
Charles Aznavour. Interprète de chansons très populaires ["Je m'voyais déjà", "La Bohème",...], qui font désormais partie du patrimoine de la chanson française, et dont la renommée est internationale.
Né Shahnourh Varinag Aznavourian, de parents immigrés Arméniens.

Jacques Canetti. Producteur musical. Il fut le découvreur et le révélateur d’une immense quantité d’artistes fançais. Piaf, Brel, Gainsbourg, Fernand Raynaud, Jeanne Moreau, Robert Lamoureux, Vian, Mouloudji, Boby Lapointe, Jean Yanne, pour n’en citer que quelques uns.
Immigré juif d’origine bulgare.

Rina Ketty. Chanteuse des années 30. “J’attendrai” connut un immense succès, et reste encore un grand classique de la chanson française.
Immigrée italienne.

Vincent Scotto. Compositeur musical. Quatre mille chansons – dont plus du tiers connurent de grands succès –, soixante opérettes, deux-cents films à son actif. On lui doit de nombreux airs célébrissimes : “J’ai deux amours” [Joséphine Baker], “Je n’suis pas bien portant” [Ouvrard], “La java bleue” [Fréhel],…
Fils d’immigrés italiens.

René Goscinny. Écrivain, scénariste. Célèbre pour avoir créé entre autres le Petit Nicolas et Astérix, deux personnages emblématiques de la culture française moderne. Le Petit Nicolas et son inimitable narration en style indirect libre, son portrait de la France d’après-guerre ; Astérix et ses multiples répliques cultes qui sont entrées dans le vocabulaire usuel des Français ["Tomber dedans quand on était petit",...], ainsi que la description amoureuse et minutieuse de la Gaule, des mœurs gauloises [querelleurs éternellement réconciliés par l'esprit de la camaraderie et de la ripaille], et des nombreuses nations du monde vues d’ici et dépeintes avec une tendresse amusée. Astérix est renommé internationalement pour son incarnation de l’esprit français, à la fois rigolard et spirituel, chauvin mais toujours hospitalier.
Goscinny est le fils d’immigrés juifs polonais.
Albert Uderzo. Dessinateur, co-créateur du célébrissime personnage d’Astérix.
Fils d’immigrés italiens.

Sacha Distel. Chanteur et musicien. “Des pommes-euh, des poires-euh, et des soubidou bidou haa !” Un interprète majeur des airs de jazz et de variété de la deuxième moitié du XXème siècle.
Fils d’immigrés russes.

Serge Gainsbourg. Auteur, compositeur, interprète, acteur,… Reconnu mondialement pour son génie musical, il est souvent cité comme référence majeure par les grands noms de la musique populaire d’aujourd’hui à travers le monde entier. Décadent, provocateur et déluré, mais aussi dandy, homme de lettres, esprit subtil et exigeant, et généreux fournisseur de talents pour toute la scène francophone.
Fils d’immigrés russes.

Joseph Kosma. Compositeur. Auteur d’innombrables mélodies pour le cinéma français, metteur en musique d’autant de textes. Connue et aimée mondialement, la mélodie des “Feuilles mortes” de Prévert porte sa signature. Kosma a travaillé avec de très nombreux artistes : les Frères Jacques, Yves Montand, Barbara,…
Immigré d’origine bulgare, naturalisé français en 1946.

Yves Montand. Aussi talentueux acteur que chanteur. Amoureux du grand répertoire classique, mais aussi du jazz, et des choses plus légères comme la comédie ou la chanson française. Éternel interprète des mélancoliques ”Feuilles mortes”, et facétieux en diable envers Hugo, en jouant Blaze dans “La folie des grandeurs”.
Né Ivo Livi en Italie, fils d’immigrés italiens.
Simone Signoret. Actrice, et épouse d’Yves Montand.
Née Simone Kaminker, née en Allemagne, d’un père juif polonais et d’une mère d’origine française.

Émile Zola. Écrivain. On ne le présente plus.
Fils d’immigrés italiens.

Jean-Jacques Goldman. Auteur, compositeur et interprète d’une immense quantité de chansons depuis les années 80, et qui rencontrent toujours un grand succès populaire. Il écrit et compose également pour de nombreux interprètes à travers le monde francophone.
Fils d’immigrés juifs allemands et polonais.

Marcel Mouloudji. Chanteur et comédien. Notamment resté célèbre pour son interprétation du “Déserteur” de Boris Vian, et de nombreuses chansons de Prévert.
Né de père kabyle et de mère bretonne.

Sylvie Vartan. Chanteuse qui sera toujours “la plus belle pour aller danser” !
Née en Bulgarie de parents arménien et hongrois.

Jean-Paul Belmondo. Acteur et comédien. Célèbre pour ses rôles d’aventuriers baratineurs et de chiens fous, il est devenu Bébel, une icône du cinéma populaire français, et a complètement épousé le paradoxe français à travers ses multiples rôles, fait d’argotiques gouailles, de flamboyances courtoises, et d’élégantes préciosités.
Fils d’immigrés italiens.

Jacques Tati. Un des plus grands réalisateurs français, dont la renommée court toujours sur la bouche de ses confrères du monde entier. Rendu célèbre par son personnage de M. Hulot, homme distrait et rétif au monde moderne, poétique acoucheur de la vie dans un monde toujours plus technique et plus glacial.
Fils d’immigrés russo-néerlando-italiens.

Josiane Balasko. Personnage important de la comédie française depuis les années 80. On n’est toutefois pas obligé de partager ses opinions politiques NDF+.
Fille d’immigrés bosniaques.

Coluche. Humoriste. Bon, je ne vais quand même pas vous faire un descriptif du personnage.
Né Michel Colucci, de parents immigrés italiens.

Michel Polnareff. Auteur, compositeur et interprète majeur de la pop musique française. Volontiers provocateur, mais devenu un grand classique du répertoire de la chanson française.
+++
Ce ne sont que quelques exemples, glanés à travers le XXème siècle, mais qui nous apprennent plusieurs choses :
D’une part, que le XXIème siècle dissout ce qui fut toujours une évidence et une humilité pour les générations précédentes : l’immense majorité des immigrés souhaitaient pour leur descendance un prénom français. Autrefois, franchir une frontière, voyager, s’exiler, ne faisait pas en quelques minutes de TGV ou d’avion. Adopter un pays d’accueil signifiait épouser un destin et abandonner inexorablement une part de ses racines, au profit d’une liberté ou d’une prospérité qu’on s’engageait à mériter, loin d’une patrie qu’on quittait pour de bon. On abandonnait donc sa langue natale – les petits Français abandonnèrent eux aussi leurs langues régionales de la même manière – pour recevoir la somme culturelle française et y destiner sa progéniture.
D’autre part, l’exaltation nouvelle des racines – mêmes très lointaines – et l’éloge de l’ambiguité culturelle, rendus possible par la proximité technique des nations entre elles, provoquent l’effondrement d’une profonde exigence : on n’attend plus de la génération arrivante qu’elle maîtrise la langue d’adoption : le seul éloge de la différence tient lieu de talent. Quant au métissage des cultures et des races cultures, on connaît la teneur de la propagande quotidienne. Le Jamel Comedy Club n’est pas un incubateur de talents, c’est une entreprise qui renverse le processus de la renommée artistique : tout comme la Star Academy produit la célébrité avant l’adhésion du public à l’artiste, le Jamel Comedy Club façonne le contenu culturel avant que la culture ne daigne adopter ses chantres commis d’office. Faire de la chanson française ou reprézenté lé blédars du neuf-deux, il y a plus qu’une nuance : il y a la démission du Beau au profit de l’Idéologie, la déchéance du réel au profit du désirable, l’éviction de l’incarnation au profit de l’utopie. La mort du langage au profit de la communication.
Enfin, il est aisé de se rendre compte que les générations immigrées précédentes n’ont jamais cherché à réclamer une réprésentativité ou une réussite sociale par l’invocation d’une justice ou d’une équité de traitement à appliquer par la force. On tenait pour plus légitimes que soi la présence et la loi des autochtones, plus légitime que la sienne la culture locale. La frontière n’était pas un gros mot, mais l’espace souverain d’un peuple et d’une vision du monde, au-delà de laquelle ceux-ci différaient, et ce n’était pas grave.
Lundi 15 décembre 2008 at 12:47
Okay, Zola est un peu hors-cadre. Pas vraiment chanteur de variété, et beaucoup plus XIXème que XXème. Mais c’est mon blog, j’écris ce que je veux, bordel !
Lundi 15 décembre 2008 at 7:22
C’est -pas bien democratique ca, bravo!
Ce post m’a fait penser a une expo qu’on m’avait emmene voir de force sur les deportes juifs de France. J’avais ete frappe de voir que tous portaient des noms du style Marcel, Josiane et ainsi de suite. Ils etaient parfaitement integres ou en tous cas essayaient de l’etre… C’est sur que compare a nos CPF actuels, y’a de la marge.
Lundi 15 décembre 2008 at 5:22
Les photos de pin-up et les clips de ponk : passe encore… mais là vous dépassez les bornes, Fromage.
Alors cette fois-ci, vous êtes bon, mon gaillard, je clique la Halde ! vous l’aurez bien cherché.
Lundi 15 décembre 2008 at 7:17
Toujours aussi agréable et éducatif de vous lire, à chaque retour à Lyon, source de multiples rencontres de cas sociaux, la petite voix anti-pétage de plomb me dit désormais “Il y a aussi F+ dans cette ville, répète après toi, il y a aussi F+ dans cette ville, là, quelque part, cherche bien, pense-z-y”.
Une réserve, toutefois : qui vous dit que ces chanteurs n’ont pas été, en leur temps, dénoncés pour leurs origines et la part étrangère de leur culture (faible, les prénoms étant quasiment tous francisables, louée soit la Chrétienté), par des voix tout aussi vigoureuses que les nôtres aujourd’hui vis-à-vis de la diversitude, et tout autant méprisées, passées sous silence ?
Lundi 15 décembre 2008 at 9:26
Mon cher Fromage, c’est un post absolument magistral et hautement significatif. Bravo car il semble que tu l’aies bien paufiné.
J’aime lorsque, comme moi, tu es fier de la France.
et je voulais te dire que tu m’avais vraiment fait plaisir avec ton commentaire sur La Princesse de Clèves. Du coup, moi aussi, je me suis permise de parler de mes tests psychologiques.
bien à toi
Lundi 15 décembre 2008 at 9:40
Albertine,
Merci beaucoup pour ce double compliment !
Mardi 16 décembre 2008 at 2:17
JJG,
“il y a aussi F+ dans cette ville, là, quelque part, cherche bien” : Ne cherchez plus, allons boire un coup !
Oui, il est probable que les artistes d’origine étrangère aient eu à subir quelque racisme à un moment ou à un autre. Mais ils se sont toujours efforcés d’honorer la langue française, et ne se sont jamais considérés comme “discriminés” ou “victimes de l’intolérance”. À l’époque, on se foutait superbement de la “représentativité” et du vocabulaire post-moderne : on était français, on appartenait à cette seule collectivité, un point c’est tout. On n’exigeait pas son mérite en fonction de son CV génétique ou de son backgraounde culturel.
Mardi 16 décembre 2008 at 6:33
On peut également citer, parmi tant d’autres, Henri Verneuil, grand cinéaste, d’origine arménienne, qui a épousé la France.
Vivement que ce pays crève.
Mardi 16 décembre 2008 at 8:11
Artemus,
Ah je ne savais pas pour Verneuil, merci !
On peut encore penser à Catherine Ringer, fille d’immigrés juifs polonais.
Mardi 16 décembre 2008 at 10:00
Henri Verneuil, de son vrai nom Azad Zakarian, a de son côté merveilleusement dépeins l’état d’esprit de ces immigrés là dans ses deux films retraçant son histoire : Mayrig, et 588, rue paradis.
Mais Verneuil comme les autres, cher fromage, c’est l’arbre qui cache la forêty voyons…
Mercredi 17 décembre 2008 at 7:34
Wilo,
Je lis dans WKPD que ces deux films sont ses derniers, réalisés dans les années 1990. C’est à dire au moment où il devint super cool d’exalter ses racines et de chanter le multiculturalisme. Il ne l’aurait jamais fait dans les années 50, ce n’était pas du tout l’esprit de l’époque.
Mercredi 17 décembre 2008 at 3:19
Fromage plus, quand les français dits de souche appellent leurs enfants Oscar, Plume ou Cerise comment voulez-vous que la perception de cette civilisation immense et désirable qui est celle de la France ne soit pas balayée d’un trait d’état-civil dans le marécage de la culture de masse ?
Mercredi 17 décembre 2008 at 3:48
PKK,
Hélas, je suis bien d’accord avec vous. La Boîte de Pandore a été ouverte. La France est en train de foutre le camp par la lunette des chiottes, avec le consentement heureux de tout le monde.
Demain les prénoms seront hyper-discriminatoires : Mohammed, Hicham, Islam, Bachir et Fatou n’auront pas le même profil que Théo, Noah, Matis, Cerise et Nataly ; et encore moins celui de Paul, Michel, Baptiste, Madeleine ou Marie-Charlotte. La guerre des tribus est en route, la guerre des CV également. La Halde a du pain sur la planche.
Mercredi 17 décembre 2008 at 4:58
Fromage,
Vous nous faites la belle démonstration que la décadence de la culture française est le résultat d’un complot immigrationiste. Alimenter ainsi les tenants de la théorie du complot, ce n’est pas beau. C’est à cause de gens comme ces immigrés que des talents sont tombés dans l’ombre:
http://fr.youtube.com/watch?v=-be65CIwE08
Mercredi 17 décembre 2008 at 10:56
“Vous nous faites la belle démonstration que la décadence de la culture française est le résultat d’un complot immigrationiste”
L’obsessionnel complot immigrationiste!
Conspiration immigrationiste ou pas, qu’on aime ou pas les artistes présentés, c’est plutot rejouissant de ne pas avoir que jean-pax mefret à se foutre dans les oreilles non? Moi je prefere écouter Albert Ayler (pouah un noir pas français!)
Jeudi 18 décembre 2008 at 7:57
@ ER
Je crois que vous n’avez pas perçu l’ironie du commentaire de Naïf…
Jeudi 18 décembre 2008 at 10:56
Le plus bel exemple ne vient pas pour moi du spectacle, mais de la politique : il y a presque 50 ans un petit-fils d’esclave, Gaston Monnerville, était président du Sénat d’un pays raciste.
Jeudi 18 décembre 2008 at 11:50
En élargissant le champ et la palette des couleurs, j’ajouterais le général Dumas, père d’un certain Alexandre, ou le chevalier de Saint-Georges. Ce dernier, pour le punir d’une existence (d’une réussite ?) antérieure à l’invention de la tolérance, fut destitué de tout commandement par les révolutionnaires et ses oeuvres furent détruites post mortem sur ordre d’un Premier consul Napoléon Bonaparte rétablissant l’esclavage.
Mais mon tempérament rêveur m’égare en compagnie de ces improbables personnages. Pure fiction que l’existence d’une société française avant 1789, les droits de l’Homme et la HALDE… Je me reprends.
Samedi 20 décembre 2008 at 9:02
Il ne vous aura pas échappé que nombre de ces anciens immigrés étant, non seulement européens et blancs, mais juifs ou arméniens, leur saga est, au regard de nos nouveaux directeurs de conscience, une preuve de plus du racisme de la France: le Bien est désormais du côté de l’islam.
Aznavourian et Ginzburg sont incompatibles aussi bien avec l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne qu’avec les “droits du peuple palestinien”.
Samedi 20 décembre 2008 at 10:52
[...] opportunité de rencontre avec la connerie à l’état brute, un commentaire chez Fromage. Cette fois on touche au sérieux politique. L’échange est le suivant, à propos des [...]
Vendredi 26 décembre 2008 at 1:50
Beau plateau de fromages !..
Quelques remarques, toutefois – les assauts de compliments, c’est assommant ;°)
1. Quitte à mettre Sacha Distel, autant faire figurer Joe Dassin, le fils à Jules.
1 bis. Idem Sylvie Vartan Marie Laforêt (encore une arménienne !..)
2. Belmondo fils d’immigrés italiens, oui, m’enfin d’un père Pied Noir né à Alger, naturalisé et complètement établi. Pas exactement le profil « Pain et Chocolat ».
3. Il y aurait un peu – beaucoup – à dire sur certains errements politiques du couple Montand-Signoret. Mais bon, font partie du patrimoine bon gré, mal gré.
4. Et Lino Ventura, alors, même pas naturalisé mais s’étant toujours refusé à parler publiquement de politique dans un pays dont il n’était que résident, il sent le pâté ?
5. Last, but not least : Dchônny ! Belge, puis Français, puis Monégasque, puis Belge (tentative)…
Lundi 29 décembre 2008 at 9:25
De nos jours, par “immigres”, il faut comprendre “immigres africains”, et par metissage, “melange de couleur”. Un metissage entre un breton et une russe n’en est en fait pas un, evidemment.
Par contre, un couple constitue d’un blanc et d’une noire, originaires de la meme cite de Seine St-Denis, ayant la meme culture, les meme meurs, constitue indeniablement un magnifique metissage culturel.
C’est pourquoi Obamma est un descendant d’immigres, contrairement a Sarkozy.
J’ai toujours ete ammuse de voir que la couleur de peau constituait, pour les anti-racistes, l’unique critere du metissage qu’ils accolent pourtant frequemment au mot “culturel”.
Vendredi 2 janvier 2009 at 1:31
Simple et très convainquant. L’un de ces articles qui serait plus utile malheureusement s’il était lu par des gens de gauche. Bravo.
Samedi 17 janvier 2009 at 7:09
une bonne liste à agiter sous le nez des propagandistes qui voulaient faire croire qu’il n’y eut pas de rescapés des horribles pogromes anti italiens . je me demande si l’entreprise d’accablement du français blanc ne procède pas du freudisme primaire : la vilification du français blanc dans son identité n’est plus qu’une manoeuvre de faire valoir de celui qui ne l’est pas pourquoi demanderz vous , pour tirer , pour transmettre son capital génétique et cela dure depuis que les ensembles polygames exportent leur males surnuméraire sur le marché de la reproduction