an prochain, consistera en l’injection de cellules souches chez quatre groupes de trois patients. Ces cellules seront développées en laboratoire, à partir de cellules de cerveaux de fœtus.
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Chapitre deux.

Daniel Gall a assisté au suicide de sa sœur. Il fustige l’association Dignitas.
« J’ai le sentiment que ma sœur est ‘mal morte' ».
Dans son livre J’ai accompagné ma sœur, qui paraît aujourd’hui, le comédien Daniel Gall raconte le double suicide assisté de sa sœur aînée et de son mari qui l’ont choisi comme témoin. Son récit met en cause Dignitas, une association suisse qui propose aux étrangers une assistance au suicide.

Avez-vous hésité avant de publier vos notes sur le suicide de votre sœur et de son mari, dont vous avez été le témoin ?
Oui, mais il faut dire les choses et engager le débat. Je ne suis pas contre le suicide, mais dans le cas de ma sœur, j’ai vraiment le sentiment qu’elle est « mal morte ».

Votre témoignage donne un aperçu terrible de l’association Dignitas qui propose une assistance au suicide des étrangers…
C’était un cauchemar. Le contexte faisait plutôt penser à un avortement dans les années 50. On se retrouve au beau milieu d’une zone industrielle, pris en charge par des manœuvres de service dans un local vraiment glauque où il n’y a même pas de toilettes. Il règne une atmosphère de clandestinité sordide. À une heure de la mort, on nous demande de signer un tas de papiers. On poireaute. Et après avoir été filmés en train d’assister à la mort de nos proches, nous sommes totalement livrés à nous-mêmes, abandonnés sans aucun suivi. On n’a même plus le droit d’aller voir les défunts dans la chambre. Et pour ce prix-là, ils pourraient au moins fournir un lit deux places.

L’activité de Dignitas vous paraît-elle motivée par l’appât du gain ?
Ils font du chiffre. C’est assez monstrueux. Ainsi, faute de place, deux jeunes qui voulaient se suicider ont pris la boisson létale dans leur voiture sur le parc de stationnement. Il n’y a aucune dignité là-dedans.

Vous dénoncez également la complicité des autorités qui ferment les yeux ?
Oui. Quand on appelle le consulat de France qui s’occupe de nous envoyer les urnes, les réponses sont vagues, fuyantes. Toute la procédure est entourée d’un flou désolant, pas du tout artistique. Et puis il y a autre chose. Ma soeur était atteinte de la maladie d’Alzeihmer. Mais mon beau-frère était en pleine forme et, intellectuellement, il avait gardé toute sa vivacité. Même si la loi en France était plus souple, on ne l’aurait pas laissé mourir.
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Chapitre trois.

AVERTISSEMENT : Ces deux vidéos dévoilent le nœud de l’intrigue du film « Soleil Vert » [1973]. Si vous ne l’avez pas encore vu, nous vous recommandons vivement de ne pas regarder ces vidéos, et de visionner le film dans son intégralité.

L’anniversaire de la mort de not’ bon Roi Louis ne doit pas nous faire oublier que les crimes révolutionnaires vont encore bon train  de nos jours. Les z-heures-les-plus-sombres-de-l’Histoire ne sont pas le copyright d’un quelconque temps révolu, mais une actualité brûlante.

Je garde une pensée particulière pour le peuple chinois, soumis au silence, aux camps de déportation, aux avortements forcés, à la loi de l’arbitraire, au mensonge d’État. Aux chrétiens chinois, condamnés à la clandestinité pour sauver leur peau.

Pour le peuple Hmong insoumis, traqué par les révolutionnaires chinois, laotiens et vietnamiens, obligé de vivre reclus dans la forêt dans des conditions abominables pour échapper au massacre ou à l’esclavage, et réduit au plus profond désespoir devant l’imminence de leur mort programmée.

Pour le peuple cambodgien, qui commence seulement maintenant à régler ses comptes avec les khmers rouges, lesquels ont fait plonger leur propre pays dans un des bains de sang les plus cruels du XXème siècle, au nom d’un Aufklärung que les communistes français ont encouragé.

Pour le peuple Nord-Coréen, vidé de toute chair et de toute âme par un régime révolutionnaire qui n’est ni une république, ni un gouvernement populaire, ni une démocratie [telles sont pourtant les dénominations officiels du régime], mais tout simplement le jouet martyrisé d’un gourou sadique et mégalomaniaque. Je prie pour que le jour de son ouverture, le pays ait la sagesse de ne point quitter une folie moderne pour une autre, comme adopter la Gay Pride pour trophée de la liberté regagnée.

Pour tous les peuples qui subissent la tyrannie révolutionnaire ou le totalitarisme progressiste, qu’ils soient sanguinaires ou idéologiques, sur tous les continents. Pour toutes les nations condamnées à la soumission ou à la mort ; condamnées à l’idolâtrie de la marchandise ou du Parti ; obligées d’adhérer aux cultes de la Mort maquillés en liberté ou en solidarité ; condamnées au néant spirituel de gré ou de force ; condamnées à la perpétuelle immanence d’un présent glorifié ; condamnées au deuil de leur propre identité et de leur propre histoire ; condamnées à n’être plus que la viande laborieuse d’une civilisation déicide.

Pour tous ceux que la barbarie moderne a meurtri et meurtrit encore dans l’âme et dans la chair. Noyés de Nantes, Cristeros mexicains, forçats de la Kolyma, disparus du Laogaï,… Parce que l’étincelle du 21 janvier 1793  provoqua une réaction en chaîne toujours ininterrompue à travers les années et les continents, chaque goutte du sang de Louis XVI en coûte en réalité des torrents au monde entier.

hmongs-laos-philipblenkinsop

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Mais ne nous trompons pas sur nos espérances. À quoi bon restaurer un trône si c’est pour l’entourer d’une foule hostile ? La reine d’Espagne ou le Grand-Duc de Luxembourg payent très cher leurs déclarations sur la moralité contemporaine, et de la part de leurs propres sujets ! Quant aux monarques britanniques, ils sont incapables d’enrayer l’islamisation qui pousse sur les ruines de leur propre démission. Le retour du Roi ne peut se faire qu’en emportant l’adhésion d’une véritable chevalerie, tout comme la République s’appuya sur ses hussards noirs pour emporter l’adhésion populaire. Mais l’héroïsme se fait rare, de nos jours.

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