août 2008


Les taxes étant trop élevées en France, le Parti Communiste ruiné est obligé de devenir propriétaire et de mettre ses locaux en location. En un sens, il s’approprie son outil de travail. Aura-t-il l’indignité de faire expulser les mauvais payeurs ou les squatteurs sans papiers qui voudront profiter des lieux mis à disposition ?

Il faut lire l’excellente prose de ChicType >>>.

L’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud suscitent, paraît-il, la réprobation de "l’Occident". Naïvement, je croyais que ce même "Occident" s’en réjouirait, en vertu de ce fameux droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui scintille sur la bannière des Droits de l’Homme.

Hier, dans un couloir de métro. Devant moi, le malheureux homme claudique. Il se tient sur une béquille, mais ses jambes difformes l’obligent à se contorsionner à chaque pas qu’il fait. Vaille que vaille, en dépit de son sort, il marche. Sur son T-shirt, on lit : Loto - À qui le tour ?

On recherche cette image de Djamel Bouras, judoka français, déclarant en recevant sa médaille olympique en 1996 : "Ce n’est pas la victoire d’un homme, c’est la victoire de l’islam !"

Pendant que des millieurs d’heures de vanités télévisuelles sont numérisées et divulguées sur le net, certaines archives ont la fâcheuse tendance à rester au fond des cartons. Dommage, ce genre de petites phrases est terriblement croustillant.

Dans les années 80 et 90, quiconque parlait d’immigration était un facho. Car l’immigration n’existait pas, ce n’était qu’un fantasme de vieux con raciste. Aujourd’hui plus personne ne conteste la réalité de la vague migratoire, et c’est même devenu quelque chose de tout à fait admirable. En l’an 2000, c’est au tour de l’islamisation d’être un fantasme de vieux gricheux raciste. Tout cela n’existe pas, il n’y a que de la diversité et de la minorité. Mais gageons que tout le monde trouvera l’islam absolument admirable d’ici dix ans. Peut-être ressortira-t-on alors l’image de notre gentil judoka ?

Ai pris le train pour Nantes. Ai vu le joyeux carnage d’un marchand de mètres carrés au cœur d’un antique château. Le sombre con voulait parfaire son œuvre résidentiel d’un élégant pourtour d’asphalte. On pouvait donc faire pire.

Ai pris le train pour Vannes. Ai poliment dit "bonjour monsieur" à un monsieur qui entrait dans une église. Comment pouvais-je deviner qu’avec ses vêtements de fonctionnaires et sa guitare sur le dos il allait célébrer la messe, et qu’il fallait dire "bonjour mon père" ? Messe navrante, mais on m’oblige.

Ai pris le train pour Paris. Ai découvert la devanture d’une échoppe de fripes dans la capitale de la mode : le voile islamique est à l’honneur. Les p’tites femmes de Paris, tout ça.

Ai pris l’avion à Beauvais. L’aéroport est bourré de post-adolescents en ponchos alter-trucs qui "font l’Italie" ou qui "font Stockholm". M’envole pour Porto entouré de sollicitations consuméristes toutes plus délirantes les unes que les autres. On fait rimer "fly" avec "buy", on est prié de trouver cela sympa.

Tout de même, la Casa da Musica est remarquable, ne boudons pas notre plaisir. Bâtiment livré avec deux ans de retard, paraît-il ; ce qui prouve qu’on fait vite ou qu’on fait bien, mais qu’on ne peut décemment pas faire les deux à la fois. Incontestablement, tout va trop vite.

Ai pris le métro. Ai pris le bus. Ai pris la voiture. On repeint l’arrière-pays aux frais du fonds régional européen pour le développement des régions. L’occasion de vous enjoindre à oublier vos moribonds états-nations, et à bien retenir la notion de régions ; c’est la seule entité géopolitique qui compte désormais.

Le Portugal possède une salutaire et relative pauvreté, voilà qui le sauve d’une défiguration normative prématurée.

Ai pris la voiture pour la délicieuse Salamanca. La médiévale cité prouve par l’exemple le plus flamboyant qu’un centre-ville peut parfaitement se passer de ces sacro-saints espaces verts modernes. La qualité de vie et la charte environnementale à coup de chlorophylle, c’est du flan. Salamanca n’offre que des rues minérales et des places sans le moindre géranium, c’est un ravissement absolu.

À la frontière, la hauteur de la taxe française fait converger les automobilistes vers les pompes à essence espagnoles avant de franchir les douanes. L’occasion de constater la nature du chassé-croisé des vacances : fatmas en babouches dans des camionnettes surchargées, néofrançais patibulaires en survêtements. Ça baragouine le sabir blédaro-neuftroisien entre les immatriculations banlieusardes garées n’importe comment. Bienvenue en France.

Au choix, la version légendaire des Ramones[1], ou la version plus destroy des Distillers[2].

 
[1] On est prié de faire honneur au camarade Artemus en prononçant Ramonèss.
[2] Faut-il encore vous rappeler que Brody Dalle est à Fromageplus ce qu’Adriana Lima est au Grand Charles ?

Il faut bien comprendre que le régime cubain n’est pas communiste. Il est castriste. Si Cuba était vraiment communiste, on y vivrait comme au paradis. L’existence de camps de travail à Cuba n’a rien à voir avec le bel idéal communiste.

Si la Corée du Nord est devenue un gigantesque parc de morts-vivants à ciel ouvert, c’est entièrement la faute de Kim Il Sung et de son fils Kim Jong Il. Ils ont dévoyé la politique du pays de la véritable voie communiste.  Comme à Cuba, on sait très bien qu’on y trouve des camps, mais je ne vois toujours pas de rapport avec le véritable communisme. La Corée du Nord subit en réalité le despotisme d’une dynastie.

L’URSS a vu périr des dizaines de millions de civils, déportés, exécutés ou torturés, mais cette regrettable erreur n’est due qu’à la personnalité un peu autoritaire de Staline. Le communisme ne saurait en aucun cas se rendre complice des crimes de Katyn, de la Kolyma ou encore de Tchernobyl, pas plus que des famines programmées qui firent périr quelques paysans réactionnaires. Bien entendu, l’usage du camp de travail – le fameux goulag – comme instrument de répression idéologique est totalement indépendant de la très humaniste doctrine communiste. SI l’URSS avait vraiment mis en œuvre le communisme, tout le monde aurait voulu y vivre ou imiter son exemple, car on y aurait vécu dans la prospérité. Mais voilà, si désastre il y eut, c’est à cause du stalinisme.

La République Populaire de Chine, elle aussi, a perverti la marche radieuse de l’avènement communiste. La fermeture du pays, le verrouillage des opinions et des informations, la torture, la déportation dans les camps – le laogaï –, la misère, tout cela est le fruit d’une conspiration anticommuniste. Le véritable communisme ne permettrait jamais ce genre de traitement aux masses populaires qu’elle défend avant toute chose. La Chine ne souffre pas du communisme, mais d’une hérédité maoïste mal comprise, à cause d’une nomenklatura égoïste ou corrompue.

La déroute de la révolution cambodgienne ne fut pas non plus le fait du communisme qu’on voulut instaurer. Il y eut un bain de sang d’une violence inouïe, on tortura, on exécuta en masse, on affama, on déporta, on rééduqua, on usa encore du camp de travail ou d’extermination, mais tout cela ne fut jamais un but ou un moyen émanant du communisme. Car le communisme authentique est un humanisme. L’enfer cambodgien ne fut le fait que d’une fraction khmère très influente, menée par Pol Pot et ses sbires.

Ce ne sont que quelques petits exemples, mais cette démonstration prouve bien l’innocence du socialisme et son inhérente bonté envers le genre humain. Et, par démonstration inverse, toute la perversité criminelle des intérêts contre-révolutionnaires.

Vous ne manquerez pas de lire cet excellent article signé par Il Sorpasso >>>, qui s’est fait la même remarque que moi. Vous lirez aussi le dernier paragraphe de cette chronique de B&F, qui aurait mérité à mon sens un article à part entière >>>.

Ce n’est un secret pour personne, mon positionnement politique ne se situe pas vraiment à gauche. La Gauche est un buisson idéologique dont le tronc progressiste garantit le caractère funeste de chacune de ses ramifications. La Gauche est un grand vrac hystérique qui hait principalement les mots "culture" et  "liberté". La Gauche contemporaine n’aime que les pluriels, le multiculturalisme, le nivellement par le bas, l’égalité, la confusion des genres, la dilution des responsabilités, la centralisation étatique obligatoire, la religion du laïcisme, le grand maternage, la très-sainte subvention, la délation des mal-pensants, le relativisme, la bureaucratie, le matérialisme et la marchandisation de toutes les valeurs ; bref, je ne suis pas un homme de Gauche.

D’aucuns me diront que ce portrait s’applique à un grand pan de la Droite, et ils n’auront pas tort. Un rapide coup d’œil suffit pour comprendre que la Droite – censée être un camp conservateur – marche en réalité bras-dessus bras-dessous avec la Gauche. La dissolution des frontières nationales et morales, des institutions traditionnelles telles que la famille, du savoir enseigné à l’école, d’une certaine dignité diplomatique, etc. sont l’œuvre d’une Droite qui n’a de Droite que le nom. La Droite d’aujourd’hui courbe l’échine devant l’Europe, devant les barbus, devant les pédagogistes, devant les communautarismes, devant la déculturation, devant l’athéisme à marche forcée, devant la repentance, devant la clientèle, etc. Un vrai mec de droite dirait à ce gros con de Bouteflika d’aller se faire soigner ailleurs qu’au Val-de-Grâce pour lui apprendre la politesse et le sens de l’honneur.

Pour dire les choses simplement, la Gauche était le camp Moderne, la Droite était le camp Conservateur, ceci jusqu’à une époque très récente. Du camp conservateur, il ne reste plus grand chose. Notre président de Droite – et l’ensemble de son parti – n’est pas un conservateur. C’est un Moderne, un progressiste. Il a le culte du bougisme, il n’incarne pas le modèle familial traditionnel, c’est un homme de Dialogue et non de conviction ferme, il préfère le show-biz aux humanités, c’est un winner bien plus qu’un honnête homme. Pour achever de vous convaincre du progressisme de l’UMP, voyez qu’il y a des lobbies homosexuels au sein même du parti. Et quand un malfrat se fait tuer en plein délit de fuite et que la banlieue s’embrase, le président joue la carte du socialisme-misérabilisme-pauvres-petits-choux-victimes-de-la-société-méchante en recevant les parents éplorés.

Puisque je conchie tout ce petit monde de l’UMPS sans grandeur, je tenais à faire savoir que mon refuge n’est pas dans l’extrême-droite. Je sais qu’une certaine part de mon lectorat possède des affinités avec la mouvance lepéniste et/ou nationaliste, qu’elle sache qu’elle ne trouvera pas en moi un allié. Incontestablement, je suis attaché à un certain conservatisme, à un certain goût de la tradition – à la messe tridentine par exemple –, à un certain amour de mon pays et de son Histoire, mais ce n’est pas pour autant que la Droite-de-la-Droite me ressemble et me séduise.

Le FN est un parti moisi, aux adhérents moisis, et aux sympathisants moisis, que les choses soient claires. J’aimerais qu’on cesse de me catégoriser dans ce tas de clowns.

En premier lieu, la personne de Le Pen ne m’attire pas. Ce qu’il a pour lui, ce sont ces qualités de tribun : il sait faire usage des richesses de la langue française, voilà qui est à son honneur. Pour le reste, c’est un vieux con, enferré dans des schémas datant d’un XXème siècle caduc pour de bon. Il vit encore à l’heure de la nostalgie des colonies perdues, de l’antisémitisme soft, et de la gloire des Poilus qui ont combattu contre les Boches. Ca sent la naphtaline à plein nez.

D’autre part, je ne le tiens pas pour un homme de culture. Il a des lettres, mais j’ai du mal à imaginer un Le Pen en train de discuter de grands projets d’urbanisme dans un cabinet ministériel, ou de peinture flamande avec un diplomate normalement cultivé. Les subtilités de l’asymétrie, du contrepoint, ou de la composition cinématographique, ça vole trop haut pour lui. Il est du genre à balancer l’ensemble de l’art moderne aux oubliettes, en jetant le bébé avec l’eau du bain. Je pense qu’il a mauvais goût, tout simplement. C’est inacceptable. Il est bien trop popu pour m’être sympathique.

De façon générale, le FN est un parti profondément républicain. Clairement, il s’affiche sous la bannière populaire. Les petits, les sans-grade, les égarés, les aigris, les grincheux, les déçus, voilà la piétaille du FN. Il doit bien y avoir un lot de généraux et de militaires en tout genre dans les rangs – c’est le seul parti qui ne considère pas le patriotisme comme un gros mot – mais le FN tire sa seule espérance politique des urnes. Il sait qu’il est borderline au vu de la Nomenklatura médiatique, il ne va pas risquer la censure définitive en s’affirmant contre le régime en place. Bref, n’étant ni républicain, ni démocrate, ni vivant au XXème siècle, je ne vois pas ce que j’irais y faire. Je crois en la force d’une élite, pas en celle d’une foule informe rassemblée là par dépit ou revanchardisme.

Tenez, récemment je publiais un canular racontant que la Halde allait interdire le Jeu des sept familles. J’expliquais bien dans les commentaires qu’il s’agissait d’un canular. Après une petite enquête sur le web, voilà ce que j’ai constaté : les premiers gogos à être tombés dans le panneau et à l’avoir divulgué massivement sans vérifier la source, ce sont les bloggeurs du FN. Aucune finesse…

Je croyais trouver mon bonheur dans la mouvance monarchiste, mais de nombreuses choses me retiennent d’y adhérer. Je suis royaliste par idéalisme. Parce que c’est une idée infiniment belle et infiniment plus légitime que la République, pour de nombreuses raisons que je ne peux développer ici. Je n’entrerai pas dans le cercle royaliste tant que celui-ci continuera de réciter l’article du nationalisme dans son credo contemporain. Je ne suis pas nationaliste. Et je trouve même étonnant que des royalistes se considèrent nationalistes de part le catéchisme de Maurras – que je n’ai pas lu, pour être tout à fait franc –. Pour moi, la Nation est une idée moderne. Un Roi n’est pas roi d’une nation. Un roi peut parfaitement se passer d’une nation sur laquelle régner. Et d’ailleurs la nation reste un concept flou : doit-on parler de nationalistes bretons ou de régionalistes bretons ? Les choses seraient plus claires si on parlait de Pays ou de Provinces, véritables objets du règne d’un roi à mon sens. Et si la Wallonie devenait française ? On va expliquer aux Wallons que désormais leur nation c’est la France ? C’est totalement aberrant ; ça va à l’encontre de toute réalité historique et humaine.

Dès lors, je ne vois aucun problème à voir flotter sur les Pays ou les Provinces des drapeaux à leurs armes. Mais un drapeau national, quelle horreur. Un drapeau national, c’est bleu-blanc-rouge, c’est moche, c’est vulgaire, c’est abstrait, c’est furieusement concept. Voilà d’ailleurs une autre raison qui me fait détester le FN : ils adorent le drapeau tricolore de la République. Pauvre Jeanne d’Arc, tous les ans on l’entoure du bleu-blanc-rouge festif de la Gueuse. Quelle indignité, quelle manque de classe, quel disgracieux et plébéien affront. Une fleur de lys ou un étendard blanc, ça a quand même plus de tenue : ça vise un objectif moral, intellectuel et esthétique de haute volée. Quant à "Liberté-Égalité-Fraternité", c’est une devise de canaille déicide.

Et puis à l’heure de la dissolution programmée des États-Nations, le salut se trouve dans le tissu des Régions et des Territoires atomisés par la bureaucratie Européenne. Pas dans le nationalisme.

Chers lecteurs [flics du web compris], vous voilà prévenus. Rangez-moi dans le tiroir des réactionnaires si ça vous chante, des anti-modernes si vous voulez, des royalistes d’opérette si bon vous semble, ou même des petits cons incultes et snobinards ; mais, de grâce, ne m’attribuez pas des affinités que je n’ai pas. Le MoisiBLog n’adhère pas.

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