septembre 2008


Aujourd’hui, pour la première fois de toute ma vie, j’ai considéré avec bienveillance un homme qui portait une chemise rose [ou un polo rose, je ne me souviens plus mais c'est la même chose]. Autant vous dire que c’est un grand jour ! Je ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais moi, les chemises roses portées par des hommes, c’est rédhibitoire. Ça vous campe illico une palette de profils socioprofessionnels assez réduite, qui va du winner d’école de commerce inculte, au catho prout-prout à col relevé et tignasse façon "je me laisse pousser les cheveux depuis le stage d’école de voile à Belle-Île, Marie-Appoline adore", en passant par la clique des Jeunes Pop aux fuck-smiles affutés.

Mais si le bougre du jour portait bel et bien toute sa catholicitude dans le port de son brushing, de ses mocassins à boucles, de sa serviette d’étudiant sage, et de sa chemise rose donc, il arborait d’une étrange façon ses quelques bijoux. Autour de son cou, une chaînette d’or retenait sa médaille de baptême ainsi que la médaille miraculeuse de la rue du Bac, dépassant ostensiblement de sa chemise. Et autour de ses doigts, des bagouzes discrètes mais inhabituelles chez un jeune homme de ce genre ne pouvaient s’empêcher de porter un sens "religieux".

C’est assez difficile à décrire, mais tout chez ce jeune homme clamait "je suis catholique et je ne compte pas tenir ce feu sous le boisseau de la "sphère privée". Je ne suis pas catho comme vous pourriez le croire, je suis catholique, vous comprenez la nuance ?".

Bref j’avais face à moi un Croyant, un Résistant, un Chevalier. C’est rare par les temps qui courent. L’effet Benoît XVI ?

Skyrock, la Halde et vos impôts organisent un grand concours de lyrics !
Si vous avez des lyrics qui dénoncent grave, c’est par ici que ça se passe >>>.
Si vous n’avez pas de lyrics mais que vous voulez quand même dénoncer, c’est par là que ça se passe >>>.

Bravo à Jean-Pierre R. de Bobigny pour cette belle participation. Nous espérons que ses lyrics seront retenus.

"Les associations tenantes du Grenelle de l’environnement, en l’absence de toute réflexion dialectique, veulent en réalité renforcer le contrôle du système sur la vie humaine, par les lois, les textes, les ceci et les cela, au nom du Bien. C’est la même folie, au nom du Bien, qui fait faire à la dynamite des « chemins de randonnée » pour être « au contact de la nature ». La même encore, qui faisait argumenter pour un projet de téléphérique vers le sommet du Mont Blanc, du « droit des handicapés à profiter de la montagne ». La puissance technique s’habille du Bien. Le renforcement des contrôles sur l’homme, pour le rendre conforme au système, s’habille du Bien.

Ce droit de chacun de profiter de l’espace est bien conforme à l’idéal libéral de l’espace sans qualité, indéfiniment ouvert, et vide par nature, par rapport à la réalité de l’espace douloureux à conquérir, qui se paye d’aventure et d’effort, l’espace de la quête de la liberté humaine. Et ce droit de tous à arpenter l’espace sans effort, à consommer passivement de l’espace, avec des machines, avions, quads, « tout terrains », est bien plus assuré que le droit du pauvre à fréquenter une plage privée, ou du mendiant à fréquenter certains centre-villes. Ces dernières interdictions d’espace choquent moins, au nom de la Propriété. Nous laissons interdire les enfants pauvres des plages privées, et sommes gênés d’interdire les transhumances aux engins motorisés.

De même, 96% des déchets sont produits par l’agriculture et l’industrie, et ces gens veulent culpabiliser les utilisateurs de couverts en plastique jetables. On nous sert la culpabilité et la coercition comme moyen de régler les problèmes du système. Un exemple supplémentaire de double contrainte, entre la publicité et « la consommation moteur de la croissance », et l’horreur de la consommation polluante.
L’association impossible de la consommation et de la conservation est caractéristique. On rencontre cela partout dans l’idéologie moderne, ces oxymores contraires à la raison, comme le « développement durable », comme si le développement pouvait être autre chose que la consommation du durable, et donc sa destruction. Je répète : l’idéologie moderne nie la réalité des contraires. C’est la cause et l’effet d’une déréalisation due à la croyance naïve de l’homme libéral, son oubli d’être un fragment, sa toute puissance illusoire."

Récemment découvert mais alimenté depuis janvier 2008, "Les délices de l’âge de fer" propose quelques réflexions de bon aloi. Je vous conseille sa dernière note, dont est extrait le texte ci-dessus. C’est à lire ici >>>.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que ce genre de prose pourrait bien plaire à l’ami Ludovic. L’intuition masculine est-elle fiable ?

Connaissez-vous le véritable sens du drapeau européen ?
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Appel à contribution de mes lecteurs les plus éclairés :
Quelqu’un pourrait-il me donner les définitions précises du constructivisme et du déconstructivisme ; et en quoi ils se distinguent l’un de l’autre ?
J’ai parfois tendence à prendre l’un pour l’autre, ce qui est une erreur.

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